Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Intervention du président du Sénat au colloque de l’ONERC
2 octobre 2004

Jeudi, le colloque de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique a été marqué par les interventions de plusieurs responsables politiques. Après celles du président de l’ONERC, Paul Vergès, et du ministre de l’Écologie Serge Lepeltier, hier, nous reproduisons aujourd’hui le message de bienvenue de Christian Poncelet, président du Sénat, lu par Pierre Lafitte. Nous le reproduisons ci-après.
"D’emblée, je veux vous transmettre à toutes et à tous mes souhaits de cordiale bienvenue au Sénat de la République.
Permettez-moi ensuite de vous dire le regret qui est le mien de ne pas être parmi vous aujourd’hui, pour cette rencontre consacrée au changement climatique.
Elle devrait vous permettre d’apporter des réponses concrètes, précises et adaptées au changement de climat auquel notre planète se trouve confronté.
Depuis quelques années, la communauté scientifique s’atelle à résoudre cette inconnue. Certains n’hésitent pas à voir dans le nombre croissant de cyclones et autres tempêtes tropicales qui sévissent en cette période de l’année dans les Caraïbes - faisant à leur passage des milliers de victimes - une triste illustration des méfaits du réchauffement de la planète.
Pour d’autres, au contraire, il n’en est rien. Insistant sur le caractère naturel de ces phénomènes, ils attribuent le changement auquel nous assistons à la naissance d’un nouveau cycle climatique.
Mais qu’il soient partisans de l’une ou de l’autre de ces thèses, tous reconnaissent que l’enjeu revêt une importance essentielle pour la pérennité de notre planète.
Dans “L’esprit des Lois”, Montesquieu n’affirmait-il pas que "l’empire du climat est le premier de tous les empires parce qu’il forme la différence des caractères et des passions des hommes" ? Si l’homme s’est adapté à son milieu, il s’est aussi “acclimaté” à celui-ci. Voudrions-nous aujourd’hui remettre en cause cet héritage ? Je ne le crois pas.
Je tiens donc à saluer le travail de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique - l’ONERC - créé par la loi du 19 février 2001, qui a conféré à la lutte contre l’effet de serre et à la prévention des risques liés au réchauffement climatique la qualité de priorité nationale. Il contribue utilement à éclairer et à alimenter l’action du gouvernement.
Je me félicité d’autant plus de l’existence de cette instance que le Sénat, sur chacun de ses bancs, a ardemment milité en faveur de sa création démontrant ainsi l’attachement de la Haute assemblée à la protection de notre planète et sa capacité à dépasser les clivages politiques pour s’unir derrière cette juste et noble cause.
M. le président de l’ONERC, cher collègue Paul Vergès, soyez chaleureusement remercié pour votre action aussi utile que déterminée.
Forts des études scientifiques menées en matière de réchauffement climatique, nous pouvons désormais mesurer et quantifier le changement qui affecte notre planète.
Ainsi, d’après les études les plus récentes, dont celles réalisées par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, les températures devraient, au cours du 21ème siècle, s’accroître de +1,4 degré Celsius à +5,8 degrés Celsius.
Mais ne nous y trompons pas. Les causes du changement sont multiples. Si l’activité humaine se trouve au cœur du processus, la nature connaît aussi ses propres lois qui gouvernent son évolution.
Bien avant l’ère industrielle, bien avant la prolifération des matières polluantes ; et même bien avant la naissance du premier homme, la Terre aurait connu de semblables mutations. Il n’y aurait donc point de “révolution climatique” mais une “évolution climatique”.
En effet, le réchauffement de la Terre a lui-même son histoire. Elle précède la nôtre.
Pourtant, nul ne peut nier que ce phénomène s’est considérablement accentué, dangereusement intensifié au cours du 20ème siècle. Et ses conséquences pourraient s’avérer désastreuses.
D’abord, la fonte de la banquise et des glaciers va mécaniquement se traduire par une augmentation du niveau des mers et des océans. A terme, cela provoquera la disparition de nombreuses îles et de certains de nos rivages, submergés par les eaux.
Ensuite, le réchauffement de la planète s’accompagne d’un renforcement des risques sanitaires. Je ne citerai que la recrudescence annoncée du paludisme qui pourrait prochainement gagner les terres les plus chaudes de métropole.
Ces incidences, qui mettent en danger nos vies et notre patrimoine culturel, nous imposent d’adopter une posture offensive et volontaire.
C’est tout le sens de notre engagement à lutter contre la prolifération des gaz à effet de serre, et notamment du gaz carbonique et du méthane.
C’est tout l’objet du protocole de Kyoto - traduction concrète de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Rio - aujourd’hui ratifié par plus de 120 pays. Et j’ai bon espoir de voir nos amis américains partager bientôt ces objectifs.
Mes chers amis, dans cette “bataille” de chaque instant, les collectivités locales, par le lien de proximité qui les unit à nos concitoyens, ont un rôle essentiel à jouer dans leur action au quotidien.
Je pense d’abord à la politique des transports qu’elles mènent, avec pour objectif de réduire la circulation automobile en renforçant l’offre et la qualité du service. Je pense ensuite à la gestion des déchets et à la pratique du recyclage qu’elles développent résolument.
Je pense enfin à la politique d’information des citoyens et des entreprises qu’elles mènent déjà ou devront mener prochainement.
(...) Mesdames, Messieurs, je veux vous dire une nouvelle fois mes souhaits de cordiale bienvenue au Sénat, qui est votre Maison. Ensemble faisons œuvre utile !
Je souhaite plein succès à vos travaux qui sauront alimenter notre réflexion, pour l’avenir de notre Terre.
Nos peines
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