Raisonnons tous ensemble par objectifs et pas par instruments

8 juillet 2008

Stefano Manservisi, Directeur général du Développement et représente la Commission européenne. (photo Toniox)

Stefano Manservisi est Directeur général du Développement et représente la Commission européenne dans ce Sommet. Il a prôné en son nom « une approche régionale intégrée dans la recherche de solutions durables » et une coordination, voire une refonte des politiques sectorielles et des instruments juridiques et techniques de l’UE.
Consacrant dans son intervention une attention identique aux PTOM et aux RUP, il a évoqué le débat ouvert par le Livre Vert pour une consultation publique qui va durer jusqu’en octobre 2008, entre l’Union européenne et les Territoires d’Outre-mer.
« Solidarité sur des objectifs et partenariats » sont les maîtres mots qui doivent, selon lui, définir les relations entre l’Union européenne et ses espaces ultramarins et ultrapériphériques. « Ce sont des avant-gardes de l’Europe qui cherchent leur place dans la mondialisation. C’est un atout et pas une vulnérabilité », a dit Stefano Manservisi.
Vis-à-vis des pays ACP, le représentant de la Commission a annoncé que l’Europe soutiendrait, avec un ensemble d’outils conventionnés, « les réformes structurelles » engagées par ces pays en matière énergétique par exemple.
« Les opportunités des Régions Ultrapériphériques sont des opportunités pour l’Europe toute entière, pour toute l’Union à 27 », a-t-il dit en évoquant la place des RUP dans la définition des politiques européennes.
La défense de la biodiversité est directement liée à l’adaptation aux changements climatiques et ils nécessitent « une double approche » : d’investissement dans le futur et de choix politiques à faire en partenariat.


Zot la di

• Elie Hoarau, secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais

Ce Sommet interpelle la responsabilité des Réunionnais

Ce Sommet est un moment fondateur pour de nouveaux rapports des humains avec leur environnement et avec la Nature. Pour la prise de conscience que la sauvegarde de l’environnement et de la biodiversité, et l’avenir de l’être humain sont liés. Ces principes, affirmés depuis le Sommet de Rio, sont réaffirmés ici avec plus de force.
Et le fait que ces questions soient posées à La Réunion interpelle notre responsabilité de Réunionnais. Comment imaginer un modèle nouveau, différent, et d’autres rapports d’abord entre nous, ensuite avec notre environnement ?
Comment trouver nous-mêmes des solutions qui, peut-être, serviront aussi aux autres ? C’est notre responsabilité d’habitants d’une île qui est un territoire unique - il n’y a pas deux Réunions.
Ce qui est intéressant aussi, c’est de voir que quelques réponses à ces problèmes sont déjà apportées par La Réunion. Et plutôt que d’en tirer de l’orgueil, il vaut mieux, devant l’immensité de la tâche, rester modeste. Ces débuts de réponse aux problèmes de La Réunion - qui sont aussi les problèmes posés au monde - sont considérés par les observateurs présents dans ce Sommet et venus du monde entier, comme une approche qui pourrait les inspirer. C’est pour nous une responsabilité encore plus grande. C’est peut-être aussi une espérance de voir comment apporter notre voix au monde.
La notion d’Outre-mer européen renvoie à une thèse que nous avons toujours défendue, selon laquelle l’Outre-mer est un atout - et non une charge - pour la France et pour l’Europe. La globalisation des problèmes et le fait que la planète est un monde fini vont accélérer cette prise de conscience et la reconnaissance de nos atouts.
Et enfin, une dernière chose : je pense qu’il y a une nécessité urgente, pour les Réunionnais, à sortir des débats politiciens.
Nos grands projets doivent être placés dans une réponse aux soucis globaux, qui sont ceux de La Réunion mais aussi ceux du monde, et pas dans des visées politiciennes mesquines, de bas étage. Le tram-train, qui apporte une réponse globale aux problèmes de déplacement, ou encore la MCUR, qui s’inscrit comme une réponse à nos cheminements de construction identitaire multiple, méritent un autre traitement que ce qu’on en voit trop souvent dans la presse. Ce ne sont pas des “projets pharaoniques”, mais des réponses concertées et adaptées à la complexité des problèmes qui se posent à nous pour le présent et pour l’avenir. Si nous voulons anticiper et nous projeter dans La Réunion de demain, il faut sortir du cloche merle et des mesquineries.

• Alain Lipietz, député européen Verts/Alliance libre européenne

Un banc d’épreuve des réactions de l’humanité aux défis actuels

Président de l’Intergroupe pour le développement durable et les échanges auprès du Parlement européen, le député vert s’est dit frappé de voir qu’avec ce premier événement officiel de la présidence française de l’Union européenne, « on commence par les îles ». « Les îles seront les premières victimes des catastrophes du 21ème siècle. Elles sont à l’avant-garde de ce qui va être touché - et parfois avec une extrême violence, comme on l’a déjà vu - par les changements climatiques et par les pertes de biodiversité.
En même temps, l’Outre-mer est un lieu possible de réponse aux questions qui se posent partout. Par exemple, préparer l’autonomie énergétique, sans pétrole, y est plus facile. L’Outre-mer est le banc d’épreuve des réactions de l’humanité devant les défis actuels. L’autonomie énergétique est quelque chose de tout à fait possible pour La Réunion. Et la circulation automobile catastrophique - déjà célèbre partout - a aussi trouvé une réponse adaptée.
Quantité de projets peuvent être exemplaires pour les autres îles. Toutes les technologies déjà connues sont par excellence applicables à cette île - je pense aux usages possibles de la canne à sucre pour les biocarburants dans le cadre de la réforme sucrière. Les Verts ont demandé le moratoire sur les biocarburants et nous pensons que détourner du blé ou du maïs pour faire du carburant est un choix criminel. Mais la problématique est différente avec la canne à sucre. D’autres part, avec le solaire, La Réunion a aussi la possibilité de se tourner vers d’autres pistes, dans le domaine des énergies renouvelables - l’éolien, le géothermique, la thermique des mers, la houle... et toutes les technologies en cours ou en recherche ».

• Adam Hamadi, coordonnateur national pour les Comores

Des complémentarités pour les EnR...

Venue des Comores, la ministre de l’Agriculture et de la Pêche, de l’Environnement et de l’Artisanat, Mme Sitti Kassim, est accompagnée de Adam Hamadi, coordonnateur national, aux Comores, pour le programme “Small ground” du PMF-PNUD-FEM qui réunit 125 pays.
Dans ce Sommet, le coordonnateur national pour les Comores indique qu’il est particulièrement intéressé par les ateliers et les rencontres qui vont traiter des pertes de la biodiversité, des mécanismes financiers des aides et de la place de la société civile dans la protection de la biodiversité. « Aux Comores, 90% de la population vit dans les zones côtières et nous assistons au phénomène de blanchiment des coraux. Ici, nous serons très attentifs à la problématique des EnR et des complémentarités entre nos îles. Pour nous, se pose la question du coût de ces technologies », a déclaré Adam Hamadi.

Climat et biodiversité

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Témoignages - 82e année


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