Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
COP 30 à Bélem
14 novembre 2025, par

La reconnaissance du rôle central des peuples autochtones dans les politiques d’adaptation au changement climatique s’impose désormais comme une évidence. Lors du débat ministériel de haut niveau « Indigenous Adaptation », tenu mercredi à la COP30, experts et représentants gouvernementaux ont rappelé que la résilience climatique passe nécessairement par l’inclusion des savoirs traditionnels, la garantie des droits territoriaux et l’accès direct aux financements climatiques.
« Les peuples autochtones mènent depuis des millénaires un travail de protection et de gestion durable de leurs territoires. Ils apportent des solutions concrètes face à la crise climatique », a souligné Sineia do Vale, envoyée spéciale de la COP30 et coprésidente du Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique. Elle a insisté sur la nécessité de soutenir ces modes de vie, garants d’un équilibre entre l’humain et la nature.
Carlos Ruiz-Garvia, du Secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a rappelé que plusieurs accords multilatéraux — dont l’Accord de Paris et la Convention sur la diversité biologique — reconnaissent explicitement la contribution des peuples autochtones à la lutte contre le réchauffement.
Les participants ont également mis en avant l’urgence de garantir un transfert direct des ressources financières vers les initiatives autochtones. Le Fonds vert pour le climat (GCF) travaille à renforcer cet accès afin que les communautés puissent développer elles-mêmes leurs projets d’adaptation et de préservation.
« Notre objectif n’est pas seulement d’éviter de leur nuire, mais de veiller à ce qu’ils bénéficient pleinement des financements climatiques », a précisé Artur Lacerda, directeur des affaires de gouvernance du GCF.
La représentante de l’Initiative internationale norvégienne pour le climat et les forêts (NICFI), Lívia Kraemer, a rappelé que son pays préconise l’intégration systématique des représentants autochtones dans la conception des politiques financières. Elle a cité le Tropical Forests Forever Facility (TFFF) comme un exemple de bonne pratique, doté récemment de 3 milliards de dollars par la Norvège — l’une des plus importantes contributions à un fonds climatique mondial.
La question foncière demeure au cœur de la discussion. Selon David Kaimowitz, coordinateur pour le bassin amazonien à la Land and Forest Tenure Facility, la sécurisation des territoires autochtones est une condition essentielle pour atteindre les objectifs climatiques. Une étude de la FAO qu’il a dirigée démontre que les peuples autochtones sont les meilleurs gardiens des forêts, leurs pratiques assurant la conservation des écosystèmes et la stabilité du climat.
Le 14 novembre, à la COP30, sera lancé un plan d’adaptation autochtone élaboré dans l’État de Roraima (Brésil) sous la direction de Sineia do Vale. Ce document rare — le troisième du genre au Brésil — compile des savoirs traditionnels précieux : identification de semences plus résistantes aux variations saisonnières, observation des liens entre la température de l’eau et la présence de poissons indigènes, ou encore pratiques agricoles durables adaptées aux cycles climatiques locaux.
« Les peuples autochtones possèdent des indicateurs naturels qui révèlent les transformations du climat et leurs effets sur la vie sociale et culturelle », a rappelé Mme do Vale. Ces connaissances, alliées à un financement accessible et à la reconnaissance des droits territoriaux, constituent aujourd’hui des piliers incontournables de l’adaptation climatique mondiale.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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