Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Pour mettre fin à un problème qui revient tous les ans
8 août 2023, par

A La Réunion, quand il a fallu garantir le droit à l’école gratuite pour tous, l’État a dérogé au droit commun : il a recruté des instituteurs ayant le BEPC plutôt que le Bac. Personne ne s’est plaint de cette dérogation qui a permis de former des générations de Réunionnais. Le recrutement régional existe déjà pour les professeurs des écoles, pourquoi ne pas l’expérimenter pour les enseignants des collèges et des lycées ? Une telle proposition mettrait fin aux drames vécus par les lauréats du CAPES qui sont mutés en France contre leur volonté.
Avant chaque rentrée scolaire, un même problème se pose à La Réunion. Des lauréats du concours de recrutement de professeurs de l’Éducation nationale sont affectés en France. Or, beaucoup d’entre eux ont déjà commencé à construire leur vie dans notre île, ils ont un conjoint, des enfants. Comme ils ne sont pas encore titulaires mais stagiaires, ils ne peuvent bénéficier du bonus de 1000 points sur leur barème. Ces 1000 points correspondent à plus de 20 ans d’enseignement dans une zone prioritaire et garantit donc quasiment une affectation à La Réunion.
L’application stricte du droit commun est à l’origine de cette situation. Le concours de recrutement est national, donc un lauréat peut être nommé dans n’importe quelle région, y compris à 10000 kilomètres de ses centres d’intérêts moraux et matériels.
A La Réunion, les besoins dans l’enseignement sont très importants. Alors que notre île est un département français depuis plus de 75 ans, plus de 120000 Réunionnais sont illettrés sur une population de moins de 900000 habitants. Ils ont pourtant été à l’école plus de 10 ans, au moins jusqu’au collège. Cela signifie qu’à partir du collège, les lacunes du primaire se sont amplifiées et ont conduit à l’échec scolaire.
Notre île compte de nombreux jeunes qui souhaitent devenir enseignants. Mais le risque de l’exil en France est un obstacle aux vocations.
Pourtant, dans le passé, le droit commun n’était pas appliqué dans l’Education nationale au profit d’une politique de recrutement spécifique à La Réunion.
En effet, pour que l’école gratuite soit possible pour tous les jeunes Réunionnais, l’État a massivement recruté des instituteurs qui avaient le BEPC. En France, pour entrer à l’Ecole normale, le baccalauréat était obligatoire. Ces instituteurs ont formé des générations de Réunionnais.
Dans notre île, les besoins sont importants et il existe un potentiel également important de jeunes pour y répondre. Dans ces conditions, pourquoi ne pas expérimenter un recrutement régional des professeurs du second degré ?
Cette proposition est défendue de longue date par le PCR. Elle s’appuie notamment sur le précédent réussi du recrutement des instituteurs au niveau BEPC. Elle a également le mérite de répondre à un autre problème : prendre en compte la langue maternelle des Réunionnais dans le système éducatif. Un enseignant créolophone pourra mieux communiquer avec un élève réunionnais qui ne vit pas dans une famille francophone.
M.M.
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Le 1er juin, le Sénat a adopté le Projet de Loi de Régulation de l’enseignement supérieur privé lucratif. Ce débat aurait pu être l’occasion de (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture