Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Un environnement bouleversé, des mégapoles rayées de la carte, qui peut croire que La Réunion sera épargnée ?
10 novembre 2015

Des centaines de millions de réfugiés climatiques et des infrastructures à relocaliser à l’intérieur des terres : voilà la perspective rappelée par le dernier rapport de Climate Central, même si la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre est contenue à 2 degrés. Le scénario le plus optimiste annonce une montée du niveau de la mer de 5 mètres. Tout est donc à revoir à La Réunion dès maintenant. La priorité des investissements doit aller à la protection de la population, pas dans le gaspillage pour une route en mer qui n’est pas prévue pour affronter ce changement.
L’Europe vit aujourd’hui une augmentation du nombre des immigrants. Les extrémistes de droite en profitent pour tenter une récupération politique au moment où la crise économique s’aggrave. Cela a eu des conséquences notamment lors des dernières élections en Pologne, avec comme résultat la disparition des députés progressistes de l’Assemblée.
Outre le fait que par rapport à d’autres pays, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique, cette hausse est relativement limitée, ce phénomène de migration n’est rien à côté de ce qui attend le monde dans quelques décennies avec la montée inexorable du niveau de la mer.
Climate Central a publié ce lundi 9 novembre un rapport édifiant. Le but affiché de la conférence de Paris est de limiter la hausse de la température moyenne de la surface de la Terre de 2 degrés de plus qu’à l’époque préindustrielle. Il sera très difficile d’arriver à un accord aussi ambitieux, car les Plans climat des pays participants à la COP21 annonce une augmentation de plus de 2 degrés.
Néanmoins, si jamais l’objectif de la COP21 était atteint, le niveau de la mer pourrait monter de 4,7 mètres, ce qui obligerait 280 millions de personnes à émigrer.
Climate Central envisage un autre scénario, celui d’une hausse de 4 degrés de la température moyenne. Dans ce cas, l’océan montera de 8,9 mètres. 627 millions de personnes ne pourront plus vivre chez eux.
Des pays sont plus menacés que d’autres. 145 millions de Chinois devraient déménager si la température montait de 4 degrés, soit 11 % de la population.
D’autres États risquent d’être totalement désorganisés, et ce ne sont pas des îles. 52 % de la population du Vietnam sera touchée, 32 % de celle du Bangladesh, 27 % des Japonais, 10 % des Britanniques, 8 % des habitants des États-Unis et de l’Italie verront leur foyer submergé par les eaux.
Ces changements vont fragiliser des pays qui sont aujourd’hui de grandes puissances. C’est l’équilibre du monde qui pourra en être bouleversé, avec des déplacements de population sans précédent dans l’histoire du monde, au moment où ce dernier atteindra son pic démographique.
À l’intérieur des États, des villes sont particulièrement menacées. 76 % des habitants de Shanghai devront quitter leur maison, 60 % de ceux d’Hanoi et même 30 % de ceux de Tokyo, et 23 % de ceux de New York.
Pour donner une illustration concrète de ce phénomène, Climate Central a diffusé des photomontages simulant la montée du niveau de la mer dans plusieurs villes. Ainsi Shanghai est transformée en un lit de rivière, tandis que Wall Street à New York n’est plus une rue mais un canal.
Le scénario le plus optimiste annonce une montée du niveau de la mer de 5 mètres. Tout est donc à revoir à La Réunion dès maintenant. La priorité des investissements doit aller à la protection de la population, pas dans le gaspillage pour une route en mer qui n’est pas prévue pour affronter ce changement.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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