La COP27 sera organisée en Egypte, la COP28 aux Emirats arabes unis

L’UE est prête à relever ses objectifs et est "ouverte" sur l’aide financière au Sud

25 octobre 2022

Les Vingt-Sept ont adopté le 24 octobre leur position commune pour la COP27. Ils se sont dits prêts à relever leurs propres objectifs climatiques "dès que possible", et "ouverts" à un renforcement de leur aide financière aux pays en développement.

La 27ème conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP27) qui se tiendra à Charm el-Cheikh, en Égypte, du 6 au 18 novembre 2022. Ce grand évènement aura quatre objectifs établis par la présidence égyptienne :

  • Atténuation : mettre en œuvre le pacte de Glasgow, revoir à la hausse les CDN
  • Adaptation : progresser dans la réalisation de l’objectif mondial en matière d’adaptation, inscrire l’adaptation au cœur de l’action mondiale
  • Financement : assurer le suivi des promesses et engagements existants, progresser dans la mise à disposition des 100 milliards USD annuels
  • Coopération : entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile.

"Tous les regards seront tournés vers nous à Charm el-Cheikh. L’UE a toujours été à l’avant-garde de l’action pour le climat et nous continuerons à montrer l’exemple. Protéger notre planète pour les générations futures nécessite une action commune forte au niveau mondial. Je me réjouis que l’UE ait prouvé aujourd’hui qu’elle était sérieuse quant à ses ambitions", a déclaré Anna Hubackova, ministre tchèque de l’environnement, dans le communiqué de presse du Conseil européen.

Réduire au plus vite ses émissions

Les États membres soulignent que les ambitions mondiales doivent être revues à la hausse de manière substantielle pour que l’objectif consistant à limiter à 1,5°C l’élévation de la température de la planète reste à notre portée, conformément à l’accord de Paris, ont estimé les Européens dans ce texte adopté en vue de la conférence de l’ONU, en novembre à Charm el-Cheikh (Egypte).

Ils ont également admit que "collectivement, les contributions déterminées au niveau national (CDN) et leurs mises à jour sont insuffisantes à ce stade. C’est pourquoi tous les pays devraient présenter des politiques et objectifs ambitieux, et les grandes économies en particulier devraient réexaminer et renforcer leurs CDN en temps utile pour la COP 27".

Le Conseil s’est dit prêt à mettre à jour la CDN de l’UE et de ses États membres dès que possible, en fonction du résultat final du paquet "Ajustement à l’objectif 55". Selon le communiqué de presse du conseil, "les travaux en cours sur le paquet "Ajustement à l’objectif 55" permettront à l’Union européenne de mettre en œuvre sa CDN et de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990, de parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050 au plus tard, et s’efforcer de parvenir à des émissions négatives par la suite".

Le texte, adopté par les ministres européens de l’Environnement réunis au Luxembourg, appelle à "mettre un terme à l’utilisation du charbon (...) via la réduction progressive et la suppression des subventions inefficaces aux combustibles fossiles".

L’aide financière aux pays en développement

Touchés de plein fouet par les effets du dérèglement climatique (sécheresses, inondations, canicules) mais étant les moins responsables des émissions, les pays les plus pauvres demandent aux pays riches participants à la COP27 un financement spécifique pour compenser les "pertes et dommages" subis.

Cette demande est faite alors que les pays riches n’ont toujours pas tenu leur engagement d’une aide climatique de 100 milliards de dollars par an. Il s’agissait de l’objectif initialement fixé pour 2020, destiné à aider les pays pauvres à réduire leurs émissions et à s’adapter.

Le Conseil a réaffirme l’engagement ferme pris par par l’UE et ses États membres de continuer à accroître leur financement international de l’action climatique en vue d’atteindre l’objectif des pays développés consistant à mobiliser conjointement au moins 100 milliards de dollars par an dès que possible et jusqu’en 2025, à partir d’un large éventail de sources. Le Conseil s’attend à ce que cet objectif soit atteint en 2023, sans donner pour autant d’objectif chiffré.

Le Conseil attend avec intérêt la poursuite du dialogue de Glasgow afin d’examiner les modalités de financement des activités visant à prévenir et à réduire au minimum les pertes et les dommages liés aux effets néfastes du changement climatique, ainsi qu’à y remédier, selon le communiqué de l’institution européenne.

Les Européens disent "attendre avec intérêt de coopérer avec d’autres parties pour concrétiser l’appel (lancé lors de la COP26 à Glasgow) à doubler collectivement, d’ici à 2025 par rapport à 2019, l’apport de fonds destinés à l’adaptation des pays en développement", en trouvant "un équilibre entre adaptation et atténuation" des dommages.

La compensation des "pertes et préjudices" est "un sujet compliqué" mais "nous sommes prêts à en discuter", a souligné la ministre tchèque Anna Hubackova. "Nous nous sommes mis d’accord aujourd’hui pour garder l’esprit ouvert (...) L’Europe peut réduire l’écart avec le continent africain, avec les pays insulaires", a souligné le ministre néerlandais de l’Énergie, Rob Jetten.

Position commune pour la COP15 sur la biodiversité en décembre à Montréal.

Le Conseil a approuvé des conclusions en vue de la conférence des parties à la convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP 15), au protocole de Cartagena (COP-MOP 10) et au protocole de Nagoya (COP-MOP 4), qui se tiendra à Montréal du 7 au 19 décembre 2022.

Pour Anna Hubackova, ministre tchèque de l’environnement, "ce sera une conférence révolutionnaire. Les dirigeants mondiaux se réuniront pour s’entendre sur la protection mondiale de notre biodiversité. Nous assistons déjà à un grave déclin de différentes espèces et il est temps d’agir. Je suis heureux que l’UE ait adopté une position ferme pour le sommet sur la biodiversité. La protection de nos écosystèmes est une obligation commune pour nous en tant qu’humanité".

Les Européens demandent un engagement mondial pour, dès 2030, pour

  • conserver efficacement au moins 30 % des terres émergées et au moins 30 % des océans,
  • mettre en restauration 3 milliards d’hectares d’écosystèmes terrestres et d’eau douce dégradés et 3 milliards d’hectares d’écosystèmes océaniques,
  • éliminer tout prélèvement, commerce et utilisation illégaux, non durables ou dangereux d’espèces sauvages,
  • stopper les extinctions d’espèces menacées connues d’origine humaine,
  • exploiter tout le potentiel des solutions fondées sur la nature,réduire les niveaux et les risques de pollution de toutes sources,
  • empêcher l’introduction et l’établissement de toutes les espèces exotiques envahissantes prioritaires, et éradiquer ou contrôler les espèces exotiques envahissantes déjà établies afin de réduire leurs impacts sur la biodiversité,
  • mettre en œuvre des pratiques d’utilisation durable de la biodiversité à une échelle significative avec des objectifs chiffrés,
  • aborder les changements d’utilisation des terres et de la mer qui affectent négativement la biodiversité dans tous les écosystèmes.

"C’est le bon niveau d’ambition. Pour y parvenir, l’UE doit accroître ses efforts en matière de lutte contre les facteurs de perte de biodiversité (...) et cette position devra être assortie des ressources nécessaires", a réagi Guido Broekhoven, de l’ONG environnementale WWF.

Or, la COP15 devrait également se pencher la question des financements demandés par les pays en développement aux pays riches. Les Européens ont indiqué "reconnaître l’importance d’une mobilisation de ressources dédiées, prévisibles et adéquates pour la biodiversité", mais sans offrir d’engagement chiffré.


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