Education-Formation

L’éducation gérée par les Réunionnais : une condition du développement de La Réunion

Face à l’importance de l’échec scolaire et au fort taux d’illettrisme montrant l’échec de Paris

Manuel Marchal / 17 juillet 2019

Jeudi dernier, l’INSEE a présenté les résultats d’une étude sur les perspectives d’évolution de la population scolaire à La Réunion. Cette étude précise qu’un jeune Réunionnais sur trois sort de l’école sans diplôme. Une donnée qui en rejoint une autre : un Réunionnais sur 7 touché par l’illettrisme. Ceci appelle à une importante réforme du système éducatif qui doit être placé sous la responsabilité des Réunionnais, Paris ayant en effet démontré son incapacité dans ce domaine.

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Malgré les visites ministérielles dans les écoles, les difficultés persistent dans l’apprentissage de la lecture.

Un Réunionnais sur trois quittent l’école sans diplôme et un Réunionnais sur sept est touché par l’illettrisme. Dans les deux cas, cette situation survient au bout d’au moins 10 années passées dans le système éducatif. Ce résultat ne semble pas évoluer depuis plusieurs années. Déjà en 2013, une étude conjointe de l’INSEE et du Département de La Réunion soulignait le fort taux d’illettrisme, considéré comme un élément d’une situation sociale « hors-norme ».
De la même manière, l’importance de l’échec scolaire à La Réunion est un autre élément participant à la situation sociale « hors-norme ». En effet, les jeunes sans diplôme sont plus exposés au chômage que ceux qui ont réussi à en obtenir. Sachant que pour tous les jeunes de moins de 25 ans ayant fini leurs études, le taux de chômage est supérieur à 50 %, ceci indique pour les non-diplômés, le chômage de longue durée est la perspective pour au moins plus de la moitié d’entre eux.
Si en France, le système scolaire produisait un tel résultat, des changements seraient intervenus pour éviter une situation explosive. En effet, imagine-t-on chaque année 240.000 jeunes sortant de l’école sans diplôme et plus de 10 millions d’illettrés dans ce pays ?

La priorité n’est pas le Réunionnais pour Paris

Mais pour ce qui concerne à La Réunion, des changements sont effectués et ils ne vont pas dans l’intérêt de la réussite scolaire, et donc d’une augmentation des possibilités d’obtenir un emploi durable. En effet, ces modifications portent sur le calendrier scolaire, avec comme ambition d’aligner la durée des vacances d’hiver sur celle de l’été boréal en France. Par conséquent, les grandes vacances d’été ne le sont plus, et se résument à un mois. Cela oblige donc les jeunes Réunionnais à venir à l’école sous des températures caniculaires.
Plusieurs facteurs structurants de l’échec scolaire ne sont pas traités. Ainsi la langue d’enseignement reste le français qui n’est pas la langue maternelle des Réunionnais, et qui n’est pas étudiée en tant que langue étrangère afin que les élèves puissent se constituer une solide base de connaissance. La question du calendrier scolaire est gérée en fonction d’intérêts qui ne sont pas ceux des Réunionnais qui vont à l’école. Et comme le souligne l’étude de l’INSEE parue jeudi, le contexte socio-économique n’est pas favorable aux apprentissages. Ce qui signifie que la méthode utilisée pour les apprentissages n’est pas adaptée au contexte socio-économique.

Les Réunionnais feront mieux

Tout ceci pourquoi confier la responsabilité de l’éducation à un pouvoir situé à Paris a conduit à ces résultats désastreux qui sont une partie de la faillite de l’intégration.
Compte-tenu de l’accumulation de ces générations gâchées, et de la persistance de Paris à ne pas se donner les moyens de régler ces problèmes, il est grand temps de tirer la principale leçon : la responsabilité de l’éducation doit être aux Réunionnais.
Nul doute que si les programmes scolaires, le calendrier et la méthode d’apprentissage étaient mis au point à La Réunion, le résultat ne pourrait être pire que dans le système actuel. De plus, pour améliorer le système, plus besoin de compter sur d’hypothétiques réformes en France. Tout pourrait se régler entre Réunionnais, dans la proximité.
L’éducation reste une chose trop importante pour l’avenir d’un pays, elle doit donc dépendre directement du peuple concerné.

M.M.



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Messages






  • Cher monsieur Marchal les sciences de l’éducation universitairement parlant ont été dirigées depuis la création du département par un réunionnais et je crois qu’il serait dommage de rendre responsable le "système" dans ses dépendances, certes inhibitrices, ou niveau national sans une analyse, si possible non idéologique, qui pourrait être dérangeante. Amitie. Frédéric Paulus

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