Parents d’élèves et rapport Thélot

Concevoir l’école de demain avec les parents

15 octobre 2004

Les associations de parents d’élèves de La Réunion (PEEP et FCPE) s’estiment relativement satisfaites du rapport Thélot. Reste à faire en sorte que ces mesures, pour la plupart déjà préconisées en 1989, soient enfin appliquées, et que la concertation la plus large se poursuive.

Définir un socle commun pour l’apprentissage des acquis fondamentaux, c’est une très bonne chose. C’est pour cela que le rapport Thélot (préalable à la loi d’orientation sur l’école) satisfait Agnès Kholer, présidente de l’association locale PEEP (Parents d’élèves de l’enseignement public) : "C’est très porteur pour l’enfant qui avance en fonction de ses capacités, sans condition de temps. L’école doit s’adapter à chaque enfant et non l’inverse, c’est de sa responsabilité".
Jean-Jacques Gilbert, nouvellement désigné à la présidence de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), réaffirme que cette mesure, déjà énoncée en 1989, est "très positive", à condition que le socle commun soit bien "un tremplin pour la poursuite des études, un plancher plus qu’un sommet à atteindre".

3-5 ans, "âge de sociabilisation"

Si la PEEP ne conteste pas l’âge obligatoire de scolarisation à 5 ans, la FCPE a toujours prôné une entrée dans le système scolaire dès 3 ans. "C’est un âge de sociabilisation très important pour l’enfant, et qui permet aux mères de famille de réintégrer la vie professionnelle", précise Jean-Jacques Gilbert, rappelant que les linguistes confirment que la structuration de la langue acquise se fait entre 3 et 5 ans.
Là ou les avis sont partagés entre les deux associations, c’est lorsque le rapport mentionne que les enseignants auront à rester plus longtemps dans l’enceinte de l’établissement pour assurer le soutien scolaire, le suivi des élèves, etc.
La PEEP estime que la présence d’un adulte référent est fondamental pour l’élève, d’autant que le constat d’échec scolaire dans l’académie appelle des mesures particulières. Pour la FCPE, le système scolaire manque de moyens. "L’État doit répondre par les moyens appropriés aussi bien en personnels enseignants, administratifs, techniques, d’encadrement, et en matériel. Il ne nous appartient pas de juger, mais nous demandons que nos enfants aient les moyens de travailler dans de bonnes conditions".

Valoriser les filières professionnelles

Agnès Kholer se félicite également de la place accordée à l’apprentissage des langues, que le rapport Thélot n’envisage plus comme des options, mais bien comme des fondamentaux, au même titre que les mathématiques ou le français.
Pour Jean-Jacques Gilbert, "si l’on se réfère à notre situation géographique, avec la coopération régionale, notre environnement océan Indien, sans oublier notre appartenance à l’Europe, l’apport d’une langue internationale de communication est très intéressant dans une double perspective : celle d’être un Réunionnais européen et un Réunionnais bien inséré dans sa région, compris de tous".
Élaborer des projets d’orientation dès le collège et permettre aux élèves de se familiariser avec le monde du travail par le biais de l’alternance, voilà qui témoigne, selon la présidente de la PEEP, de la volonté de l’école d’une plus grande ouverture vers l’extérieur.
"Revaloriser le lycée professionnel est un défi majeur. On peut réussir dans la vie sans avoir forcément le bac et je pense que 100% des élèves doivent quitter le système éducatif avec une qualification, quelle qu’elle soit".

"On a besoin de l’avis des parents"

Sur ces points, le président de la FCPE rejoint la PEEP, précisant qu’il n’est pas normal que les dits bons élèves soient orientés en priorité dans des cursus généraux, et les dits moins bons, automatiquement dirigés vers l’enseignement professionnel.
"Depuis longtemps, la FCPE souhaite une valorisation des filières professionnelles et d’alternance. Ce n’est pas normal d’imposer une orientation aux élèves contre leur volonté, sous prétexte qu’ils sont plus ou moins performants, comme cela se fait encore. Sur ce point, les parents doivent aussi affirmer leur souhait en accord avec leurs enfants".

Agnès Kholer estime que les parents d’élèves doivent s’impliquer davantage dans la vie éducative de leurs enfants. "Les parents sont les premiers éducateurs et l’on a besoin de leur avis pour avancer, pour travailler ensemble en ouvrant les tables et ainsi mieux contrôler les dérives de notre système scolaire".
Elle veut croire en une école qui offrirait l’égalité de traitements et de chances. "Comme toujours, on espère que les textes seront appliqués dans ce sens, et qu’une large concertation va se poursuivre, car le sujet n’est pas clos".

Clarifier quelques notions

Jean-Jacques Gilbert rejoint cette analyse et souhaite que la reconnaissance de la place des parents au sein des établissements, déjà suggérée en 1989, soit confirmée et respectée, pour resserrer le lien de cohésion sociale qui s’exprime au-delà des enceintes scolaires. Il souhaite également que certains autres points du rapport soient précisés, comme la clarification entre les notions d’acquis obligatoires, fondamentaux et optionnels.

Estéfany


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus