Cartes scolaires départementales : un taux d’encadrement insuffisant

L’École en péril

13 février 2008

Depuis 1999, le département de la Gironde connaît un fort essor démographique annuel de 1,1% (données INSEE) ayant entraîné des surcharges importantes d’effectifs dans les classes, notamment du premier degré (écoles maternelles et primaires).
Autre conséquence notable de cette hausse est la limitation de la scolarisation des moins de 3 ans, et tout particulièrement dans les écoles situées en ZEP, qui atteignent des seuils d’accueil de l’ordre de 27,7 élèves par classe, mettant ainsi en péril la qualité de l’encadrement scolaire dans ces zones réputées sensibles. Une bataille menée par ce département en 2003 pour faire valoir ses besoins auprès du ministère en charge de l’Éducation avait permis la dotation de 58 postes en 2007, mais qui s’étaient avérés insuffisants face au retard pris depuis le début de cette évolution démographique.
La Gironde estime qu’il lui faudrait 300 postes supplémentaires pour faire face à cette crise. Or, avec les 43 postes attribués par le recteur dans le cadre de la nouvelle carte scolaire, il sera difficile d’avoir une répartition et un encadrement efficaces dans ces conditions.
« ... on ne pourra pas continuellement charger les classes... », déplore Marie-Thérèse Dominique, enseignante en CM à côté de Bordeaux .
Les mêmes inquiétudes viennent à se poser dans notre département, qui, au regard de la répartition nationale des cartes scolaires, ne se voit allouer aucun poste pour cette année. Cela est d’autant plus surprenant quand on connaît le processus démographique de l’île.
D’après l’INSEE Réunion, le nombre de naissances en 2006 s’élevait à 14.495, avec un taux de fécondité égal à 2,45 enfants par femme en 2005 ! Et quand on regarde le nombre d’enseignants du premier degré depuis 2004, on observe une tendance à la baisse, passant de 6.571 postes en 2004 à 6.516 en 2006. Cette diminution de postes a forcément eu des répercutions négatives dans certaines écoles de l’île, qui ont dû très certainement fermer des classes, et donc en surcharger d’autres.
Quel avenir donc pour notre système éducatif français qui, anciennement réputé juste et de qualité, se voit peu à peu dégradé à mesure que les gouvernements de droite qui se succèdent réduisent considérablement ce personnel enseignant pourtant indispensable à cette France de demain.
Les ouvertures et fermetures de classes ne seront annoncées qu’après les élections municipales. Ces ouvertures et fermetures dépendraient-elles du résultat de ces élections ?

Rebecca P.


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Témoignages - 82e année


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