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24 février 2022, par

Le Sud-Est de Madagascar a de nouveau été gravement touché hier par un cyclone, Emnati. Des dizaines de milliers de personnes durent être évacuées et à leur retour, elles ont découvert un paysage de désolation. Beaucoup ont perdu ce que le passage de Batsiraï leur avait laissé deux semaines plus tôt. C’est le 4e cyclone qui touche Madagascar depuis le début de l’année. Une fois de plus, une solidarité urgente est nécessaire mais se pose également la question de l’adaptation à ces phénomènes extrêmes qui deviendront plus dévastateurs avec le réchauffement climatique. Responsables historiques de la pollution de l’atmosphère par des émissions massives de gaz à effet de serre depuis un siècle et demi, les pays européens et d’Amérique du Nord sont face à leur responsabilité : financer l’adaptation des pays du Sud victimes du changement climatique.
Deux semaines après Batsiraï qui avait provoqué la mort de plus de 120 personnes et quasiment détruit plusieurs villes dont Mananjary, la même région du Sud-Est de Madagascar a été touchée hier de plein fouet par le cyclone Emnati. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont dû être évacuées vers l’intérieur des terres. A leur retour, elles ont découvert un paysage de désolation à cause des dégâts de vents soufflant de 150km/h, et des inondations.
Selon la TVM, plus de 37.000 personnes sont actuellement dans des centres d’hébergement.
Les moyens mis en place pour reconstruire après Batsiraï étaient encore sur place. C’est notamment le cas de l’équipe de 60 secouristes français qui participent à la reconstruction des écoles de Mananjary avec l’État malgache. Sans nul doute les 80 tonnes de matériels déployés par la PIROI, dont une partie avaient été apportées depuis La Réunion par un vol spécial d’Air Austral, ont été mises à l’abri et seront disponibles. Mais le passage de ce cyclone va encore retarder le retour à la normale en raison des routes coupées. L’armée de l’air malgache sera encore contrainte à larguer des provisions depuis un avion volant en rase-mottes. Et il est certain que la solidarité internationale sera sollicitée pour participer à la reconstruction. Mais tous les efforts de ces deux dernières semaines sont compromis, il faudra recommencer à zéro encore une fois.
Avec le réchauffement climatique, les cyclones seront plus intenses et donc plus destructeurs, et Madagascar sera toujours sur leur trajectoire. Cela suppose donc des investissements colossaux pour faire face aux travaux nécessaires pour garantir la sécurité totale de la population face à ces phénomènes. Dans le même temps, Madagascar comme de nombreux autres pays doit faire face aux dépenses liées au doublement de sa population prévu d’ici une trentaine d’années.
Or Madagascar, comme la plupart des pays du monde, a contribué de manière négligeable aux émissions de gaz à effet de serre responsables des catastrophes actuelles. Le dérèglement climatique découle de la domination du capitalisme en Europe et en Amérique du Nord à partir du milieu du 19e siècle. La quête du profit des capitalistes de ces pays a entraîné des émissions massives de gaz à effet de serre depuis 150 ans. Accumulée dans l’atmosphère, cette pollution produit des effets toujours plus dévastateurs. Les perspectives ne sont pas optimistes car le capitalisme s’est étendu dans le monde et les pollueurs historiques ne semblent pas près de renoncer à ce mode de production et de consommation afin de limiter à 1,5 degré la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre par rapport à son niveau de 1850.
Un autre engagement des pollueurs historiques est un fonds d’adaptation d’un montant annuel de 100 milliards de dollars pour financer l’adaptation au changement climatique des pays en développement. Or ce montant n’est pas encore atteint et sera-t-il suffisant compte tenu des besoins énormes nécessaires pour protéger plusieurs milliards de personnes des effets du changement climatique ?
Pourtant, quand il s’est agi de sauver les banques responsables de la crise financière de 2008, ces Etats ont aussitôt mobilisé plusieurs centaines de milliards de dollars immédiatement, pour un total de 1000 milliards de dollars, c’est dix fois le montant du fonds de solidarité pour protéger les victimes du changement climatique.
Ceci montre que les pollueurs historiques ont largement les moyens de sauver les peuples menacés par le changement climatique, et cela d’autant plus que la colonisation de ses peuples pendant plusieurs siècles est à l’origine de la prospérité de l’Occident, et de la misère des anciens colonisés.
Ce n’est qu’une question de volonté politique car l’argent est là, il suffit de le prendre dans les poches de la classe sociale qui domine le capitalisme.
M.M.
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