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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Sécheresse - la région Sud manque d’eau
4 janvier 2012

De mémoire de Saint-Joséphois, on affirme « n’avoir jamais vu ça ». Depuis quelques semaines, la rivière Langevin est quasiment à sec. Seul un simple filet d’eau dévale le lit, en aval du cours d’eau jusqu’à l’embouchure. À l’origine de cet épisode de sécheresse exceptionnel, un déficit pluviométrique important dans la région Sud. Et la situation ne semble pas s’améliorer, malgré de petits épisodes pluvieux. Et ce, au plus grand désarroi des riverains et des amoureux du traditionnel pique-nique du dimanche.
« De mon enfance jusqu’à aujourd’hui, c’est la première fois que ça arrive », déplore Béatrice, native du quartier Langevin à Saint-Joseph. Pour cette quadragénaire mais aussi tous les autres riverains, le constat est le même depuis plusieurs semaines. Avec des bassins presque à sec et des cascades qui ont perdu de leur superbe, jamais la rivière Langevin n’a connu un niveau aussi bas. Même la centrale hydraulique d’EDF a dû cesser momentanément son activité faute de pouvoir exploiter le cours d’eau.
« Ce n’est plus une rivière mais une forêt maintenant tellement la végétation pousse. Même s’il y a déjà eu quelques coupures d’eau dans le passé, dues à l’activité de l’usine hydraulique, là ce n’est vraiment pas normal », s’inquiète Béatrice. La Saint-Joséphoise affirme d’ailleurs « ne pas trop croire à l’histoire de sécheresse » et dit avoir entendu que « l’eau a été amenée vers Jean Petit », autre quartier de la ville sudiste.
« Le climat dans le monde change »
De son côté, Fred, natif du quartier et installé depuis quelques années à Vincendo, tire la sonnette d’alarme. Penchant sur l’hypothèse « que le climat dans le monde change », il remarque que « l’eau ne saute même plus le pont et n’atteint pas la cascade de l’embouchure ». « Avant, il fallait faire attention quand on traversait le cours d’eau. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus rien. C’est triste et dommage de voir la rivière Langevin dans cet état », déplore-t-il. Les deux Saint-Joséphois se montrent plutôt « pessimistes ».
Il faut dire que depuis le mois de novembre 2011, au lieu de l’habituel débit de 1.200 litres par seconde, c’est un débit de 170 litres d’eau par seconde qui est observé par l’Office de l’eau. Soit un déficit du débit de l’ordre de 75%.
Selon Faiçal Badat, chef du service technique à l’Office de l’eau, le fort déficit pluviométrique enregistré depuis septembre 2010 sur les régions du Sud, notamment du Tampon et de Saint-Joseph, conjugué à des records de sécheresse sont à l’origine de ce phénomène. Il ne manque pas de s’interroger sur un certain rythme cyclique de 10 ans, soulignant que cet épisode de sécheresse ressemble fortement à ceux de 1992 et de 2001.
Pour le chef du service technique, « il faudrait qu’il y ait un cyclone avec beaucoup d’eau » pour que la situation se stabilise. « Les épisodes pluvieux du mardi 19 et mercredi 20 décembre 2011 ont permis de faire remonter un peu le débit mais cela n’a pas été suffisant pour reconstituer les stocks d’eau », poursuit-il, avant de souligner que « nous sommes malheureusement tributaires de la pluie ».
2011 l’année la plus chaude
À Météo France, si son avis diverge sur la question du cycle de 10 ans, en évoquant « une situation de crise déjà bien présente », Dominique Schueller, du bureau d’étude climatologie confirme qu’une « perturbation suffisamment proche avec des fortes pluies peut remonter les nappes phréatiques ». Il constate que durant la saison sèche de début janvier 2011, aucun système dépressionnaire n’est passé près des côtes. « Avec ce facteur, sur un an, un déficit pluviométrique de l’ordre de 50% a été enregistré sur les régions de La Plaine des Cafres et de Saint-Joseph. Jamais il n’a aussi peu plu depuis 40 ans », ajoute-t-il.
Il rappelle que 2011 a été « l’année la plus chaude avec des records de chaleur » sur l’île. « Plus de chaleur entraine plus d’évaporation, ce qui assèche plus le sol », n’hésite-t-il pas à souligner.
Concernant une éventuelle amélioration de la situation en 2012, Dominique Schueller prévoit plus d’activité cyclonique dans le bassin Ouest mais, nuance-t-il, « ce n’est pas pour autant que tous passeront près de nos côtes ».
À noter que d’autres cours d’eau, telle la Rivière des Roches dans l’Est, sont aussi touchés par ce phénomène.
Depuis mi-décembre, également en raison de la sécheresse, 15 communes sont sous l’effet de restrictions d’usage de l’eau. Des mesures qui concernent les communes suivantes : Cilaos, Les Avirons, l’Etang-Salé, Petite Ile, Le Tampon, Saint-Joseph, Saint-Louis, Saint-Philippe, Bras-Panon, Saint-André, Saint-Benoît, Sainte-Marie, Sainte-Rose, Sainte-Suzanne et Salazie. Rappelons qu’il est interdit de laver les véhicules hors station professionnelle, d’arroser les espaces verts publics et privés (sauf jardins potagers), de remplir ou encore de maintenir le niveau des plans d’eau de loisirs et piscines privées.
Emilie Sorres pour Imaz Press Réunion
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