PSA Citroën - Peugeot de Rennes recrute

L’embauche par la simulation, mais pas simulée

2 octobre 2004

On ne les a pas jugés sur leurs diplômes ou leur absence de diplôme. Les dix jeunes Réunionnais, recrutés pour construire des voitures en métropole, ont passé des tests : un recrutement pas simulation.

Ils sont sortis vainqueurs des tests. Dix jeunes Réunionnais s’envoleront le 18 octobre pour Rennes, où ils seront embauchés chez PSA Citroën-Peugeot. Pour sélectionner les heureux candidats, l’ANPE Réunion et PSA Rennes ont employé la méthode du recrutement par simulation.
Celle-ci est basée sur l’évaluation des capacités des candidats à s’adapter au poste de travail proposé, et non pas sur la possession de diplômes ou d’expérience professionnelle.
Michel Alibart, correspondant régional de cette méthode de recrutement, explique que cela implique une prise en compte de l’habileté technique acquise "au cours de la vie privée".
Pour la mesurer, plusieurs exercices manuels (individuels ou en groupe) ou mnémotechniques sont effectués par les candidats. L’avantage ? "Pour l’entreprise, c’est un entretien clé en main. Pour les demandeurs d’emploi, c’est entrer plus facilement sur le marché de l’emploi", indique-t-il.
Sur les 100 Réunionnais qui se sont présentés, seuls 55 ont participé aux exercices. Au terme de l’application de cette méthode, 19 candidats restaient en liste pour l’entretien final, avec Jean-Yves Cécile, coordinateur au recrutement de PSA Rennes.
Les exercices s’apparentent à un jeu, et pourtant ils indiquent la capacité du candidat à faire partie du personnel de PSA Rennes. Ainsi, l’autonomie, la prise d’initiative, le contrôle sont méticuleusement mesurés. Pour Jean-Yves Cécile, cette méthode permet de juger de la motivation, de l’aptitude à travailler en groupe, etc.

Peut-être une embauche définitive

Le site de Rennes assure la production de tous les véhicules de type Citroën C5 et Peugeot 407. Depuis 1961, ce sont plus de 10 millions de voitures qui sont sorties des chaînes de production. L’entreprise compte environ 11.000 salariés.
Quelque 2.500 opérateurs vont être intégrés de septembre 2004 à octobre 2005. Une opportunité pour les 10 Réunionnais, qui seront formés dès leur arrivée à Rennes. Pour l’heure, ils signent un contrat à durée déterminée d’un an, mais on laisse présager leur intégration définitive, bien évidemment en fonction de la qualité de leur travail.
C’est la première fois que PSA Rennes embauche des Réunionnais. Il faut dire que les premières expériences (PSA Mulhouse, Sochaux, etc.) sont couronnées d’un franc succès, et on comprend dès lors que l’Espace emploi international (EEI), service interne de l’ANPE, souhaite pérenniser ce type de recrutement.
C’est une aubaine pour le public des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés, qui pourront "travailler dans une entreprise à dimension internationale". Si quelques-uns d’entre eux sont titulaires d’un CAP métallurgie, la majorité est non qualifiée. "D’où l’intérêt de recruter par la méthode de simulation", lance Laurent Faivre (EEI-ANPE). L’année prochaine, ce recrutement devrait prendre davantage d’ampleur sur notre île.
Le CNARM (Comité national d’accueil et d’action pour les Réunionnais en mobilité), partenaire de l’opération, accompagnera les 10 candidats sélectionnés pour le voyage, l’accueil et l’hébergement. Avec le contrat que leur propose PSA Rennes, déterminant une période d’essai, les candidats remerciés - qui souhaiteront néanmoins rester travailler dans la région - seront orientés par le CNARM. 
Bien sûr, ceux qui voudront rentrer au pays seront également pris en charge par l’organisme de mobilité.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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