MEDEF Réunion : projet réunionnais centre du débat de la présidentielle à La Réunion
3 septembre, parUn manifeste construit à La Réunion
Pourquoi ne pas envisager un plan d’équipement s’inspirant de la diffusion des chauffe-eau solaires ?
8 novembre 2023, par

Les fortes pluies de la semaine dernière sont une période d’accalmie dans la sécheresse qui devient la norme à La Réunion. Sur la quantité d’eau qui est tombée, une grande partie est perdue car elle a ruisselé jusque la mer. Une généralisation des récupérateurs d’eau de pluie permettra de profiter pleinement de cette ressource qui tombe du ciel.
En fin de semaine dernière, La Réunion a connu un épisode de fortes pluies. Mais ceci n’est pas suffisant pour compenser un déficit en eau causé par la persistance de la sécheresse. C’est ce qu’a indiqué en substance le directeur de l’Office de l’eau à Réunion Première. Il a précisé que depuis 2010, La Réunion a connu 8 années déficitaires.
Cette information rappelle que le changement climatique est une réalité à La Réunion. La sécheresse devient la norme. Ces pluies ont permis de soulager temporairement la situation. Mais elles ne remettent pas en cause la tendance. L’eau est une ressource encore plus précieuse qu’avant.
Il est donc important que la récupération de l’eau de pluie et son stockage deviennent une priorité.
Notre île est en effet confrontée au phénomène de l’artificialisation des sols. En termes d’habitat, la référence reste la maison individuelle. Ceci favorise l’étalement urbain. Le bétonnage des cours n’est pas la seule conséquence. Des routes sont construites. En termes de commerce, l’hypermarché en périphérie est le modèle dominant. Ces centres commerciaux sont souvent construits sur d’anciennes terres agricoles, avec à chaque fois plusieurs hectares de parkings bitumés. Il est difficile d’avoir la même qualité d’absorption qu’avec un sol en friche ou cultivé.
Par conséquent, au lieu de s’infiltrer, l’eau ruisselle. Il suffit de constater qu’à chaque épisode de fortes pluies, des routes se transforment en ruisseaux. Cette eau ne fait que passer avant d’aller dans la mer.
Dans d’autres pays tropicaux, la récupération de l’eau de pluie est beaucoup plus répandue qu’à La Réunion. Dans notre île, une initiative de Dioneo à Saint-Denis propose des bons d’achat pour s’équiper à moindre coût. Néanmoins, les recommandations de l’utilisation de l’eau de pluie sont assez surprenantes. A part l’arrosage du jardin et le lavage des voitures, son utilisation est proscrite pour les autres usages. Ainsi, il est écrit que l’eau de pluie pour le lavage des sols de l’intérieur de la maison, ou pour la chasse d’eau des toilettes pose un problème sur un plan sanitaire.
Or, avec la persistance de la sécheresse, s’il est possible d’éviter d’utiliser de l’eau potable pour ces usages, pourquoi ne pas au contraire les encourager ? Si se doucher avec l’eau de pluie pose un problème sanitaire, alors pourquoi ce problème sanitaire n’existe-t-il pas pour aller se baigner dans la mer ? N’est-ce pas là une illustration des limites d’un système où l’eau est devenue une marchandise ? Car l’eau de pluie est gratuite. Elle ne passe pas par un compteur, et donc la société qui distribue l’eau potable n’en tire aucun bénéfice.
Afin d’éviter que le changement climatique amène une crise de l’eau durable à La Réunion, il est donc nécessaire de revoir le mode de consommation de cette ressource. Outre une forte diminution du gaspillage de l’eau potable, le développement durable passe par l’utilisation maximale de l’eau de pluie : WC, lavage des sols et des voitures, arrosage des plantes sont des usages évidents.
Pourquoi alors ne pas profiter du fort taux de maisons individuelles pour généraliser les récupérateurs d’eau de pluie ? Avec le plan 100.000 chauffe-eau solaires, La Réunion a pu avoir un taux d’équipement important pour bénéficier du soleil, une énergie gratuite. La récupération de l’eau de pluie peut bénéficier d’une même attention.
M.M.
Un manifeste construit à La Réunion
Mézami zot i koné laba dann bannzil Caraïbe néna in pti zil i apèl Bonaire é pti zil la l’apré lité pou défann son lanvironeman. Mèm étan koloni (…)
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