Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
28 octobre 2022

Les investissements mondiaux dans les énergies propres pourraient atteindre 2.000 milliards de dollars par an d’ici 2030, soit 50% de plus qu’au niveau actuel, a estimé l’Agence internationale de l’Energie (AIE) dans son rapport World Energy Outlook 2022.
L’agence a indiqué que la crise énergétique mondiale déclenchée par le conflit russo-ukrainien a provoqué un "choc d’une ampleur et d’une complexité sans précédent". A cela s’ajoute des changements "profonds et durables" qui ont le potentiel d’accélérer la transition vers un système énergétique plus durable et plus sûr.
Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a expliqué que "les réponses des gouvernements du monde entier promettent d’en faire un tournant historique et définitif vers un système énergétique plus propre, plus abordable et plus sûr".
Selon l’AIE, l’utilisation du charbon diminuera au cours des prochaines années. De fait, la demande de gaz naturel atteindra un plateau à la fin de la décennie et l’augmentation des ventes de véhicules électriques permettra de stabiliser la demande de pétrole au milieu des années 2030 avant de diminuer légèrement jusqu’au milieu du siècle.
Globalement, la demande totale de combustibles fossiles diminuera régulièrement entre le milieu des années 2020 et 2050, d’une moyenne annuelle à peu près équivalente à la production d’un grand champ pétrolifère pendant toute sa durée de vie, ont estimé les rapporteurs du World Energy Outlook 2022.
D’ailleurs, la consommation mondiale de combustibles fossiles a augmenté parallèlement au PIB depuis le début de la révolution industrielle au XVIIIe siècle. Pour l’agence, il s’agira d’inverser cette tendance afin d’assurer un usage perenne des énergies propres. La part des combustibles fossiles dans le bouquet énergétique mondial - situé dans le scénario des politiques établies - passera d’environ 80% à un peu plus de 60% d’ici à 2050.
De plus, les émissions mondiales de CO2 diminueront lentement, passant d’un pic de 37 milliards de tonnes par an à 32 milliards de tonnes en 2050, selon l’organisation internationale.
Les rapporteurs attestent que le taux de croissance actuels du déploiement du solaire photovoltaïque, de l’éolien, des véhicules électriques et des batteries, doivent être maintenus car ils conduiront à une transformation beaucoup plus rapide que celle prévue dans le scénario de politiques inchangées.
Cependant, cela nécessite des politiques de soutien non seulement sur les premiers marchés leaders pour ces énergies propres dans le monde entier. Les investissements dans les énergies propres devraient être supérieurs à 4.000 milliards de dollars pour atteindre l’objectif des "émissions nettes nulles d’ici à 2050".
Par ailleurs, des engagements internationaux importants sont encore nécessaires de toute urgence pour réduire le fossé inquiétant qui sépare les niveaux d’investissement dans les énergies propres entre les économies avancées et les économies émergentes et en développement, a souligné le rapport de l’AIE.
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"Il est essentiel d’amener tout le monde à bord, surtout à un moment où les fractures géopolitiques sur l’énergie et le climat sont d’autant plus visibles", a déclaré Fatih Birol. "Cela signifie qu’il faut redoubler d’efforts pour faire en sorte qu’une large coalition de pays ait un intérêt dans la nouvelle économie énergétique".
Enfin, il faudra également "éviter de nouvelles vulnérabilités découlant de prix élevés et volatils des minéraux critiques ou de chaînes d’approvisionnement en énergies propres très concentrées", a indiqué le directeur exécutif de l’AIE.
De son côté, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a estimé dans un rapport annuel publié le 11 octobre, que le monde doit "tripler les investissements et doubler l’offre d’électricité provenant de sources d’énergie propres au cours des huit prochaines années si nous voulons limiter le réchauffement de la planète".
A défaut d’investissement dans les énergies propres, les changements climatiques, une multiplication des conditions météorologiques extrêmes et le stress hydrique compromettront notre sécurité énergétique et mettront même en péril nos réserves d’énergie renouvelable, a indiqué le rapport annuel de l’OMMi.
Selon le communiqué de presse de l’OMM, le secteur de l’énergie est responsable d’environ trois quarts des émissions de gaz à effet de serre de la planète. La demande en énergie dans le monde a augmenté de 30% ces dix dernières années.
« Nous devons faire la transition vers des formes de production d’énergie propre, telles que l’énergie solaire, éolienne ou hydroélectrique, et nous devons améliorer l’efficacité énergétique. Nous devons atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Ce but ne sera toutefois possible que si nous doublons l’offre d’électricité à faibles émissions au cours des huit prochaines années », a expliqué Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM.
Ce dernier a indiqué que "la situation s’aggrave de jour en jour et le climat se transforme sous nos yeux. Nous devons totalement repenser le système énergétique planétaire". Les énergies vertes permettent d’endiguer le changement climatique, améliorer la qualité de l’air, préserver les ressources en eau, protéger l’environnement, créer des emplois et garantir un avenir meilleur à toute la planète, ont assuré les rapporteurs.
Selon l’Organisation météorologique mondiale, les engagements pris par les pays sont loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Il manque 70% de l’effort nécessaire pour garantir la réduction des émissions voulue d’ici à 2030. Les engagements en matière d’énergies renouvelables représentent moins de la moitié de l’effort requis, ont indiqué les rapporteurs.
Selon les chiffres cités dans le rapport, l’objectif mondial à long terme fixé par l’Accord de Paris en matière de température exige l’installation de 7,1 TW de capacité d’énergie propre d’ici à 2030. Le monde n’est donc pas près d’atteindre l’Objectif de développement durable 7 (ODD 7), à savoir un accès universel à des services énergétiques fiables, durables, modernes et d’un coût abordable d’ici à 2030.
Nos peines
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