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4 juin, parNos peines
Le Québec et l’adaptation aux changements climatiques
23 mars 2006

Dans un article paru sur son site le 21 mars dernier, “le Journal de Montréal” décrit un impact du changement climatique : la baisse du débit du fleuve Saint-Laurent. Ce phénomène va nécessiter d’importants travaux. Pour s’adapter, les Québécois ont quelques décennies devant eux.
La baisse prévue du niveau des Grands Lacs, sous l’effet des changements climatiques, aura un impact "catastrophique" sur le fleuve Saint-Laurent, préviennent des scientifiques canadiens et américains.
Le niveau des Grands Lacs risque de baisser d’au moins un mètre d’ici 30 à 50 ans, estiment les experts.
20 à 40% de débit en moins
Si ça se produit, le débit d’eau diminuera de 20% à 40% dans la voie maritime du Saint-Laurent, a précisé hier Gail Krantzberg, directrice du Centre d’ingénierie et de politiques publiques de l’Université McMaster, à Hamilton.
"Il faudra s’adapter. Ça ne sera pas facile. Il s’agit d’un défi considérable pour nos décideurs politiques", a indiqué Mme Krantzberg, qui surveille de près l’évolution des Grands Lacs depuis plus de deux décennies.
La scientifique a fait cette mise en garde lors d’un colloque sur les Grands Lacs qui regroupait des spécialistes canadiens et américains, à Windsor en Ontario. Des deux côtés de la frontière, on s’entend pour dire que la précieuse eau des Grands Lacs risque de donner lieu à une bataille féroce entre le Canada et les États-Unis.
Eau potable et transports
Le faible débit du fleuve rend déjà difficile l’approvisionnement de dizaines de municipalités qui puisent leur eau potable dans le Saint-Laurent ou dans la rivière des Mille-Îles, notamment. Plus de 3 millions de Québécois dépendent ainsi du fleuve pour s’approvisionner en eau.
Plus l’eau est basse, moins elle est de qualité. Plus elle coûte cher à traiter. Elle devient parfois même impropre à la consommation, comme l’été dernier dans plusieurs villes de la couronne Nord de Montréal, dont Laval, Rosemère et Boisbriand.
Le manque d’eau donne aussi des maux de tête aux gestionnaires du port de Montréal et aux responsables du transport dans la voie maritime.
Tout ça ne peut qu’empirer, prévient Gail Krantzberg. Le transport par bateau coûtera de 5% à 40% plus cher, selon elle, parce qu’il faudra diminuer la charge des navires ou même creuser la voie maritime, un projet controversé qui fait craindre le pire aux groupes écologistes.
Le niveau des Grands Lacs baissera sans doute pour plusieurs raisons, a expliqué la scientifique. Il fera plus chaud. Il y aura donc plus d’évaporation, surtout l’hiver. Les précipitations risquent aussi de diminuer, tant sous forme de neige que de pluie.
Déplacements de virus et de population
Les Îles-de-la-Madeleine, au Québec, pourraient subir les effets désastreux du réchauffement de la planète d’ici 100 ans, estime le directeur général de Greenpeace Québec, Steven Guilbeault, cité par le journal canadien “Le Soleil”.
"Le niveau de l’eau des océans a grimpé de 25 centimètres depuis 100 ans, a-t-il expliqué hier devant une centaine d’étudiants de l’Université Laval, à Québec. Mais cette hausse est surtout survenue dans la dernière partie du siècle. Et si la tendance se maintient, elle pourrait atteindre 50 à 90 centimètres dans les 100 prochaines années."
D’où des conséquences dramatiques : "Compte tenu du fait que 70 % de la population humaine vit dans les régions côtières, dit-il, la hausse du niveau de l’eau fera disparaître plusieurs pays dans un avenir de plus ou moins 300 ans", écrit “le Soleil”.
Steven Guilbeault note également que "l’érosion graduelle de la barrière climatique que constitue l’hiver entraînera par ailleurs des épidémies infectieuses qui pourraient toucher des centaines de millions de personnes (...) Des virus et des moustiques infectieux qui n’arrivaient pas jusqu’ici à monter au nord finiront par y arriver massivement avec le réchauffement de la planète".
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