Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Lycée Jean-Hinglo du Port
12 mars 2005

Une délégation du lycée a été reçue hier matin au Rectorat. Personnels, parents et élèves se sont ensuite concertés en assemblée générale sur les suites à donner aux décisions prises depuis le début de la semaine revendicative. Il y a eu ’des avancées’ jugées cependant ’insuffisantes’. Le mouvement est suspendu et la vigilance reste de mise.
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"À partir du problème de sécurité, cette semaine a permis de resserrer des liens de solidarité entre enseignants et avec les parents - ce qui ne s’était pas produit depuis l’échec de 2003 - et de mettre au jour que la communication avec l’administration du lycée n’est pas des meilleures". Celui qui s’exprime ainsi à l’issue de l’assemblée générale qui a conclu à la suspension du mouvement de retrait, c’est un professeur syndiqué au SNES, proche de la retraite. Elles sont plusieurs dizaines de personnes - enseignants, parents d’élèves, élèves, surveillants ou CPE- rassemblées depuis 13h dans le réfectoire pour un point de la situation. Le lycée est désert en ce vendredi après-midi. Joint un peu plus tôt au téléphone, le proviseur expliquait qu’"il n’y a pas de cours, faute d’élèves" mais ne parlait pas de fermeture de l’établissement. "Avec la fin des travaux du portail d’entrée, nous devrions pouvoir contrôler les intrusions, au moins par l’entrée principale", ajoutait le proviseur, en comptant sur les vacances pour "apaiser les esprits".
"Ce qui aurait apaisé les esprits, c’était de fermer deux jours en début de semaine", conteste un enseignant de la FSU, en s’interrogeant sur le rôle joué par l’administration au cours de la semaine. Les enseignants s’étonnaient au contraire, hier, d’une fermeture de l’établissement dès ce vendredi, alors que selon eux, un devoir devait réunir toutes les classes de seconde le samedi matin. Le dialogue de sourds continue. "La décision de fermeture a été prise unilatéralement", observe un professeur d’éducation physique.
L’assemblée générale a donc fait le bilan de ce qui a été obtenu au cours de la semaine de mobilisation, terminée par une délégation de sept personnes reçues hier matin au rectorat. Deux professeurs, un CPE, trois parents et une élève (1ère S) ont été écoutés par Philippe Reymond, directeur de cabinet du recteur et Martine Bernard, directrice des ressources humaines. Ceux-ci ont confirmé la décision d’affecter sur des postes contractuels, un CPE et un assistant d’éducation, dont l’embauche pourrait être effective dès la rentrée prochaine (29 mars), mais provisoire.
Devant les représentants du Rectorat, la délégation dit avoir insisté sur le rôle de l’État - et donc de l’Académie - dans le règlement des problèmes de sécurité. "Ce n’est pas de la compétence des enseignants d’exiger quoi que ce soit de la mairie. C’est au proviseur de prendre l’attache avec les différents responsables, et prioritairement avec la tutelle. Mais on se demande s’il y a un pilote aux commandes", a poursuivi l’enseignant de la FSU. Ce sentiment de défection de l’administration du lycée a conduit une délégation de parents plutôt en colère dans le bureau du proviseur, après l’assemblée générale.
Sur les autres points, des travaux ont commencé pour l’amélioration de la clôture, à l’entrée, mais la Région demande d’attendre jusqu’à décembre 2005 la réfection complète. Et la question des vigiles, dont la présence est réclamée surtout par les parents, reste en suspens.
"Nous prenons ce jour acte de ces décisions. Ces propositions nous amènent à suspendre notre mouvement à compter de ce jour", dit le communiqué adopté hier après l’assemblée générale. Mais la crainte des personnels du lycée demeure que "d’autres incidents graves ne se produisent dans les semaines à venir". La vigilance reste donc entière et la rentrée du 29 mars sera marquée par une assemblée générale avec parents et élèves, en fin d’après-midi.
P. D.
"Des moyens humains en renfort..."
Après la rencontre d’hier matin avec la délégation du lycée Hinglo, les représentants de l’Académie ont rendu public un communiqué faisant état des décisions prises.
"L’établissement portois est confronté depuis plusieurs semaines à une montée préoccupante de l’insécurité. Dès les premiers jours, le Rectorat a apporté au personnel son soutien ; de même, attache a été prise avec l’ensemble des partenaires (notamment les collectivités et les forces de l’ordre) pour trouver des solutions. Le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté de l’établissement sera réactivé ; le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de la ville du Port se réunira prochainement". (...)
La suite du communiqué mentionne la décision du recteur "d’octroyer des moyens humains en renfort au lycée Hinglo", avec la nomination de deux adultes supplémentaires "à compter de la semaine prochaine".
De plus, "le poste de proviseur-adjoint (faisant fonction) supplémentaire est pérennisé pour l’année scolaire 2005-2006". "Ces moyens devraient permettre à l’équipe pédagogique et administrative du lycée Jean-Hinglo d’assurer à nouveau ses fonctions auprès des élèves dans une ambiance plus sereine", conclut le communiqué.
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