Deuxièmes Rencontres Qualitropic

L’innovation et la création au centre des débats

26 septembre 2007, par Manuel Marchal

Qualitropic organise la deuxième édition des Rencontres du Pôle de compétitivité agro-nutrition de La Réunion. L’occasion de débattre sur le thème de ’L’innovation nourrit le futur’. Rendez-vous ce matin et cet après-midi à l’hôtel Les Villas du Récif à Saint-Gilles.

Proposée comme un des secteurs éligibles à la Zone franche globale d’activités de la prochaine loi-programme pour l’Outre-mer, l’agro-nutrition en milieu tropical réunit ses différents acteurs aujourd’hui à l’occasion des Rencontres du Pôle de compétitivité de La Réunion. Labellisé par le gouvernement, le Pôle Qualitropic compte à ce jour 42 entreprises adhérentes. Et il met en œuvre des partenariats avec d’autres Pôles de Bretagne, de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et de Champagne-Ardennes.
L’objectif de ce type de rencontre est de contribuer à montrer l’importance que l’innovation, à travers la recherche-développement, peut jouer dans le progrès de l’activité économique, et par là même dans les créations d’emplois qualifiés.
Qualitropic favorise l’émergence d’activités nouvelles dans un secteur potentiellement porteur. Il répond d’ores et déjà à des appels d’offres nationaux afin d’aider à financer la recherche à La Réunion.

Des secteurs prometteurs

Pour le moment, deux projets ont été retenus par un Fonds unique interministériel, un autre par l’Agence nationale de la recherche et deux seront financés par des fonds locaux (voir encadré).
Parmi les problématiques abordées aujourd’hui au cours des conférences : la recherche d’alternatives dans la perspective de l’après-pétrole. Car au-delà des carburants, le pétrole est aussi un composant important de divers matériaux. Une des pierres angulaires de ce thème de recherche est le laboratoire Emile Hugot dont la première pierre a été posée par Nicolas Sarkozy en février dernier. Ce dernier vise à exploiter les atouts d’un produit de la canne à sucre : l’acide aconitique.
Les biotechnologies marines sont un autre volet prometteur. Qualitropic a noué récemment un partenariat avec le Pôle Mer de Bretagne dans ce secteur. La Réunion a comme atout d’être une région riveraine d’un océan qui est une réserve mondiale de biodiversité, et qui abrite encore des ressources importantes. Ce sont des produits à fort potentiel, qui peuvent créer des filières industrielles de transformation de cette biodiversité en produits finis grâce à la chimie verte.
Concrétiser tout cela nécessite un travail en réseau entre les entreprises de l’agro-nutrition et les centres de recherche. Ceci pour faire de La Réunion un pôle d’excellence dans ce domaine.

Un objectif : l’emploi

Le Pôle de compétitivité est une traduction de l’adaptation de la politique industrielle au contexte de la mondialisation. Lancée en France en 2004, cette politique met en avant la capacité d’innovation. Pour cela, cette démarche veut susciter et soutenir les initiatives émanant des acteurs économiques et scientifiques présents sur un territoire. Ce qui veut dire que la définition d’un Pôle de compétitivité est, « sur un territoire donné, l’association d’entreprises, de centres de recherche et d’organismes de formation, engagés dans une stratégie commune de développement, destinée à dégager des synergies autour de projets innovants conduits en commun en direction de marchés donnés », indique Qualitropic.
Pour contribuer au développement de l’activité économique, le Pôle de compétitivité se concentre sur « des technologies destinées à des marchés à haut potentiel de croissance » et cherche à obtenir « une masse critique suffisante pour acquérir et développer une visibilité internationale ».
Tout ceci doit concourir à la création de richesses nouvelles qui se traduisent par de nouveaux emplois.

Manuel Marchal


Chercher d’autres débouchés

Valoriser tous les produits de l’agriculture

Le programme de la matinée débute par deux conférences sur la valorisation non-alimentaire des ressources issues du travail des agriculteurs.

• “Une production innovante pour lutter contre le changement climatique en préparant l’après-pétrole : un enjeu pour l’agriculture d’aujourd’hui et de demain”
Par le Pr. Antoine Gaset : Expert dans de nombreuses Commissions nationales et européennes, son audience internationale dans le domaine de la valorisation non-alimentaire des agro-ressources est reconnue. Il est membre de l’Académie des Technologies.

• “Un terroir, pépinière d’innovations pour d’autres territoires : La Réunion face au défi de la mondialisation de la Recherche et Développement”
Par Henry-Hervé Bichat : Ancien Directeur de l’enseignement agricole, il a été ingénieur général chargé de suivre le développement de la culture de la canne à sucre dans la région. Il préside actuellement l’association “Europol’Agro” qui a participé à la mise en place du Pôle de compétitivité “Industries et Agro-ressources” des Régions Picardie et Champagne-Ardennes, chargé de valoriser la biomasse dans les domaines du non-alimentaire.


