Paul Vergès : 2016-2026
4 septembre, parLe 5 septembre, rendez-vous au Parc Boisé du Port
Le PCR ne cesse de donner l’alerte depuis 21 ans
14 septembre 2017

À l’occasion d’une conférence de presse, les cadres du PCR Camille Dieudonné et Julie Pontalba ont tenu hier à alerter sur les défis du réchauffement climatique, rappelant également les propositions du Parti Communiste Réunionnais, par la voix de Paul Vergès, dès 1996.
« Ces derniers jours, on a vu les images qui nous viennent de Saint-Martin, nous montrant la désolation consécutive à la violence du cyclone Irma ». En effet, selon Saretec, cabinet en gestion et prévention des risques, 90 % du bâti à Saint-Martin et 70 % à Saint-Barthélemy ont été dégradés par le passage de l’ouragan, « pourtant c’est un pays riche et les infrastructures sont modernes », note Julie Pontalba.
Cette dernière a indiqué que cette catastrophe naturelle « renforce encore une fois l’analyse du PCR qui a toujours placé les questions climatiques en priorité de ses préoccupations ».
Face à l’ampleur de la situation à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, des débats ont surgi, mais « on constate que beaucoup de choses ont été dites mais l’essentiel finalement n’a pas été abordé », particulièrement, la question de la responsabilité.
La jeune femme pose alors « à quoi est due cette catastrophe naturelle ? », sachant toutefois que la réponse est « finalement c’est quelque chose qui dérange ». D’autant que « les catastrophes naturelles ne sont pas si naturelles que cela » pour Julie Pontalba.
« On le sait tous, les îles comme Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont des îles paradisiaques, on dira même des îles à paradis fiscaux, qui accueillent des milliardaires qui veulent échapper au contrôle de leurs activités et aux impôts », a indiqué Julie Pontalba.
Cette dernière a souligné que « les impôts sont une recette destinée à financer l’action publique, la solidarité sociale et pourtant, pour ne donner qu’un exemple. On voit Charles Branson, patron de Virgin, qui a du son salut en se réfugiant dans la cave de sa villa, puis maintenant appeler à la solidarité. Si la situation n’était pas aussi dramatique, elle serait grotesque une telle anecdote ».
La jeune militante du PCR a évoqué les propos du ministre de l’écologie, Nicolas Hulot, qui a déclaré lors d’une conférence de presse, le 9 septembre : « Que cela nous serve de leçon, le pire est devant nous. Ne nous divisons pas sur ces questions de long terme, est-ce que les Antilles resteront habitables à l’ère de la transition écologique ? ».
« Nous, on a envie de se dire est-ce qu’il y aura ne serait-ce qu’un endroit sur la Terre qui sera habitable et sûr demain ? ». Cette dernière pose une question qui va « un peu plus loin que ce que nous dit Monsieur Hulot ».
D’autant plus que le coût des dégâts matériels suite au passage d’Irma a été évalué à 1,2 milliard d’euros par la Caisse centrale de réassurance. Il apparaît évident pour le PCR que les infrastructures seront reconstruites, d’autant que « la France est un pays riche, l’Union européenne aussi », sans oublier la manne venant des « assurances, notamment celles des milliardaires ».
Mais « une fois reconstruit, est-ce que l’on aura l’assurance que ces îles seront à nouveau habitables. Faut-il reconstruire à l’identique et à agir comme on le fait actuellement ? ». Prenant l’exemple de La Havane à Cuba, Julie Pontalba a expliqué comment la ville a été noyée par la montée des eaux, car elle a été construite au moment où la question du réchauffement climatique ne se posait pas.
« L’ouragan Irma nous rappelle qu’il faut arrêter de construire en mer et d’urbaniser le littoral », a assuré cette dernière, ajoutant qu’en Floride, « on peut prendre sa voiture pour se réfugier ailleurs, mais sur une île comme la nôtre, cela est impossible de fuir ».
« Irma et Saint-Martin illustrent les propos du PCR en faveur d’une société nouvelle qui anticipe les lourdes conséquences de ces catastrophes, qui a envie de connaître pareil situation, es - ce qu’à La Réunion, on peut éviter cela ? » a fait savoir Julie Pontalba.
Le PCR a depuis des années alerté la population et les pouvoirs publics des dangers des changements climatiques et de la nécessité d’anticiper ces effets.
La jeune femme a évoqué le travail de Paul Vergès, qui disait dans un rapport de l’ONERC (Observatoire national sur les effets du changement climatique), qu’il a présidé : « d’ici la fin du siècle, nous n’aurons plus le choix : la hausse du niveau de la mer nous obligera à nous adapter ; mais cela sera d’autant plus simple que cette adaptation aura été anticipée — comme par exemple en prenant en compte l’élévation inéluctable du niveau de la mer dans les infrastructures littorales — et non subie ».
« Il n’est certes plus là maintenant », mais cela montre que « ce n’est pas aujourd’hui qu’on le dit parce qu’il y a un fait d’actualité, mais c’est quelque chose que l’on dit » depuis plusieurs décennies.
« La responsabilité de tous est de voir ce qu’il faut faire maintenant, pour ne subir ce genre de catastrophe naturelle, humaine et financière. Le PCR a lui apporté sa contribution à La Réunion et en France », a assuré Julie Pontalba.
Ainsi, cette dernière a rappelé qu’en 1996, en pleine élection, Paul Vergès et Philippe Berne ont convoqué une conférence de presse pour parler des dangers du réchauffement climatique. Paul Vergès « a été largement critiqué, mais une fois élu sénateur, il a déposé une proposition de loi pour la création d’un observatoire concernant les effets du réchauffement climatique » (ONERC).
Cet observatoire, créé en 2001, « c’est la contribution d’un Réunionnais, d’un communiste réunionnais. Cela relève de la responsabilité du Parti Communiste Réunionnais », dont les autres propositions sont présentées par Camille Dieudonné.
Le 5 septembre, rendez-vous au Parc Boisé du Port
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