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Conférence sur le climat à Bangkok
3 septembre 2012, par

Jusqu’au 5 septembre, les délégations de 195 pays doivent préparer la conférence ministérielle prévue à Doha, au Qatar, fin novembre. Ces travaux se déroulent au moment où la fonte des glaces atteint un record dans l’Arctique, des ouragans dévastent des États, les sécheresses et vagues de chaleur entraînent la hausse des prix des céréales.
La planète est malade et la reprise des négociations internationales sur le climat est de plus en plus cruciale, d’après les Organisations non gouvernementales. Jean Jouzel, vice-président du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a affirmé que la fonte record de la banquise de l’Arctique accroît encore le sentiment d’urgence. "C’est un indicateur très visible, palpable, du réchauffement climatique", a-t-il souligné. "Les régions polaires servent de vigie, de signal d’alerte, c’est là qu’on peut voir en premier les signaux de phénomènes qui risquent de se développer sur l’ensemble de la planète", a également ajouté Hervé Le Treut, spécialiste de la modélisation du climat, auprès de l’AFP. Autre phénomène inquiétant, la calotte glaciaire du Groenland a été un record de fonte cet été, ce qui "nous encourage à tout mettre en oeuvre pour stabiliser notre climat", a expliqué Jean Jouzel. Ce dernier a regretté que ce ne soit pas "la route qu’on est en train de prendre".
Une réunion cruciale
La réunion de Bangkok devra montrer que sur les grands acteurs de cette négociation — États-Unis, chine et Union européenne — ont la volonté d’"intensifier leurs efforts". La conférence de Doha doit aller vers l’adoption prévue en 2015, d’un nouvel accord international sur le climat.
Toutefois, certains scientifiques pensent que l’objectif onusien de limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius est déjà hors de portée. "Les gouvernements ont promis de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et d’aider les pays pauvres et vulnérables à s’adapter au changement climatique", a indiqué Christiana Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). "Ils savent qu’ils doivent tenir pleinement leurs promesses, intensifier leurs efforts jusqu’en 2020, et encore redoubler d’efforts après 2020."
Les points de blocage restent le financement du Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays pauvres à faire face au réchauffement et l’ouverture d’une seconde période d’engagement pour le protocole de Kyoto à partir de janvier 2013. La Chine et les États-Unis ne font pas partie du protocole et l’Europe semble la seule à être disposée à reconduire l’expérience. La prolongation du protocole de Kyoto est pour beaucoup indispensable afin d’avancer vers un accord global.
Le représentant des pays les moins avancés, le Gambien Pa Ousman Jarju, a déclaré que "nous ne pouvons pas accepter que ces enjeux soient reportés jusqu’à ce qu’un nouvel accord soit négocié en 2015 et appliqué en 2020. C’est maintenant que nous subissons les sécheresses, les pénuries alimentaires et le manque d’eau créés par le changement climatique".
Céline Tabou
Nos peines
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