Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Bras de fer entre Méteo France et François Fillon
11 décembre 2010, par

Après les embouteillages qui ont paralysé l’Ile de France, et une partie de la France, le Premier ministre François Fillon a accusé Météo France d’avoir mal anticipé les chutes de neige de mercredi 8 décembre. C’est une diversion, voici pourquoi.
L’hiver que connait la France actuellement n’est pas exceptionnel en soi. Il y a vingt ans, les Franciliens avaient connu des chutes de neige et températures similaires. Aujourd’hui, un tel évènement prend des proportions considérables, en raison du changement climatique et de ses conséquences au quotidien. Depuis la prise en compte des changements climatiques et de leur impact, de plus en plus de phénomènes extrêmes sont relatés dans la presse, que ce soit les canicules ou les grands froids.
Trop de camions
Les embouteillages subis par les habitants d’Ile de France, et du Nord de la France, sont dus aux camions, qui ont glissé sur la route, bloquant la circulation. De même, une question peut se poser : Les autorités n’auraient-elles pas dû interdire aux poids lourds de circuler durant les chutes de neige ? Et pourquoi n’avoir pas mis en œuvre des opérations massives de salage avant que ne tombe la neige pour prévenir le risque ?
Ces embouteillages monstres sont une conséquence de l’orientation ultralibérale prise par l’Union européenne, et du choix de privilégier l’automobile au ferroviaire ou au fluvial. L’ouverture du marché en Europe a conduit à un afflux du transport routier dans les villes de France. En effet, de plus en plus de camions circulent à toute heure de la nuit et du jour, et à toutes les saisons. D’autant plus que la réglementation des poids lourds diffère d’un pays à un autre. À l’ère du moins-disant social, le transport routier prend peu à peu le chemin du transport maritime avec des travailleurs payés au tarif du pays d’origine pour rouler en France. Il a suffi d’un phénomène qui était un hiver normal voici une vingtaine d’années pour tout bloquer. Ces embouteillages monstres qui ont retenu des milliers de personnes prisonnières de la route à quelques kilomètres de Paris, c’est une illustration de l’impasse d’un système.
Céline Tabou
La com’ n’arrive plus à cacher la réalité
Lors d’une conférence de presse mercredi après-midi, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a minimisé la situation : « à ce stade, il n’y a pas de pagaille ». Tentant de se défendre sur ses déclarations, le ministre rétorque qu’à l’heure où il avait prononcé ces paroles, les embouteillages n’étaient pas aussi alarmants. Préférant organiser une conférence de presse rapidement, le ministre de l’Intérieur a été mal conseillé sur les conditions de circulation des Franciliens.
Montré au créneau, Brice Hortefeux a pris la place du secrétaire d’État aux Transports, en visite à Moscou, Thierry Mariani, qui assure prendre la responsabilité des « couacs de la crise ». « Par moments, la nature est plus forte », a-t-il ajouté sur Europe 1.
Brice Hortefeux a annoncé jeudi 9 décembre « une mission d’expertise » sur les méthodes d’action des pays d’Europe occidentale face aux intempéries. De son côté, Thierry Mariani a réuni hier les services de l’État pour procéder à un « retour d’expérience » sur « l’épisode neigeux » qui a touché la région.
Nos peines
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