Lutte contre l’effet de serre

L’hydrogène : une source d’énergie propre soutenue par le Canada

28 septembre 2004

Le Canada aborde une nouvelle ère énergétique - celle de l’hydrogène. Le gouvernement du Canada a annoncé aujourd’hui le financement de six projets exploitant l’hydrogène comme combustible, notamment le Village de l’hydrogène dans la région de Toronto et une station de ravitaillement en hydrogène à Vancouver.

Joseph Volpe, ministre canadien des Ressources humaines et du Développement des compétences, a annoncé dimanche le financement de six projets qui mettront le Canada sur la voie d’un avenir basé sur l’énergie propre - une énergie fournie par l’hydrogène.
Le ministre Volpe a fait ces annonces à l’occasion de la Conférence et du Salon 2004 de l’hydrogène et des piles à combustible, au nom de John Efford, ministre des Ressources naturelles du Canada.
"Le Canada est un leader en matière de technologies "vertes" innovatrices, et les projets visés par l’annonce manifestent l’engagement du Canada envers les sources d’énergie propres", a affirmé le ministre Volpe. "Grâce aux technologies de l’hydrogène et des piles à combustible, nous pouvons réduire nos émissions de gaz à effet de serre et lutter contre les changements climatiques. Le partenariat que le gouvernement du Canada et l’industrie poursuivent afin de réaliser des initiatives dans ce but nous promet un avenir plus propre".

Six projets

Les six projets recevront de l’Alliance canadienne sur les piles à combustible dans les transports (ACPCT) de RNCan un financement total de plus de 1 million 400.000 euros, ainsi réparti :

- 347.500 euros pour appuyer le Village de l’hydrogène, dans la région de Toronto, où seront déployées et mises en application des technologies utilisant l’hydrogène et les piles à combustible ;

- 256.600 euros pour l’intégration de matériel et de systèmes dans une station de ravitaillement en hydrogène à Vancouver ;

- 600.000 euros pour la mise au point et la mise en production d’une tour de stockage d’hydrogène à la station de Vancouver ;

- 191.000 euros pour des prototypes de navettes alimentées à l’hydrogène à Toronto et à Ottawa (Ontario) ainsi qu’à Charlottetown (Ile-du-Prince-Edouard) ;

- 5.000 euros pour une étude des options de production d’hydrogène à petite échelle en Alberta ;

- 17.400 euros pour définir les paramètres du tronçon Whistler de l’autoroute de l’hydrogène.

Économie durable

L’Alliance canadienne sur les piles à combustible dans les transports (ACPCT) est une initiative lancée en 2001 par le gouvernement canadien. Elle vise à faire la démonstration et l’évaluation de diverses options en vue de ravitailler en hydrogène les véhicules à piles à combustible au Canada.
"Les investissements dans les technologies de l’hydrogène et de la pile à combustible aident le Canada à réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables des changements climatiques et à bâtir une économie plus innovatrice, plus efficace et plus durable, capable de croissance", estime-t-on de source gouvernementale.
"Sur le front des changements climatiques, le gouvernement du Canada s’emploie à faire des choix judicieux pour le pays, de sorte que les mesures prises contribuent à la réalisation d’objectifs à long terme comme une économie durable pour le 21ème siècle, un environnement plus sain et des collectivités fortes, tout en consolidant la place qu’occupe le Canada dans le monde", conclut le communiqué.

