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18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Effets du réchauffement climatique
3 novembre 2004

Nous poursuivons la publication des réponses de Marc Gillet, interrogé jeudi dernier sur les ondes de KOI. Selon le directeur de l’ONERC, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère mettra des dizaines d’années à diminuer.
Le climatologue et directeur de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, Marc Gillet, explique que la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère mettra des dizaines d’années à diminuer. Il indique également qu’aujourd’hui, nous sommes confrontés à des événements climatiques qui sont les conséquences de pollution émise voici déjà plusieurs dizaines d’années.
M. Gillet, quand vous évoquez tous ces phénomènes, vous ne cherchez pas à nous faire peur ?
- Marc Gillet. Non, tout cela est très cohérent. Nous avons déjà des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ; ils mettent une centaine d’années en moyenne à s’éliminer. Cela veut dire que même si on arrêtait d’émettre du gaz carbonique aujourd’hui, la température continuerait à augmenter pendant plusieurs dizaines d’années. Cela veut dire que même si nous réduisons nos émissions malgré tout, on subit déjà les conséquences des émissions passées. Donc, les deux degrés supplémentaires d’ici la fin du siècle sont maintenant pratiquement sûrs.
Ce qui veut dire qu’on va avoir une augmentation des phénomènes extrêmes : sécheresses aggravées, inondations catastrophiques...
- Ce que l’on essaye de faire, c’est rassembler toutes les informations sur les conséquences possibles de ces bouleversements de la machine terrestre et qui portent dans tous les domaines. En septembre au Sénat, on a essayé de retenir des domaines emblématiques car on ne peut pas tout couvrir en une journée.
On a fait un point sur quelques phénomènes précis, on a regardé les questions des mouvements de terrain. Les pluies et l’humidité influencent sur le terrain et quand il s’agit de milieux argileux. En Métropole, on a des maisons qui se fissurent, c’est lié à des problèmes de sécheresses passées.
On a également évoqué les questions de feux de forêts. Le fait que le long de la Méditerranée, on devrait avoir des étés plus secs va favoriser les feux de forêts. On a observé qu’en 2003 les feux de forêts ne sont pas restés confinés dans leur région habituelle dans le Sud de la France. Ils sont montés plus au Nord, jusqu’à la Savoie.
On a parlé aussi des cyclones tropicaux, l’impact sur les bâtiments, sur les questions de tourisme et la nature.
Pour rester dans ce scénario d’une élévation de température de 2 ou 3 degrés d’ici la fin du siècle, le PDG de Météo France, Jean-Pierre Besson, précise que pour cela, en 2100, il ne faudrait pas dépasser en gaz carbonique le niveau d’avant la Révolution industrielle. Il explique que cela suppose un effort équivalent à dix fois le protocole de Kyoto.
C’est là qu’on se dit qu’on peut être pessimiste parce qu’à l’heure actuelle, le protocole de Kyoto va être ratifié par la Russie. Or, au moment où il va pouvoir entrer en vigueur, en France comme dans les autres pays industrialisés, on se préoccupe d’acheter des permis de polluer.
L’augmentation de 2 ou 3 degrés correspond au scénario optimiste dans les émissions de gaz à effet de serre. Cela suppose que la communauté internationale va réussir à limiter ses émissions. Les scientifiques sont très prudents, dans le sens où ils n’exagèrent pas dans le danger. Mais si vous prenez des scénarios plus pessimistes, alors on peut arriver à 4 ou 5 degrés d’augmentation de température, ce qui signifie un bouleversement total. On espère que cela n’arrivera pas malgré tout.
Jean-Pierre Besson pense qu’à la suite de ce réchauffement de 4 à 6 degrés, ce qui peut arriver échappe à la prévision. À la fin du siècle, la réaction en chaîne entraîne la fonte de la banquise Arctique et une partie importante de l’Antarctique. Dans les conséquences, on peut évoquer le déplacement de tous les bancs de poissons, notamment des pélagiques.
C’est un bouleversement, comme vous disiez tout à l’heure, totalement imprévisible...
- C’est vraiment le saut dans l’inconnu. On ne sait pas vraiment où on ira mais un emballement lié aux émissions deviendra incontrôlable. C’est très inquiétant.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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