Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Catastrophes naturelles
12 octobre 2004

L’invasion de l’Afrique du Nord par des hordes de criquets pèlerins aurait pu être endiguée avec 9 millions de dollars il y a quelques mois. L’opération en requiert 100 actuellement, selon l’ONU.
Moins médiatisées que les guerres, les catastrophes naturelles sont beaucoup plus néfastes. Au cours d’une conférence de presse tenue jeudi à Genève, le secrétaire général aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence à l’ONU a attiré l’attention sur ce qu’il a décrit comme un phénomène encore méconnu : le prix que font payer les catastrophes naturelles aux populations dans le monde, un prix sept fois plus élevé que celui des guerres.
"Alors que 90% de l’attention internationale est tournée vers les guerres et des situations d’urgences complexes, comme le Darfour, l’un des problèmes les plus colossaux est de coordonner l’aide destinée à des centaines de milliers de personnes frappées par les catastrophes naturelles, un problème encore exacerbé par le manque d’attention prêtée à ces situations", a déclaré Jan Egeland.
"Il a fallu la série d’ouragans qui se sont produits dans les Caraïbes pour faire prendre conscience à la communauté internationale de ce que représentaient les catastrophes naturelles", a-t-il poursuivi, soutenant que "pour certaines d’entre elles, cette prise de conscience survient tardivement".
C’est le cas des centaines de milliards de criquets pèlerins qui dévastent le Nord de l’Afrique, a fait observer le Coordonnateur humanitaire de l’ONU. "En dépit des alertes répétées de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et un appel à financement de 9 millions de dollars lancé plus tôt dans l’année, seulement quelque centaines de milliers de dollars ont été reçus et le problème a pris des proportions bibliques", a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, c’est 100 millions de dollars que l’ONU a dû réclamer pour combattre l’infestation, qui a pris des "proportions bibliques". Et si le problème n’est pas pris à bras-le-corps dans les cinq prochaines semaines, il sera multiplié par 10.
"Le secrétaire général devrait solliciter les pays du G8 pour qu’ils apportent leurs contributions pour régler la question de la prévention à l’égard des criquets pèlerins", a ajouté Jan Egeland.
Ce problème de sauterelles constitue une plus grande menace pour l’existence des individus que n’importe laquelle des guerres ravageant la région, a-t-il affirmé, précisant que des dizaines de millions de gens dans les pays les plus pauvres du monde auraient été affectés par cette catastrophe naturelle. "Et, de même que les ravages causés par les ouragans dans les Caraïbes, cette catastrophe africaine n’aurait jamais dû se produire", a-t-il affirmé.
Il a expliqué les proportions alarmantes d’aggravation des risques d’origine naturelle par des facteurs environnementaux, au premier rang desquels il a placé le réchauffement climatique et le fait que les gens s’installaient de plus en plus dans des zones inondables ou autres zones à risques, parce que le foncier y est moins cher.
Un changement de mentalité entre les gouvernements et les partenaires de l’ONU est nécessaire, a souligné Jan Egeland. Les pays doivent s’enseigner mutuellement la façon d’affronter les catastrophes naturelles.
C’est ainsi que l’ONU voudrait que Cuba, qui a un des meilleurs systèmes de prévention des catastrophes naturelles, enseigne aux habitants de la Grenade et d’Haïti comment se préparer à de telles catastrophes. Des séminaires sur la prévention des tremblements de terre, organisés dans des pays comme l’Iran, sont aussi à l’ordre du jour de l’ONU et la Conférence mondiale qui aura lieu à Kobe au Japon en janvier comportera une variété de sessions sur la prévention des catastrophes au cours desquelles les pays pourront apprendre les uns des autres, a indiqué le Coordonnateur de l’ONU.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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