Hausse des températures et sécheresse à cause du capitalisme responsable de la pollution de l’atmosphère depuis le 19e siècle

La crise climatique alimente des incendies d’une ampleur inédite en Europe

27 juillet, par Manuel Marchal

Des dizaines de milliers de personnes évacuées, des millions d’hectares détruits et des feux d’une intensité inédite : l’Europe est confrontée à une nouvelle vague d’incendies favorisée par la hausse des températures et la sécheresse. Pour l’OMS et l’ONU, ces catastrophes illustrent l’aggravation de la crise climatique, l’urgence d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables. Cela amène aussi à dépasser le capitalisme responsable de la pollution de l’atmosphère depuis le 19e siècle.

Photo : feu en France (SDIS33)

Les incendies qui ravagent actuellement l’Espagne, le Portugal et le sud de la France illustrent une nouvelle fois les conséquences directes de la crise climatique. Alimentés par des températures records, une sécheresse persistante et des vents violents, ces feux gagnent en intensité et en fréquence, transformant chaque été en une saison à haut risque pour les populations et les écosystèmes.
En Espagne, le gouvernement a décrété l’état d’urgence après l’évacuation de près de 10.000 habitants menacés par un gigantesque incendie aux portes de Madrid. Les autorités régionales évoquent les pires feux jamais connus dans cette zone. Au Portugal, le nombre d’incendies a plus que doublé en un an, témoignant de l’accélération des phénomènes extrêmes.
La France est également frappée. Dans le sud de ce pays, plusieurs incendies ont conduit à l’évacuation d’environ 63.000 personnes. Des habitations ont déjà été détruites, tandis que les pompiers poursuivent une lutte difficile contre des flammes favorisées par une végétation desséchée et des conditions météorologiques exceptionnelles.

Augmentation des surfaces brûlées et risques sanitaires

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que les incendies ont détruit 2,2 millions d’hectares dans la région Europe de l’OMS en 2025, contre 1,4 million d’hectares en 2022. Cette progression spectaculaire est directement liée au réchauffement climatique, qui allonge la saison des incendies et accroît leur violence.
Au-delà des dégâts matériels, les conséquences sanitaires sont considérables. Les fumées chargées de particules fines aggravent les maladies respiratoires et cardiovasculaires, notamment chez les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies chroniques. Selon l’OMS, elles peuvent également favoriser des maladies pulmonaires et hépatiques, des infections oculaires ainsi que des troubles cognitifs.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre : une priorité

Face à cette situation, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Simon Stiell, estime que la meilleure réponse consiste à accélérer la transition vers les énergies renouvelables. Réduire les émissions de gaz à effet de serre est devenu indispensable pour limiter l’intensification des catastrophes climatiques. Les incendies qui frappent aujourd’hui l’Europe rappellent avec force que la crise climatique est déjà là, avec des dégâts considérables chez les pollueurs historiques de l’atmosphère.

Responsabilité des capitalistes

Cette crise n’est cependant pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence d’un modèle de développement fondé depuis plus de deux siècles sur la combustion massive du charbon, du pétrole et du gaz. Ce système économique, porté par la recherche permanente de la croissance de la production et de la consommation, a permis une accumulation sans précédent de richesses, mais au prix d’émissions de gaz à effet de serre qui bouleversent aujourd’hui le climat de la planète. Les travaux du GIEC montrent que l’utilisation des combustibles fossiles constitue la principale source des émissions de dioxyde de carbone d’origine humaine.

M.M.

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