La fonte des glaces devient de plus en plus inquiétante

L’Antarctique se réchauffe plus vite que prévu

8 septembre 2023, par temoignagesceline

Des scientifiques européens ont utilisé des données provenant de 78 carottes de glace prélevées en Antarctique, permettant de remonter l’évolution du climat sur 1000 ans.

Le réchauffement de l’Antarctique, deux fois plus élevé que dans le reste du monde, est beaucoup plus important que ce qu’estimaient les modèles climatiques, écrivent des chercheurs dans une étude publiée le 7 septembre. Ces derniers ont analysé des dizaines de carottes glaciaires.

Des scientifiques basés en France, en Allemagne et au Royaume-Uni ont utilisé des données provenant de 78 carottes de glace prélevées en Antarctique, permettant de remonter l’évolution du climat sur 1000 ans.

Cette méthode permet de compenser le manque de données provenant du continent blanc, où peu de stations météo sont présentes et où les données satellitaires sont peu fiables.

Concernant le réchauffement en Antarctique, « les résultats qu’on obtient sont 20 à 50% plus grands que les prédictions des modèles de climat », a expliqué Mathieu Casado, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, auteur principal de l’étude publiée dans la revue Nature climate change.

« Avec nos reconstructions à partir des carottes de glace, on prédit un réchauffement qui serait entre 0,22°C et 0,32°C par décennie » pour l’Antarctique, tandis que « les modèles de climat prédisent une valeur de 0,18°C par décennie », précise-t-il.

Le réchauffement en Antarctique représente « pratiquement deux fois la valeur de la moyenne globale », selon le chercheur. Ce dernier a expliqué que le changement climatique est plus marqué aux pôles en raison du phénomène d’amplification polaire, avec la fonte des neiges et des glaces qui réfléchissent la lumière du soleil.

L’Antarctique était théoriquement bien moins concerné par ce phénomène, car il est constitué d’une couche de glace plus épaisse. Cependant, le réchauffement de l’Antarctique obéirait à des raisons complexes liées à la qualité de la neige et à la « circulation atmosphérique », a indiqué Mathieu Casado.

Les chercheurs concluent leur étude sur la nécessité de faire travailler ensemble paléo-climatologues, statisticiens et modélisateurs pour réconcilier les modèles et les observations concernant les pôles.

Mais au-delà, Mathieu Casado se demande si les modèles climatiques ne sous-estiment pas également d’autres phénomènes, ouvrant la porte à d’autres recherches, et à d’autres données, certainement aussi alarmantes.

« Ce n’est pas quelque chose qu’on a pu estimer dans l’étude mais a priori ce sont les mêmes modèles de climat utilisés pour évaluer les changements futurs des niveaux des mers, par exemple, selon les scénarios d’émission de gaz à effet de serre. Donc on se demande à quel point ça aura un impact sur ces prédictions-là aussi », a expliqué ce dernier.


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