(Source CNW Telbec)


Une technologie ancienne

Les piles à combustible ne sont pas une technologie nouvelle puisqu’elles ont été découvertes en 1839. Jusqu’au milieu de ce siècle, elles sont restées oubliées, jusqu’à ce que l’on s’y intéresse de nouveau avec les programmes spatiaux des années 1960.
Depuis le début des années 1990, elles suscitent un nouvel intérêt qui semble s’être encore accru durant cette dernière période 2003-2004. Les prises de position du gouvernement américain en faveur de l’hydrogène et les engagements des instances européennes y sont pour beaucoup.
Désormais, de nombreuses entreprises développent des piles ou leurs composants ; des salons tournant autour de la pile et de l’hydrogène sont organisés régulièrement ; les centres de recherche, universités et gouvernements s’impliquent dans les projets de recherche et développement "piles à combustible" et enfin, des programmes sont mis en place pour les tester dans des applications quotidiennes : des bus à pile apparaissent dans les rues européennes (30 sont prévus dans le programme CUTE-Transports urbains propres pour l’Europe) : depuis le premier lancé dans les rues de Madrid en mai 2003, d’autres sont apparus notamment à Stuttgart, Hambourg, Barcelone, Porto, Stockholm, et pour finir Londres en Juin 2004. D’autres véhicules circulent ou vont circuler dans des universités américaines et au Japon. Des piles sont installées en Allemagne pour tester les applications résidentielles.

Anne-Sophie Corbeau, ECP 2000


Lutter contre l’effet de serre

L’un des facteurs d’intérêt pour la pile à combustible vient des problèmes climatiques et de la nécessité de réduire les émissions (notamment de CO2). On recherche des moyens de production d’énergie moins polluants, notamment en accentuant la part du renouvelable dans le “mix” énergétique.
Un autre facteur clef vient des réserves limitées en énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) et des incertitudes liées à leur approvisionnement. Ces énergies fossiles sont pour la plupart des pays industrialisés un facteur de dépendance énergétique important. Les tensions au Moyen Orient, les problèmes connus avec le Vénézuela début 2003 ou au Soudan ne font que renforcer la nécessité de trouver une source d’énergie plus fiable. Depuis 2004, le monde est passé dans un univers à 40 dollars le baril, mettant un bémol à l’assurance d’une énergie bon marché.
Par ailleurs, l’accroissement de la population mondiale et l’industrialisation des pays en voie de développement va entraîner à terme une augmentation des besoins énergétiques (électricité...). Dans le domaine automobile, malgré les progrès des moteurs en termes de consommation, les besoins globaux en pétrole sont en augmentation du fait de la croissance du nombre des véhicules au niveau mondial et de l’augmentation des distances parcourues.
Dernier point enfin, les coupures d’électricité en Italie, à Londres en 2003 mettent en relief les faiblesses du réseau électrique et de la production centralisée et mettent en valeur un moyen de production plus délocalisé.

Anne-Sophie Corbeau, ECP 2000


Les avantages de la pile à combustible dans les transports

Les véhicules fonctionnant à l’hydrogène ne rejettent que de l’eau ; ce sont des véhicules "Zero Emission" (ZEV). Néanmoins on ne peut considérer la voiture seule, il faut aussi considérer la fabrication du carburant. On distingue ainsi les émissions du puits au réservoir (WTT) et celles du réservoir à la roue (TTW). Pour une voiture à l’hydrogène, les émissions TTW sont presque nulles.
Malgré les importants travaux réalisés sur ces véhicules, il reste encore de nombreux progrès à faire en termes de coût, de place, de poids et de performances atteintes par le système. À ceci s’ajoute celui de la production, du transport et du stockage de l’hydrogène et éventuellement choix du carburant de transition. Cette révolution n’est donc pas pour demain, les constructeurs tablent plutôt sur 15 à 20 ans pour que ces véhicules atteignent une part de marché intéressante. Mais avec près de 60 millions de nouveaux véhicules vendus chaque année, les 20 à 25% espérés sont loin dêtre négligeables.
Au cours des dix dernières années, les constructeurs automobiles ont développé de nombreux prototypes ; le plus avancé d’entre eux est sans doute Daimler-Chrysler avec ses NECAR, avec les constructeurs japonais Honda et Toyota. Cependant, d’autres constructeurs automobiles sont également sur les rangs : General Motors, Opel, Ford, Nissan et en France, Renault et PSA.

Anne-Sophie Corbeau, ECP 2000


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