Planter des arbres avec la population pour construire une ville : une idée forte de Paul Vergès…
31 août, parPaul Vergès : 2016-2026
De 55 centimètres à 2 mètres d’ici 2100
31 août, par

La montée du niveau des mers n’est plus une menace lointaine. Elle s’accélère et ses conséquences touchent déjà des centaines de millions de personnes : submersions, érosion, salinisation des terres, destruction d’infrastructures et déplacements de populations. Pour les îles et les territoires littoraux, l’enjeu est vital. Face à cette évolution irréversible, réduire les émissions reste indispensable, mais il faut aussi préparer dès maintenant les pays aux bouleversements à venir.
Le niveau des océans augmente aujourd’hui plus rapidement qu’à aucun autre moment de l’histoire géologique récente. Entre 2014 et 2023, la hausse moyenne mondiale atteignait 4,7 millimètres par an. En 2024, elle a bondi à 5,9 millimètres, un record. Cette accélération résulte principalement de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires, mais aussi du réchauffement de l’eau : lorsqu’elle se réchauffe, l’eau de mer se dilate.
Selon l’ONU, environ 770 millions de personnes, soit près d’un humain sur dix, vivent à moins de cinq mètres au-dessus du niveau des marées hautes. Ces populations sont directement exposées à la submersion, à l’érosion du littoral et à la salinisation des nappes phréatiques et des terres agricoles. Hôpitaux, écoles, réseaux d’assainissement, ports et infrastructures de transport sont également menacés.
L’ampleur de la hausse dépendra largement des choix effectués aujourd’hui. Même dans le scénario le plus favorable, les océans pourraient monter de 55 centimètres d’ici 2100. Dans les scénarios de fortes émissions, la hausse pourrait dépasser un mètre, avec la possibilité, certes moins probable mais particulièrement lourde de conséquences, d’approcher deux mètres.
Le phénomène dépasse largement la question environnementale. Il touche l’alimentation, la santé, l’économie, les migrations, les droits humains et même l’identité culturelle des populations littorales. Certaines communautés insulaires risquent de perdre leurs terres ancestrales. Des dizaines de millions de personnes supplémentaires pourraient être contraintes de se déplacer au cours des prochaines décennies.
Le coût économique est déjà considérable. Les dommages aux infrastructures côtières dépassent 1 800 milliards de dollars. Sans adaptation, les pertes annuelles pourraient atteindre 1 400 milliards de dollars. Les ports, qui assurent plus de 80 % du commerce mondial, sont particulièrement vulnérables.
Pour les territoires insulaires comme La Réunion, l’alerte mérite une attention particulière. Une grande partie de la population, des logements, des activités économiques, des routes et des équipements se concentre sur le littoral, précisément dans les espaces qui seront les plus exposés à l’érosion et aux submersions. À cette menace marine s’ajoute celle des pluies intenses et des cyclones, qui font ruisseler brutalement l’eau des pentes montagneuses vers les zones habitées.
La réponse ne peut donc pas se limiter à construire toujours plus de protections. Il faut renforcer les systèmes d’alerte, préserver les mangroves et les espaces naturels, restaurer les dunes et les zones capables de retenir l’eau, mais aussi repenser l’urbanisation des secteurs les plus exposés. Dans certains endroits, le déplacement progressif des populations et des activités deviendra probablement inévitable.
L’ONU souligne que les pays et populations les plus exposés sont souvent ceux qui ont le moins contribué au réchauffement climatique. Les pays en développement auraient besoin de 310 à 365 milliards de dollars par an pour financer leur adaptation, alors que les financements mondiaux n’atteignaient qu’environ 26 milliards en 2023.
La montée des océans est désormais engagée pour plusieurs générations. Pour La Réunion comme pour les autres îles, l’urgence est de ne plus considérer le littoral comme un espace sans limites : la mer monte, tandis que la montagne continuera de faire descendre l’eau.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
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