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Parcoursup : symbole d’une politique de régression sociale

L’avenir des futurs étudiants confié à un algorithme peu transparent

mercredi 20 mars 2024, par Manuel Marchal


L’accès à l’enseignement supérieur est une garantie offerte par l’obtention du baccalauréat. Mais à quelques mois de l’examen, l’orientation des futurs étudiants est gérée par les algorithmes d’une plateforme numérique, Parcoursup. Cette méthode illustre une politique de régression : diminuer les moyens humains dans l’Education nationale et l’enseignement supérieur afin de limiter les possibilités d’évolution sociale. Pour la CGT’Education, « on se cache derrière des plateformes, des outils, pour ne jamais mettre la main à la pâte ».


Dans quelques mois auront lieu les examens dans l’Education nationale, notamment le bac. Mais c’est bien avant cette échéance que les futurs étudiants doivent entreprendre les démarches pour obtenir une place dans l’enseignement supérieur, en passant obligatoirement par une plateforme numérique si l’établissement convoité est sur le territoire de la République. Cette plateforme s’appelle Parcoursup. Mais chaque année, des jeunes restent sur le bord du chemin alors que le bac leur offre pourtant de droit l’accès à l’université. Le baccalauréat est en effet le premier grade universitaire.

Parcoursup créé de l’exclusion

Rémi Reynaud, secrétaire national à la CGT Éduc’action, dans l’Humanité du 6 mars, réagissait à des préconisations d’un rapport publié le 4 mars visant à améliorer l’efficacité de Parcoursup,
Selon le responsable de la CGT’Education, Parcoursup est « un système opaque (...) qui participe à la création d’une véritable jungle, où les familles se perdent ». Pour le syndicat, « il faudrait à la place une grille nationale commune à tous les établissements qui permettrait d’établir un même niveau de transparence. Ce rapport se garde par ailleurs de questionner le fond du problème : à savoir les effets profondément destructeurs engendrés par l’existence même de cette plateforme ».
Loin de simplifier l’orientation, cette « jungle » produit des drames : « des élèves désemparés sont conduits à aller chercher là où ils peuvent, c’est-à-dire dans les formations privées, parfois hors contrat avec l’État, qui s’embarrassent peu de l’exigence de qualité. Le gouvernement, dont on connaît les accointances avec le secteur privé, s’est montré favorable au développement de ces formations. C’est, à ses yeux, sinon un objectif, du moins une aubaine, qui lui offre la possibilité de régler à peu de frais le problème des exclus de Parcoursup ».

Des moyens humains plutôt qu’exclusivement une plateforme numérique

La CGT’Education rappelle que Parcoursup fait partie d’une politique de casse sociale qui vise les classes populaires. « On a mis en place tout un système qui a affaibli le secteur public, en réduisant ses moyens, tout en valorisant, de façon non concertée, les formations privées, notamment dans le domaine de l’apprentissage. Pour finir par pointer l’inefficacité du public face au privé. On marche sur la tête ».
Pour que l’orientation des futurs étudiants soit améliorée, alors des réformes sont nécessaires : « cela passe aussi par la fin de Parcoursup, qui incarne la sélection par l’échec. Il existait des dispositifs permettant un appareillement entre le lycée et le supérieur. Ils méritaient certes des améliorations. Encore eût-il fallu y mettre des moyens, notamment humains, avec des conseillers d’orientation, des psychologues… On se cache derrière des plateformes, des outils, pour ne jamais mettre la main à la pâte ».

M.M.


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