Intervention de Lula à la COP30 de Bélem

La « première COP des peuples » revendique la fin de l’utilisation des énergies fossiles

21 novembre 2025, par Manuel Marchal

À la COP30 de Belém, Lula appelle les nations à renforcer la réduction des gaz à effet de serre et à soutenir les pays forestiers. Il insiste sur une participation sociale large, qualifiant l’événement de « première COP des peuples ». Le président met en avant le rôle central de l’Amazonie, la nécessité d’un financement climatique équitable et l’importance de construire un futur énergétique libéré des combustibles fossiles.

À Belém, au cœur de l’Amazonie, le président Luiz Inácio Lula da Silva a dressé un état des lieux des négociations de la COP30, affirmant avec force que les dirigeants mondiaux doivent s’engager à accroître leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour le Brésil, pays hôte, l’enjeu est autant diplomatique que symbolique : montrer que l’Amazonie n’est pas une abstraction, mais un territoire vivant, déterminant pour l’équilibre climatique planétaire.

Lula a rappelé que le Brésil proposait un « Roadmap » destiné à orienter la sortie progressive des combustibles fossiles tout en respectant la souveraineté de chaque pays. « Chacun doit assumer sa part », a-t-il martelé, tout en soulignant que la volonté politique demeure la clé d’une transition juste et réaliste.

La tenue de la conférence dans la capitale du Pará est elle-même un message : accueillir un événement mondial dans une ville située au cœur de la forêt permet de confronter directement les acteurs internationaux à la réalité amazonienne. Lula s’est réjoui de voir Belém devenir un symbole mondial, dépassant son homonyme biblique et révélant au monde un peuple « chaleureux, accueillant et généreux ».

Le président a également insisté sur la nature inédite de cette COP, marquée selon lui par une participation sociale sans précédent. Avec 3 500 participants autochtones et une forte présence des organisations de femmes, Lula a parlé d’une « COP des peuples », reflétant la diversité des voix concernées par l’avenir du climat. Pour lui, l’inclusion dépasse la simple représentativité : elle est une condition minimale d’une transformation collective et équitable.

Les négociations ont abordé plusieurs dossiers sensibles : adaptation, financement et gouvernance de la transition énergétique. Le président de la Conférence, André Corrêa do Lago, a souligné l’intensité des échanges avec les groupes de négociation, les acteurs privés et les gouvernements locaux, rappelant l’impact économique massif des choix climatiques.

Rémunérer ceux qui protègent les forêts

Un des progrès notables concerne le Fonds « Tropical Forests Forever » (TFFF), salué par la ministre de l’Environnement, Marina Silva. L’annonce d’une contribution allemande d’un milliard d’euros marque un tournant : le TFFF propose un modèle innovant où les pays qui préservent leurs forêts sont rémunérés via un fonds global durable, transformant la conservation en moteur de développement.

Construire collectivement la possibilité d’un avenir vivable

Lula a aussi rappelé que le Brésil est un exemple de transition énergétique possible : électricité largement décarbonée, usage massif d’éthanol et développement des agrocarburants. Mais pour que cette avancée soit mondiale, le soutien des pays riches demeure indispensable : financement, transfert technologique et coopération doivent permettre aux nations pauvres de franchir un « saut qualitatif ».

Enfin, le président du Brésil a affirmé sa confiance dans la capacité des négociateurs à bâtir des accords consensuels. « Rien n’est imposé dans une COP », a-t-il souligné. Il s’agit de convaincre, de dialoguer et de construire collectivement la possibilité d’un avenir vivable. À Belém, Lula a voulu montrer que cet avenir commence avec l’Amazonie, mais qu’il concerne chaque citoyen de la planète.

M.M.

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