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Nouvelle illustration de l’impasse
25 août 2012, par

La démographie et la crise économique internationale ne sont pas les seuls éléments qui accélèrent l’effondrement du modèle ancien en place à La Réunion. La crise environnementale y participe également. Car le changement climatique va forcément entraîner un changement de nos comportements, sinon il n’y aura pas assez d’eau pour tout le monde.
4ème saison des pluies sans apport d’eau significatif, tel est le diagnostic du dernier Comité sécheresse réuni mercredi dernier à la préfecture. Nous sommes dans une période de déficit précoce, car depuis plusieurs années, aucun cyclone n’est venu recharger les nappes phréatiques. Cela signifie-t-il que le changement climatique se traduira pour La Réunion par des années de sécheresse successives ? Comment nous adapter ? Devant cette situation concrète, chacun est au pied du mur de ses responsabilités.
Depuis les années 1960, un modèle de consommation est imposé aux Réunionnais. Il repose sur l’utilisation effrénée des ressources naturelles, avec en pointe de ce modèle une classe sociale créée de toutes pièces par le pouvoir chargée de répandre partout l’exemple à suivre.
Augmentation de la population et mode de consommation
Ce modèle a été mis en place quand La Réunion comptait à peine 250.000 habitants, nous sommes aujourd’hui plus de 800.000 et nous allons vers un million.
Dans le même temps, la consommation d’eau par personne a augmenté. Plus besoin d’aller à la citerne, désormais pour la plupart des familles, l’eau coule d’un robinet, dans plusieurs pièces. Le passage brutal de la pénurie à l’abondance entraîne des gaspillages. Nous utilisons en effet de l’eau rendue potable à grands frais pour évacuer nos déchets.
Tout cela va devenir intenable, car notre ressource en eau n’augmente pas. Et la tendance va vers la diminution. Il a suffi de quatre années consécutives sans cyclone proche de nos côtes pour que les déficits s’accumulent dans le Sud et à Saint-Denis.
Comment ne plus gaspiller ?
Ainsi, La Réunion est confrontée à l’impasse du modèle.
Dans un premier temps, il est urgent de réduire la consommation, en veillant en particulier sur le colmatage des fuites dans les réseaux.
Dans un second, c’est la mise en œuvre de solutions durables pour ne plus gaspiller. Les retenues collinaires pour l’irrigation et les besoins en agriculture pourraient être multipliées tandis que l’interconnexion de tous les réseaux permettra de mieux répartir la ressource avec un prix unique de l’eau pour toute La Réunion. Cela se fait déjà pour l’électricité. Le recyclage de l’eau usée après traitement s’imposera également, car il ne sera plus possible de se contenter d’utiliser une fois de l’eau rendue potable pour qu’ensuite elle finisse dans la mer.
Enfin se posera la question de la centrale hydroélectrique de Sainte-Rose. Car plus la pression sur l’eau augmentera, plus sera amplifié le débat sur un meilleur usage des mètres cubes d’eau qui ne servent qu’une fois avant d’être rejette à la mer.
Manuel Marchal
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