S’adapter aux conséquences du changement climatique

L’ONERC, pour passer des constats aux actes

29 septembre 2004

L’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, présidé par Paul Vergès, tient demain son deuxième colloque à Paris. Il constitue un lieu privilégié de dialogue entre décideurs et scientifiques.

C’est demain que se tiendra au Sénat le deuxième colloque de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC). Intitulée “Collectivités locales et changement climatique : quelles stratégies d’adaptation”, la rencontre a pour objectif d’apporter un éclairage sur les moyens possibles pour atténuer les conséquences du réchauffement planétaire, auxquelles nous serons obligatoirement confrontés. C’est l’occasion de donner un coup de projecteur sur l’ONERC, présidé par le parlementaire réunionnais Paul Vergès.

Créé par la loi du 19 février 2001 et rattaché à la Délégation interministérielle du développement durable, l’ONERC matérialise la volonté du Parlement et du gouvernement de prendre en compte les questions liées aux effets du changement climatique. L’Observatoire est doté d’un Conseil d’orientation dont le président, Paul Vergès, député européen et président du Conseil régional de La Réunion, et les 26 autres membres, ainsi que leurs suppléants, sont nommés par arrêté du Premier ministre.

Une priorité nationale

C’est à la suite d’une proposition du sénateur Paul Vergès que le Sénat puis l’Assemblée nationale ont adopté un texte de loi (19 février 2001) tendant à conférer à la lutte contre l’effet de serre et à la prévention des risques liés au réchauffement climatique, la qualité de priorité nationale et portant création d’un Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les départements et territoires d’Outre-mer.

L’ONERC n’est ni un organisme de recherche, ni un organisme chargé d’effectuer lui-même des mesures de paramètres physiques, ni d’un organisme de gestion de crise. L’ONERC fonctionne en réseau, en liaison avec les organismes où se trouvent les compétences scientifiques.
Les moyens d’élaborer les informations à rassembler par l’Observatoire existent déjà, pour l’essentiel, chez de grands organismes de recherche et opérationnels comme le CNRS, Météo-France, l’IRD, l’INRA,... ou dans le cadre de programmes de recherches, comme le programme de Gestion des impacts des changements climatiques (GICC), du ministère de l’Écologie et du Développement durable (MEDD).

Toutefois, les informations disponibles se situent souvent en amont, c’est-à-dire au niveau des mesures de paramètres physiques, et n’explorent pas en général les effets du réchauffement climatique sur l’homme.
La connaissance des effets directs et induits du réchauffement climatique et des phénomènes extrêmes sur les modes de vie, et à fortiori les conséquences pour l’aménagement des régions, constituent par conséquent un vaste champ à explorer.
La première tâche de l’Observatoire est donc de recenser les activités existant dans les différents organismes opérationnels et de recherches, et de préciser comment ces activités pourraient évoluer pour mieux répondre aux besoins de connaissance des impacts du réchauffement climatique, pour une meilleure information des décideurs à tous les niveaux.

Postes avancés Outre-mer

De par sa mission d’information, l’ONERC doit développer la connaissance des effets du réchauffement climatique et des phénomènes extrêmes sur les modes de vie des Français, ainsi que les conséquences pour l’aménagement des régions. Pour atteindre ce but, une relation forte avec des organismes régionaux, en Métropole et en Outre-mer, est indispensable.
L’Observatoire doit cultiver des liens étroits aussi bien avec les Départements et Territoires d’Outre-mer qu’avec la Métropole, et favoriser le développement d’observatoires dans l’océan Indien, les Caraïbes et le Pacifique : ceci non seulement à des fins de connaissance locale, mais aussi pour augmenter notre contribution à une approche globale en maximisant l’emploi des implantations françaises existantes compétentes dans ce domaine.
Le développement de postes avancés d’observation dans ces régions constituera une contribution importante à la surveillance de la planète, et au rayonnement de la recherche française dans ce domaine.

(Source : ONERC)


Contribuer au dialogue des civilisations

L’ONERC a également un rôle à tenir dans le cadre des négociations relatives à la Conférence des parties de la convention de Rio (CCNUCC). Les thèmes du débat international qui relèvent de la compétence de l’Observatoire sont notamment la recherche, l’observation systématique et l’adaptation.
Ce dernier thème est fortement lié à celui des pays en développement, et, indirectement, à celui des engagements futurs de réduction des émissions (mesures préventives), qui ne peuvent être abordés qu’en relation avec les mesures d’adaptation (mesures curatives). Il est également lié à celui des transferts de technologies.

