Ouverture de la COP30 climat au Brésil

La Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et l’action climatique centrée sur l’humain

12 novembre 2025, par Manuel Marchal

Lundi 10 novembre, lors de la journée d’ouverture de la COP30, s’est tenue la rencontre ministérielle de haut niveau intitulée « Combattre la faim et la pauvreté pour la justice climatique ». L’événement a mis en avant la Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et l’action climatique centrée sur l’humain, lancée le 7 novembre dernier lors du Sommet climatique de Belém.

Signée par 44 pays, cette déclaration souligne que les effets de la crise climatique se font déjà cruellement sentir, notamment parmi les populations les plus vulnérables. Les pays signataires appellent à poursuivre les efforts d’atténuation, tout en donnant la priorité à l’adaptation, à travers des mesures centrées sur les personnes : protection sociale, assurances agricoles et mécanismes renforçant la résilience communautaire.

Une crise « profondément inégale »

Le ministre brésilien du Développement social, Wellington Dias, a insisté sur la dimension humaine de la crise climatique :

« La crise climatique n’est pas seulement environnementale. Elle est humaine, économique, sociale — et profondément inégale. »

Il a ajouté que la faim et la pauvreté sont aujourd’hui des marqueurs de l’injustice climatique :

« Il ne peut y avoir de sécurité alimentaire ni de résilience climatique sans celles et ceux qui prennent soin de la terre, de l’eau, des semences et de la production. »

L’intégration du social et du climat

Dans son discours d’ouverture de la COP30, le président Luiz Inácio Lula da Silva a rappelé que le réchauffement global menace de plonger des millions de personnes dans la faim et la pauvreté, compromettant des décennies de progrès. Le Brésil s’engage à lier l’action climatique au développement social et à la réduction des inégalités.

La ministre brésilienne de l’Environnement et du Changement climatique, Marina Silva, a, pour sa part, souligné que renforcer la protection sociale est essentiel pour bâtir la résilience et soutenir les petits producteurs et les agriculteurs familiaux :

« Créer un nouveau cycle de prospérité, c’est ne laisser personne de côté. Cela exige d’ouvrir de nouveaux marchés et de rediriger les flux financiers vers les pays en développement. »

Trois engagements majeurs

La Déclaration de Belém s’articule autour de trois engagements centraux :

Renforcer la protection sociale comme base de la résilience climatique.

Soutenir les petits producteurs agricoles et l’agriculture familiale.

Promouvoir une transition juste pour les populations vivant dans les forêts et autres écosystèmes fragiles.

Un bilan des progrès à l’horizon 2030 est prévu, avec un appel à une coopération internationale renforcée et à une meilleure cohérence des financements climatiques.

Message au système financier mondial

Selon Wellington Dias, la Déclaration envoie un signal clair :

« Le financement climatique doit parvenir jusqu’aux personnes, aux territoires, à l’agriculture familiale et à l’économie de la sociobiodiversité. »

Il a également appelé les organisations internationales, dont les agences de l’ONU, les fonds climatiques et les banques multilatérales, à soutenir la mise en œuvre des engagements et à assurer le suivi des résultats.

La ministre allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali-Radovan, a conclu en rappelant que si le changement climatique touche tout le monde, ses effets ne sont pas équitables :

« Les conséquences les plus graves frappent ceux qui ont le moins contribué au problème. La protection climatique internationale n’est pas seulement une question d’environnement, mais aussi de justice, d’égalité et de dignité humaine. »

M.M.

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