Education-Formation

125 jeunes Réunionnais partent se former au Québec à la rentrée, et demain ?

Un tremplin pour la jeunesse

Témoignages.re / 1er août 2008

Près de 1000 Réunionnais sont allés se former au Québec depuis 2003. Cette année encore, l’opportunité a pu être saisie par 125 jeunes. Ils partent le mois prochain pour trois ans d’études dans des domaines aussi variés que le social, la santé, le multimédia, les biotechnologies, l’éducation spécialisée, l’architecture, avec au bout certainement des propositions d’emploi. Mais cette chance sera t-elle maintenue pour les milliers d’autres jeunes ? Toutes les volontés doivent se mobiliser en ce sens.

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(Photo EP)

Roxane a 21 ans. Un bac Sciences médico-sociale en poche, elle s’envolera vers le Québec le 13 août. Direction le Cegep de Cherbroock pour une formation de trois ans en "technique de travail social". « Je veux devenir assistante sociale. J’ai déjà un peu d’expérience au Canada, j’y suis allée en vacances à deux reprises. J’aime beaucoup les paysages, le vie dynamique qu’il y a là-bas. Je souhaite rester y travailler », conclut la jeune fille. Tous n’ont pas une idée aussi précise de leur avenir mais comme Roxane, 124 jeunes Réunionnais ont choisi de suivre une formation au Québec à la rentrée. Carole et Elodie partent toutes les deux au Cégep de Thetford pour se former aux soins infirmiers. « Nous avons passé le concours d’infirmière ici, sans succès », précise l’une d’elles. Thomas, un bac L option arts plastiques en poche, va s’orienter vers des études en infographie, animation 3D au Cégep de Matane. « Son meilleur ami est déjà là-bas et son cousin vient de terminer 3 ans de formation. Il y a trouvé du travail », confie la maman du jeune homme. Ophélie, la petite amie de Thomas, a choisi pour sa part des études de sciences humaines à l’université pour devenir anthropologue.

Mobiliser les volontés pour l’année prochaine

Paul Vergès l’a souligné, le Québec a besoin de jeunes pour occuper des emplois pour les 20 années à venir. « A la Réunion nous avons 5% de croissance, 3500 emplois crées par an, mais 7600 reçus au bac », rappelle Paul Vergès. Ce départ peut donc être un véritable tremplin pour les jeunes Réunionnais. C’est pourquoi la Région et l’ANT n’hésite pas à faire "un effort considérable". C’est un budget annuel de près de 12 millions d’euros attribué à la mobilité, « un investissement dans la jeunesse » pour le Président de la Région. Grâce à la mobilisation des familles et de la collectivité, les crédits de l’Etat, menacés de diminution, ont pu être maintenus cette année. Mais pour 2009, rien n’est gagné. « Il faut mobiliser les volontés pour que l’année prochaine on puisse faire la même chose », a déclaré le Président de la Région.
Billet d’avion pris en charge, prime d’installation, bourse de 700 euros mensuelle pendant la durée de formation, les jeunes bénéficient d’un réél soutien financier, et une chargée de mission de la Région les accueille au Québec. Pour Salim Omarjee, du service d’aide individuelle à la direction de l’éducation et de la mobilité de la Région, ces formations au Québec ont l’avantage de s’adresser à un public large. « Elles s’adressent à ceux qui ont un niveau bac ou bac pro mais aussi à ceux qui peuvent être en rupture scolaire, ou aux demandeurs d’emploi ». Près de 500 Réunionnais suivent actuellement des formations en Cégep ou à l’université, un millier depuis 2003. Certains sont revenus à la Réunion, d’autres s’y ont installé et ont fondé une famille. A chacun de faire son choix de vie. Mais « nous avons tous l’espoir de vous revoir ici avec un métier et pour le développement de notre île », leur a déclaré Paul Vergès. Et si la non reconnaissance des diplômes québécois en France suffisait à freiner quelques jeunes dans leur projet de mobilité, ce problème est en passe d’être résolu. Un accord a été signé entre les deux pays.

Edith Poulbassia