Pour ces raisons et de par sa présence dans les DOM/TOM, l’ONERC est appelé à contribuer au dialogue avec les pays en développement. Il pourra constituer un exemple pour les pays en développement susceptibles d’être affectés par les changements climatiques d’une manière comparable aux DOM/TOM, ou à la Métropole : en particulier les pays membres de l’AOSIS (Association of small island states, particulièrement vulnérables au changement climatique), mais également la Méditerranée, l’océan Indien, les Caraïbes, la Guyane, les îles du Pacifique...
Plus généralement, il peut contribuer aux bonnes relations avec les pays en développement en général dans le domaine des impacts et de l’adaptation.


Vigilance avec le GIEC

La loi du 19 février 2001 précise que l’ONERC doit rester en liaison avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont le précédent congrès s’est tenu à Paris, sous la présidence de Paul Vergès. Le GIEC prévoit notamment une hausse de la température mondiale comprise entre 1,4 et 5,8 degrés, et une élévation du niveau de la mer pouvant atteindre 88 cm pour le 21ème siècle.
Le GIEC comprend trois groupes de travail, qui s’intéressent respectivement aux aspects suivants :
Groupe I : les éléments scientifiques ;
Groupe II : conséquences du changement climatique, adaptation, vulnérabilité ;
Groupe III : mesures d’atténuation.
Les activités du GIEC correspondant à celles de l’Observatoire se situent au sein du Groupe de travail II, qui s’intéresse aux impacts, à la vulnérabilité et à l’adaptation. L’Observatoire contribue à animer la participation de scientifiques français aux travaux du GIEC.
Le prochain congrès du GIEC aura lieu à La Réunion en 2005.


Collecter et diffuser les informations

L’organisation de l’ONERC a été précisée par décret le 8 mars 2002. Ce décret rattache l’Observatoire à la Mission interministérielle de l’effet de serre (MIES) et précise qu’il est doté d’effectifs et de moyens de fonctionnement identifiés. Il fixe la composition de son Conseil d’orientation, dont le président et les 26 autres membres, ainsi que leurs suppléants, sont nommés par arrêté du Premier ministre.
Au-delà de son rôle dans les décisions présidant aux destinées de l’Observatoire, le Conseil d’orientation, qui comprend de nombreux élus, députés, sénateurs et représentants de collectivités territoriales, constitue un lieu privilégié de dialogue entre décideurs et scientifiques.
La mission de l’ONERC, établie par la loi, est de collecter et de diffuser les informations, études et recherches sur les risques liés au réchauffement climatique et aux phénomènes climatiques extrêmes ; il peut également formuler des recommandations sur les mesures de prévention et d’adaptation susceptibles de limiter les risques liés au changements climatiques.


Plus de 200 participants attendus au Sénat

Un communiqué diffusé hier par l’ONERC présente les objectifs du colloque de demain.
"Plus de 200 participants sont attendus, parmi lesquels des scientifiques de renom, de nombreux élus locaux, nationaux mais aussi européens qui par leur contribution, participeront à l’élaboration d’une véritable stratégie nationale d’adaptation aux impacts du réchauffement climatique, dont la mise en œuvre est confiée dans le Plan Climat, récemment présenté par le ministère de l’Écologie, à l’ONERC.
(...) "Il est dès à présent nécessaire de prévoir des mesures d’adaptation au changement climatique, pour en limiter les conséquences néfastes sur les activités humaines. Car quelle que soit l’ampleur des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il est aujourd’hui certain que nous aurons à en gérer les conséquences, compte tenu notamment de l’inertie du système climatique.
(...) Le colloque aidera à définir les mesures à mettre en œuvre dans les politiques publiques (...) pour faire face aux effets du réchauffement du climat.
Il devrait aussi contribuer à l’enrichissement du premier rapport de l’ONERC au Premier ministre et au Parlement, “Un climat à la dérive, comment s’adapter ?” qui sera présenté et remis par le président Vergès avant la fin de l’année".


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