Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Paul Vergès (président de l’ONERC) et la Conférence de Copenhague
18 décembre 2009, par

Hier, au moment où ’Témoignages’ a rencontré plusieurs membres de la délégation réunionnaise, les négociations étaient bloquées. À cet instant, l’issue la plus favorable était une déclaration politique et la création d’un groupe de contact ayant six mois pour élaborer des décisions à valider en vue d’un futur accord. Paul Vergès donne à ce moment son analyse de la situation.
Quel est votre point de vue sur l’évolution des négociations ?
- Plusieurs choses frappent dès l’arrivée. C’est tout d’abord l’importance du sujet pour la planète puisqu’il réunit plus de 190 chefs d’État et de gouvernement. C’est ensuite l’intervention quasi quotidienne des ONG. La pression de l’opinion publique est constante, cela contribue à dramatiser la décision.
A 48 heures de la décision, l’inquiétude prévaut. Personne ne conteste la gravité de la situation et l’urgence. Mais il n’y pas pour le moment d’engagements des États importants sur des objectifs quantifiés et sur des engagements financiers en faveur des États en retard de développement. Lesquels ont conscience qu’ils vont subir les conséquences les plus graves du changement climatique, alors qu’ils n’ont aucune responsabilité dans la situation qui est la conséquence de l’industrialisation.
Tout cela explique la gravité des débats, la pression des pays du Sud qui ont parlé de se retirer, la démission de la présidente de la conférence remplacée par le Premier ministre du Danemark, l’initiative annoncée d’action solidaire du Brésil et de la Chine, la convention entre la France et l’Afrique.
L’inquiétude découle du sentiment que les Etats-Unis refusent un accord qui quantifiera les émissions et définira des normes contraignantes.
Que peut-il se passer d’ici la fin de la conférence ?
- La majorité des observateurs est sceptique. Il se dégage l’idée qu’il y ait une déclaration de principes et que l’on se retrouve dans six mois pour rediscuter. Il y a unanimité pour dire que la situation est très grave. Sera-t-on capable de surmonter les contradictions au cours des six prochains mois ? C’est la question la plus importante.
Pour ce qui concerne La Réunion, elle est représentée de façon importante avec l’ONERC, des élus notamment du Parlement. Nous sommes au total cinq délégués, plus "Témoignages". Le devoir de La Réunion, c’est une mobilisation de l’opinion dans les six mois qui viennent. Cette mobilisation à La Réunion doit être à la hauteur de celle du monde.
Le concept de la "dette climatique" est-il de nature à faire évoluer les relations dans le monde ?
- Lors de cette conférence, on a vu des engagements pour une justice climatique. Le Sud est pollué par le Nord. Cela est admis par tout le monde, mais le Nord refuse de payer les conséquences.
Le changement climatique est un problème qui a été dès le départ planétaire. Ce sont les gens du monde entier qui sont concernés par cette question. Et devant le changement climatique, c’est un devoir de solidarité humaine.
Propos recueillis par M.M.
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