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3 septembre, parUn manifeste construit à La Réunion
Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale, en visite à La Réunion pour la rentrée scolaire 2023
16 août 2023, par

A La Réunion, la langue maternelle n’est pas la langue d’enseignement. Ceci contribue à l’échec scolaire et à l’illettrisme. C’est aussi un fait qui favorise la perte de la langue maternelle, car des parents créolophones ne parlent qu’en français à leurs enfants. La logique veut que le créole devienne une langue d’enseignement à La Réunion sans obligation afin de ne pas pénaliser les élèves francophones. Ainsi l’égalité des chances progressera dans l’école de la République à La Réunion.
Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale commence aujourd’hui sa visite officielle en arrivant le jour de la rentrée des personnels travaillant dans un établissement scolaire à La Réunion. A ces près de 25.000 personnes s’ajouteront le 17 août près de 225.000 élèves des écoles, collèges et lycées. C’est donc plus du quart de la population de La Réunion qui travaille ou étudie dans un établissement scolaire.
Le système éducatif à La Réunion est le même qu’en France. Cela signifie que la langue d’enseignement reconnue est le français. Or à la différence de la France, le français n’est pas la langue maternelle de la grande majorité de la population. Ici, c’est le créole qui est parlé. Concrètement, pour la plupart des Réunionnais arrivant à l’école, le français est donc une langue étrangère, mais elle n’est pas enseignée en tant que telle dans l’Éducation nationale.
Difficile de croire que cette situation n’est pas en partie responsable de l’échec scolaire et d’une donnée qui paraît incroyable pour nos voisins de l’océan Indien : à La Réunion, département français, environ une personne sur sept est illettrée après avoir passé au moins 10 ans dans le système éducatif d’un des pays les plus riches du monde.
Une autre conséquence de la marginalisation du créole dans l’Education nationale est le risque de voir sa pratique reculer. En effet, des parents créolophones ne parlent qu’en français à leurs enfants. Ils pensent que la réussite passe par le français et l’oubli du créole. Mais que serait La Réunion si son peuple ne parlerait plus la langue réunionnaise ?
L’espoir réside dans l’adoption d’une loi permettant l’enseignement dit immersif en langue régionale. Le texte a été rejeté par le Conseil constitutionnel. Il serait donc important qu’il soit représenté avec un contenu rendant impossible sa censure par la haute juridiction.
Il ne s’agit pas là d’imposer, l’enseignement en créole serait un choix et non une obligation. Ceci permettrait de ne pas pénaliser les élèves francophones. Ainsi l’égalité des chances progressera dans l’école de la République à La Réunion.
M.M.
Un manifeste construit à La Réunion
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