Urgence de remettre en cause la domination du capitalisme responsable de la crise

La crise climatique pourrait faire chuter les récoltes dans 90 % des pays d’ici 2100

8 novembre 2025, par Manuel Marchal

Plus de 90 % des pays du monde verront leurs rendements agricoles diminuer d’ici la fin du siècle, selon un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Même dans les scénarios climatiques les plus optimistes, les pertes de productivité apparaissent inévitables.

L’étude, publiée mercredi, s’appuie sur l’analyse de 19 000 régions réparties dans 176 pays et se concentre sur six cultures essentielles : maïs, riz, blé, soja, manioc et sorgho. Les chercheurs estiment que chaque degré de réchauffement global réduirait la production mondiale de 4,4 % par rapport aux besoins actuels.

« la crise climatique n’est pas seulement un défi environnemental, c’est une crise du développement humain », alerte Pedro Conceição, spécialiste du PNUD.

Pertes inégales, mais généralisées

Les conséquences varieront selon les régions. Les États-Unis, premier producteur mondial de maïs, pourraient perdre jusqu’à un tiers de leurs récoltes dans certaines zones d’ici le milieu du siècle. En Afrique subsaharienne, où les capacités d’adaptation restent limitées, la situation est encore plus préoccupante : le Burkina Faso pourrait voir sa production chuter de 46 % d’ici 2050.

Les cultures de blé et de soja seraient elles aussi gravement affectées, avec des baisses possibles de jusqu’à 40 %, menaçant la stabilité économique et la sécurité alimentaire mondiales.

Zones côtières en première ligne

Le sud du Vietnam, notamment le delta du Mékong, pourrait perdre 6 % de ses terres agricoles à cause de la montée des eaux. Le PNUD souligne que les régions déjà exposées à la chaleur extrême se montrent plus résilientes, ayant appris à s’adapter à des conditions hostiles.

Appel avant la COP30

À quelques jours de la COP30 à Belém (Brésil), ces projections renforcent l’urgence d’une action climatique centrée sur l’humain. Selon le PNUD, une réduction modérée des émissions permettrait de diviser par deux les pertes de récoltes prévues d’ici 2100.

« Garantir à chacun une alimentation suffisante et durable, c’est préserver la dignité humaine », conclut Pedro Conceição.

M.M.

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