L’innovation en mouvement

Partage d’expériences réunionnaises

La troisième conférence de la matinée donnera un coup de projecteur sur deux chefs d’entreprise réunionnais.

Deux témoignages d’entreprises innovantes de La Réunion sur de nouveaux créneaux de développement : Fabienne Thomas et David Narayanin.

• La société Thomas Cosmetic a été constituée par Fabienne Thomas en 2005.
Laboratoire de formulation, fabrication, conditionnement de produits cosmétiques et de bien-être, cette jeune entreprise réunionnaise privilégie la mise au point de produits fortement porteurs de développement durable. Ainsi, l’utilisation de matières premières issues de la “chimie verte” lui permet de mettre sur le marché de nouveaux produits respectueux de l’environnement. Un autre segment important de l’activité de cette entreprise concerne l’utilisation et la valorisation des plantes de l’Indocéanie. Dans ce créneau, a été créé un baume à visée antalgique comprenant, entre autres, du cryptomeria de l’Ile de La Réunion (Cryptomeria Japonica). L’objectif de Thomas Cosmétic est de développer son offre au travers d’une marque récemment déposée “Kalm’a nou©”. Le point fort de sa stratégie : privilégier la R&D.

• Pour sa part, David Narayanin a créé son entreprise artisanale “Soja d’Asie”, qui emploie aujourd’hui 4 salariés, en 2004. Cette entreprise de fabrication de produits biologiques à base de soja, à partir de recettes développées localement, propose une alternative végétale aux protéines animales sous plusieurs déclinaisons : steaks, saucisses, charcuteries...
Ce jeune chef d’entreprise dynamique et créatif mise sur la diversification de son offre, afin de mettre régulièrement sur le marché (GMS, collectivités) de nouveaux produits.


Des projets déjà lancés

Depuis sa création, Qualitropic a présenté plusieurs projets. Voici l’état d’avancement de ceux qui ont été retenus par les financeurs.

1/ Projets retenus par le Fonds Unique Interministériel
Appel à projets national, très sélectif, (entre 60 à 70 projets retenus sur 200 dossiers présentés) - 4 appels à projets depuis décembre 2005 :

• V2ARUN : valorisation d’un co-produit de la canne à sucre (retenu en mai 2006)
Les premiers travaux ont débuté en juillet 2006 au CERF. L’étude de marché est en cours. Trois stages de Master 2 “recherche” ont commencé en février 2007. Une étudiante de l’ENSAIA de Nancy, basée à l’ENSIACET à Toulouse, travaille sur l’extraction du co-produit. Deux étudiants, de l’ENSIACET et de l’INSA de Toulouse, dont un Réunionnais, basés à l’Université de La Réunion, au LCSNSA, travaillent sur les différentes voies de valorisation du produit extrait et sur la fermentation. Trois thèses vont prochainement démarrer.
• Run Innovation : le "Bambou assainissement" au service du développement durable dans les régions tropicales, (retenu en juillet 2007)
Labellisé par Qualitropic et le Pôle “gestion des risques” de la Région PACA, ce projet a été retenu avec 69 autres projets de recherche et développement, élaborés par 40 pôles de compétitivité.
Partenaires : Phytorem, Perrussot, Ets Isautier, CPPR, CIRAD, Université de La Réunion.

2/ Projets retenus par l’Agence Nationale de la Recherche
Delicas 2 :
ce projet, dont l’objectif est d’optimiser la sélection variétale de la canne à sucre, a été sélectionné par l’Agence Nationale de la Recherche en juillet 2007, dans le cadre de l’appel à projets national “Génoplante 2010”. D’une durée de 4 ans, ce projet est porté par les industriels du sucre, le CIRAD et le CERF.

3/ Projets à financement local
• Incivol 974 : valorisation énergétique des litières de volailles
La phase 1 du projet est lancée. Elle vise à caractériser chimiquement les litières de volaille, et à valider, dans le cadre d’une recherche effectuée par le laboratoire d’économie de l’Université de La Réunion et le CIRAD, la faisabilité et la pertinence économique de la valorisation des litières de volaille par combustion en centrale thermique.
• Rose Bourbon : développement d’une méthode innovante de séchage et de stockage pour de nouvelles variétés d’oignons
Le dossier a été accepté par la Commission locale OSEO Innovation du 24 juillet 2007. Une aide au transfert, pour la mise au point d’une méthode de séchage et de stockage des bulbes d’oignons utilisant les énergies renouvelables et spécifiques au contexte réunionnais d’un montant de 30.000 euros, a été attribuée.

Les atouts de La Réunion

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