Alignement du début des épreuves sur l’heure de Paris

Horaires des examens du bac et du brevet à La Réunion : Mettre fin à une absurdité assimilationniste

27 juin, par Manuel Marchal

L’alignement des examens de La Réunion sur les horaires de Paris pénalise les élèves. Bac à 10 heures, brevet à 11 heures : les candidats composent pendant la pause déjeuner, au détriment de leurs performances. Pourtant, aux Antilles comme dans les lycées français à l’étranger, les épreuves se déroulent à l’heure locale. Ce fanatisme assimilationniste doit cesser à La Réunion.

À La Réunion, le calendrier scolaire et l’organisation du baccalauréat et du brevet des collèges illustrent jusqu’à la caricature une logique d’assimilation qui tourne le dos aux réalités de notre pays. Depuis plusieurs années, l’alignement sur le calendrier français allonge les vacances d’hiver et raccourcit celles d’été. Résultat : les élèves sont contraints de suivre les cours durant la période la plus chaude de l’été tropical, celle où le risque cyclonique est le plus élevé. Les journées de classe perdues à cause des intempéries ne sont jamais rattrapées.

Le premier grade universitaire dévalorisé au rang de "bac cocotier"

Cette logique atteint son paroxysme lors des examens. Pour le baccalauréat, les candidats réunionnais composent à partir de 10 heures afin de coïncider avec les sujets distribués à 8 heures en France. Pour le brevet, les épreuves ont même débuté à 11 heures, en pleine pause méridienne. Cette organisation perturbe le rythme biologique des élèves et constitue un handicap évident pour leur concentration et leurs performances. Pour afficher des taux de réussite supérieurs à 50, voire 80 pour cent, Paris demandera sans doute aux jurys d’examen d’être indulgents, ce qui dévalorise considérablement le premier grade universitaire au rang de « bac cocotier » et ouvre la porte de l’enseignement supérieur à des candidats qui n’ont pas le niveau.

Aux Antilles et dans les lycées français, pas d’alignement sur l’heure de Paris

Cette règle ne s’applique pas partout. Aux Antilles, le « Bulletin officiel n° 36 du 25 septembre 2025 du ministère de l’Éducation nationale » prévoit des épreuves à 8 heures, heure locale. Les lycées français à l’étranger font de même, sans que la valeur des diplômes soit remise en cause.

Pourquoi imposer à La Réunion un traitement différent ? Rien ne justifie que les candidats réunionnais soient pénalisés au nom d’un alignement aveugle sur Paris. L’égalité ne consiste pas à nier les réalités géographiques et climatiques, mais à garantir à tous les mêmes conditions de réussite. Il est temps que cesse ce fanatisme assimilationniste et que les examens délivrant des diplômes français soient organisés à des horaires adaptés à La Réunion, comme partout ailleurs dans le monde.

M.M.

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