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4 juin, parNos peines
Les propositions de la commission Thélot publiées dans la presse
27 août 2004

Une première version du rapport de la commission Thélot est publiée par “le Monde”. La FSU fait part de de son étonnement : « Rien, dans ce texte, ne correspond à la synthèse qui avait été faite des débats de l’an passé ». À quoi a servi le grand débat sur l’école ?
On ne l’attendait pas avant octobre prochain, mais les grandes lignes en sont désormais connues : “le Monde” daté d’hier révèle une première version du rapport de la commission Thélot. Travaillé à partir des synthèses du Débat national sur l’école qui s’est tenu l’an dernier, le document définitif doit être remis au premier ministre le 12 octobre. C’est lui qui servira de base à la future loi d’orientation, laquelle doit être discutée au Parlement au printemps 2005. La mouture intitulée " -Vers la réussite de tous les élèves -" est donc provisoire mais donne une idée de ce que pourrait réserver le texte définitif. Au programme : abandon de l’objectif des 80% d’une classe d’âge au bac, au profit d’un recentrage sur les enseignements fondamentaux, la redéfinition du métier d’enseignant et l’autonomie des établissements.
À peine connue, l’information a suscité de vives réactions de la part des syndicats. "D’où sort ce rapport ?", s’étonne Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. "Rien, dans ce texte, ne correspond à la synthèse qui avait été faite des débats de l’an passé". Surtout, le syndicaliste dénonce une vision résolument rétrograde de l’éducation. "On rabaisse dangereusement l’exigence de formation des jeunes", commente-t-il. "Alors que la nécessité pour les jeunes d’acquérir plus de compétences n’est plus à démontrer, cette version du rapport en revient à une idée de socle minimal de savoirs communs. On en est revenu au début des années soixante dix", assène-t-il. "Penser que les jeunes n’ont besoin que de quelques bases est une vision extrêmement pauvre de la culture commune".
Enfin, le chapitre concernant la redéfinition du métier d’enseignant laisse plus que perplexe. "Cela me fait penser aux propositions formulées par Claude Allègre", note encore Gérard Aschiéri. "Et à l’époque, ce n’était pas passé". Les membres de la commission, eux, sans démentir la version publiée par “le Monde”, ont prévenu qu’elle ne datait que de 24 heures et n’avait pas encore été validée. "Plusieurs points devraient être modifiés, voire sauter". Restent que l’orientation générale ne semble pas remise en cause.
(Source : “l’Humanité”)
D’importantes remises en cause
Dans son édition d’hier, “Le Monde” révèle le contenu du rapport Thélot, préalable à la loi d’orientation sur l’école dont le vote est prévu en début d’année prochaine. Extraits.
La commission propose de revenir sur une des principales dispositions de la loi de 1989, l’objectif de conduire 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. "Il vaudrait mieux s’assurer que l’ensemble d’une classe d’âge maîtrise, à l’issue de la scolarité obligatoire, les compétences nécessaires (...) à une vie personnelle et à une intégration réussie". Pour la commission, l’école doit donc se "recentrer sur ce qui demeure sa mission première : faire maîtriser par tous les élèves les savoirs et les compétences jugées indispensables ou fondamentaux et qui ne peuvent s’acquérir que durant la première partie de la vie". Pour la commission, les "règles de comportement" font partie intégrante de ce socle commun.
Trois grandes catégories d’enseignement sont proposées aux élèves pour maîtriser les enseignements fondamentaux et trouver leur voie de réussite. La plus importante, obligatoire et dénommée le "socle commun de l’indispensable", comprend la langue, les mathématiques, "l’éducation à la vie en commun", l’anglais de communication internationale ainsi que la maîtrise des technologies de l’information.
La seconde, elle aussi obligatoire, correspond aux disciplines jugées moins fondamentales comme les sciences, le travail manuel, l’éducation physique et sportive, une deuxième langue vivante...
La troisième porte sur des enseignements optionnels pour permettre la diversification des parcours. Selon son niveau scolaire, un élève pourra être appelé à passer l’essentiel de son temps sur l’apprentissage du socle ou n’y consacrer, par exemple, que la moitié de son temps, le reste étant consacré aux autres disciplines.
Pour la commission, il appartiendra toutefois à la nation de définir précisément ces contenus et l’organisation de la scolarité obligatoire. La commission préconise, pour cela, la constitution d’une autorité indépendante - un Haut Conseil de l’éducation composé de personnalités extérieures au système éducatif - et d’y associer le Parlement.
La commission (...) suggère l’instauration de trois cycles pour la scolarité obligatoire : le cycle d’apprentissage (maternelle, CP, CE1), le cycle d’approfondissement (CE2, CM1, CM2, sixième) et le cycle de diversification (cinquième, quatrième, troisième). Cette disposition vise à atténuer les ruptures entre la maternelle, l’élémentaire et le collège.
Critiquant sévèrement les carences de l’orientation, la commission appelle à une "véritable révolution" dans les "modes de pensée" et les "pratiques". Une "éducation aux choix" serait inscrite dans l’emploi du temps des élèves à hauteur de 50 à 70 heures annuelles au collège.
Le lycée continuerait à s’organiser en trois filières (générale, technologique et professionnelle). À l’issue de la classe de seconde, ces filières seraient toujours subdivisées en séries (S, L, ES, etc.). Afin de contribuer à la revalorisation de l’enseignement professionnel, la commission suggère l’élaboration d’un "statut du lycéen professionnel" avec une rémunération correspondant aux activités en entreprise.
La commission ne remet pas en cause la sectorisation scolaire mais préconise une politique de discrimination positive "beaucoup plus ambitieuse". Une part importante, jusqu’à 25 % des crédits, pourrait ainsi être déterminée en fonction des caractéristiques des élèves. Dans les établissements difficiles, la commission suggère par exemple de permettre aux chefs d’établissement de donner leur avis sur la nomination des personnels. Dans les cas "extrêmes", le rapport envisage de fermer les établissements victimes d’une trop forte ségrégation.
La commission se prononce pour un renforcement de la "marge de manœuvre financière et pédagogique" des collèges et lycées. De 8% à 10% des crédits pourraient être utilisables librement par les établissements en fonction de leurs projets. Les principaux et les proviseurs seraient dotés de pouvoirs accrus. Pour le primaire, la commission préconise de donner aux écoles le statut d’établissement. Contrairement à la situation actuelle, où tous les professeurs des écoles y compris les directeurs possèdent un statut équivalent, un chef d’établissement serait "recruté, formé et nommé" par l’autorité académique.
De nouvelles missions pour les enseignants
Le rapport propose une "nouvelle approche" de la profession enseignante afin de mieux prendre en compte "les missions autres que celle de l’enseignement". Première conséquence : la définition du service des enseignants intégrerait les fonctions éducatives (soutien, temps consacrés aux différents conseils, etc.) et non plus seulement les tâches d’enseignement. Seconde conséquence, le temps de présence dans l’établissement serait accru de quatre à huit heures pour les professeurs. (...) Le recrutement et la formation des enseignants seraient également réformés. Au lieu d’être concentrée sur une seule année, la formation serait étalée sur deux ans après le concours. Après leur titularisation, les jeunes enseignants ne pourraient pas être nommés dans les établissements très difficiles, contrairement à la pratique actuelle.
(Source : “Le Monde”)
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