Les questions du temps présent
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Le mouvement social mobilisé pour un contenu progressiste à la marche vers 100 % énergies renouvelables
16 novembre 2017, par

100 % énergies renouvelables dans les pays riches en 2030, et en 2050 pour les autres pays, c’est l’engagement demandé aux chefs d’État et de gouvernement à la COP23 par Reclaim Power, une fédération internationale d’ONG. Reclaim Power met en avant les mouvements revendicatifs qui essaiment dans le monde portés par les syndicats et la société civile pour l’abandon du charbon, du pétrole et du gaz le plus rapidement possible.
Cela suppose notamment l’interdiction de l’exploitation des mines de charbon, du pétrole de schiste et l’interdiction de tout projet dangereux pour l’environnement.
Reclaim Power tenait mardi une conférence de presse pour présenter les 8 engagements que cette fédération d’ONG attend des gouvernements d’ici la fin de l’année pour maintenir la hausse de la température moyenne de la Terre en dessous de 1,5 degré.
Reclaim Power est une organisation qui fédère les mobilisations du mouvement social pour demander la fin de l’exploitation des énergies fossiles, l’accès à tous à l’énergie ainsi que le développement d’une nouvelle civilisation basée sur le progrès social.
Sarah Strack constate que des progrès ont été accomplis ces dernières années. Malgré tout, plus de 2 milliards de personnes n’ont pas un accès sûr à l’énergie actuellement. De plus, les impacts désastreux du changement climatique accentuent les inégalités et poussent à la pauvreté.
Ces organisations estiment que notre époque est celle de la transition vers 100 % d’énergies renouvelables. Il est donc nécessaire que la volonté politique soit mobilisée pour atteindre cet objectif. Cela oblige à un geste fort pour changer de système énergétique. Reclaim Power place les peuples au coeur de ce changement.
Cette transition doit se faire le plus vite possible, faute de quoi, il sera impossible d’atteindre les objectifs du développement durable, souligne Sarah Strack, ,d’où ces échéances : 100 % énergies renouvelables au plus tard en 2030 dans les pays développés, et dès que possible et avant 2050 pour les autres États.
Dipti Bhatnagar rappelle que 1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité. Pendant ce temps, les énergies fossiles doivent rester sous terre. « Nous avons donc besoin de moyens financiers, il faut que les pays développés paient la dette climatique et financent les actions dans les pays en voie de développement ».
Ainsi il sera possible de permettre à chacun d’accéder à l’énergie tout en préservant l’environnement, souligne-t-elle, car l’impact du changement climatique se fait déjà ressentir.
Cette bataille se fait en relation avec les syndicats. Ces derniers combattent pour les droits des travailleurs, et cela passe aussi par une planète où il est possible de vivre dignement. En effet, la marche vers 100 % énergies renouvelables ne doit pas laisser de côté les travailleurs qui ont un emploi dans l’exploitation des énergies fossiles, dans les centrales thermiques ou les stations services. C’est cet aspect de la transition énergétique qui relève de la lutte syndicale : se battre pour que les travailleurs puissent avoir droit à de nouveaux emplois.
Reclaim Power demande également un moratoire international pour tout nouveau projet lié au charbon au plus tard en janvier 2019. Il réclame également le banissement de la fracturation hydraulique pour tirer du pétrole du schiste, ainsi qu’un moratoire pour tout permis d’exploitation de pétrole.
Une autre revendication porte sur l’abandon de projets énergétiques surdimensionnés tels que la mine de charbon de Carmichael en Australie, le forage offshore des Lofoten en Norvège, le pipeline du Dakota aux États-Unis, les méga-barrages de Rosita et Chepete en Bolivie, l’exploitation de gaz en mer au Mozambique ainsi que du pétrole de schiste dans la zone aquifère de Guarani en Amérique du Sud.
Reclaim Power demande aux gouvernements un engagement à une suppression des subventions publiques versées à l’industrie pétrolière par les pays développés et les institutions financières internationales d’ici 2020, et par les pays en voie de développement d’ici 2025.
Les organisations appellent les gouvernements à retirer l’année prochaine tout financement public aux centrales thermiques brûlant des végétaux, à la production d’agrocarburant (éthanol), aux méga-barrages ainsi qu’aux incinérateurs.
Enfin, Reclaim Power veulent que les États adoptent une législation bannissant les conflits d’intérêts, pour que les entreprises qui tirent profit des énergies fossiles ne soient plus impliquées dans les négociations internationales et nationales sur la politique du climat. Le message est clair : stop au greenwashing, une méthode utilisée par des monopoles qui tentent de se refaire une virginité en misant sur les énergies renouvelables pour maintenir leur domination sur la population
M.M.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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