Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Gaël ravage les maraîchages
11 février 2009

Alignées en rangs serrés dans une terre boueuse que l’on devine pourtant fertile, des centaines de jeunes salades sont couchées, ou à peine debout. « De toute façon, avec le soleil qui revient, elles vont mourir. Leur cœur a été touché et les escargots vont finir ce qu’il en reste », soupire Valérie Nourry. Elle est agricultrice spécialisée dans le maraîchage à Dos d’Âne (La Possession). Sa production de salades, de brèdes, de radis et de choux de Chine a été ravagée par les rafales de vent du cyclone intense Gaël qui ont soufflé sur La Réunion du jeudi 5 au dimanche 8 février 2009. « Je suis découragée », ne cache pas l’exploitante agricole.
« Jeudi, lorsque le vent a commencé à souffler, j’ai tout de suite compris que la production était fichue », lance Valérie Nourry. Elle ne se trompe pas. Enregistrées à 100 km/h sur la zone de Dos d’Âne, les rafales de vent déracinent ou couchent les plants de salades, de choux et de brèdes. « Je devais récolter à partir de ce lundi jusqu’à la semaine prochaine. Ce n’est plus la peine, il n’y a plus rien à sauver », constate l’agricultrice en ouvrant le jeune cœur d’une salade. Plusieurs escargots ont déjà colonisé les lieux. Ils vont achever de détruire ce qu’il reste de la production. « Ce n’est même pas la peine de les chasser, de toute façon, il n’y a rien à récolter. Qui va acheter des salades et des brèdes dans cet état ? », note, réaliste, Valérie Nourry.
Elle a repris l’exploitation agricole au décès de son mari, il y a moins d’un an. « Avant, c’était lui qui s’occupait de tout. Je lui donnais simplement un coup de main. À sa mort, j’ai dû prendre un ouvrier agricole pour m’aider et j’ai beaucoup investi, dans l’irrigation notamment. Je comptais sur cette production pour alimenter ma trésorerie. Le cyclone ne m’a pas laissé le temps de le faire », relate avec émotion l’agricultrice. Même si elle avoue son découragement, elle n’a pas baissé les bras pour autant. Dès lundi, avec son employé, elle a commencé à arracher les plants saccagés et à refaire les allées qui vont accueillir les nouvelles planches de semis. « Il faut d’abord tout arracher et ensuite replanter. Ce n’est qu’en avril que l’on va pouvoir récoler la nouvelle production. En attendant, il va bien falloir subsister », commente Valérie Nourry.
Ce mercredi et les jours suivants, elle sera donc sur les marchés forains. Celui du Port notamment. « Je vends moi-même mes produits, je ne passe pas par un intermédiaire. Comme je n’ai pas plus de produits maraîchers, je vais vendre de la pâte de piments, des achards et des légumes tout prêts pour le shop-suey. Il faut que je gagne ma vie », lance-t-elle.
Valérie Nourry a commencé à se renseigner sur les procédures d’indemnisation. Sans grande illusion, « ce n’est pas avant quatre ou cinq mois que l’on sera indemnisé. La trésorerie de mon exploitation, qui est déjà mal en point, aura largement le temps de s’affaiblir encore ».
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