Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
5 juillet 2008

Parler du développement durable en France a-t-il un sens quand il s’agit d’une question mondiale par excellence ? De nombreuses politiques publiques relèvent, en effet, déjà du niveau européen et international. Le marché du carbone comme les réglementations qui encadrent les entreprises en matière environnementale sont du ressort de l’Union européenne.
Parler du développement durable en France a-t-il un sens quand il s’agit d’une question mondiale par excellence ? De nombreuses politiques publiques relèvent, en effet, déjà du niveau européen et international. Le marché du carbone comme les réglementations qui encadrent les entreprises en matière environnementale sont du ressort de l’Union européenne. Les négociations climatiques, comme commerciales, se jouent directement entre l’Europe, les Etats-Unis et les grands pays émergents.
Pour autant, ce qui se fait en France ou la façon dont les représentants de l’Hexagone se comportent dans les négociations européennes et internationales ont bien un impact mondial. Ainsi, sans le lobbying actuel mené par la France auprès de la Commission européenne dans le cadre du projet de directive "énergie climat", la taxe carbone aux frontières de l’Union (pour les produits fabriqués dans des pays n’ayant pas ratifié le futur accord international post-Kyoto pour l’après-2012) n’aurait aucune chance de voir le jour. Inversement, pour des raisons de politique agricole interne, la France est l’un des pays les plus engagés dans le soutien aux agro carburants, dont l’impact négatif sur la sécurité alimentaire du monde est avéré.
Sans être décisives, les prises de position françaises importent donc pour le développement durable dans le monde. Analyser en détail les politiques publiques, le comportement des grandes entreprises et des consommateurs que nous sommes tous, etc... n’est donc pas un exercice de nombrilisme nostalgique, mais bien une contribution au débat démocratique autour de questions déterminantes pour notre avenir.
D’autant que de nombreux sujets clés pour le développement durable relèvent encore principalement du cadre national. La gestion des déchets comme le code de l’urbanisme ou la prévention des cancers liés à l’environnement sont du ressort des autorités nationales ou locales. La mondialisation des enjeux ne peut pas être une excuse pour ne pas exercer au mieux cette responsabilité.
Mais l’écart, parfois important, entre les discours politiques et les politiques réellement menées renvoie aussi aux contradictions d’une opinion publique qui soutient l’écologie tant qu’elle ne change rien à son mode de vie. Un obstacle qui ne sera levé qu’en proposant un nouveau modèle économique conciliant respect des exigences du développement durable et meilleure qualité de vie individuelle et collective.
Pascal Canfin, Alternatives Économiques
Nos peines
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