Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Force Ouvrière et le projet Fillon sur l’école
14 décembre 2004

Après les TOS, le gouvernement s’attaque au statut des enseignants. Pour le syndicat FO, le projet Fillon sur l’école est ’un coup mortel pour l’école’. Avec la disparition des programmes nationaux, c’est aussi le statut et la liberté pédagogique des enseignants qui s’éteignent. Les élèves seront les premières victimes d’un enseignement en perte de qualité.
(Page 5)
L’École de la République, publique, laïque et obligatoire est en danger. L’État, dans la continuité de son entreprise de destruction des acquis collectifs (35 heures, retraites, santé...), poursuit son objectif central d’anéantissement du service public, répondant ainsi aux directives européennes de baisse du coût du travail. 900 corps de fonctionnaires sont menacés pour être remplacés par des cadres statutaires. Le Syndicat national FO des lycées et collèges (SN.FO.LC) accuse le projet Fillon de vouloir faire des enseignants les "employés des Conseils d’administration d’établissements autonomes".
Avec l’obligation de projet d’école et d’établissement, les enseignants vont perdre leur liberté pédagogique face aux programmes et diplômes nationaux, eux-mêmes en voie d’extinction. "Nous avons des statuts nationaux, nous voulons les garder", défend le syndicat, qui milite pour un enseignement de qualité, sans inégalité selon les régions, localités, voire établissements.
Les socles de connaissances et de compétences visent à mettre l’enseignement au niveau des élèves. La "formation tout au long de la vie" laisse entendre plus de souplesse et de liberté pour l’élève, avec l’idée d’un cursus à la carte. Pour FO, ce n’est ni plus ni moins qu’une mesure racoleuse qui cache en fait l’intérêt des entreprises. "Ce sont elles qui vont former les jeunes, elles qui vont décider du contenu, remettant ainsi en cause tous les acquis de l’école, pour mieux servir leurs besoins", explique Jean-Jacques Perrot, secrétaire académique du SN.FO.LC. En se limitant à l’acquisition de savoirs basiques (lire, écrire, compter), rendant certaines disciplines obligatoires et d’autres facultatives (selon le projet d’établissement), le projet Fillon occulte les véritables besoins de la jeunesse en termes de savoirs et de pédagogie. La diminution des heures de formation entraîne logiquement une perte de qualité de l’enseignement. Laurent Pignarre, syndiqué FO, prend pour exemple l’enseignement du français, qui depuis 1968, a subit une diminution équivalente à deux jours et demi. Il se demande si c’est de cette façon que le gouvernement souhaite lutter contre l’illettrisme, assurer un enseignement de qualité accessible à tous, et à rendre les enseignants ambivalents et non plus recrutés dans un champ de discipline. FO refuse que le service des enseignants soit “redéfini” et allongé, et souhaite en rester à la définition en maxima hebdomadaire d’heures d’enseignement, comme prévu par le décret du 25 mai 1950. Car ne plus recruter les enseignants d’après leur champ de compétences, mais vouloir en faire des profs ambivalents, ne peut que conduire à une perte de qualité, dans un soucis d’économie.
Le syndicat FO a refusé de participer au débat sur l’avenir de l’école car il ne veut pas cautionner la casse du service public, ni adhérer au dialogue social tel qu’il est pratiqué par le gouvernement : on signe et après on discute. "Nous ne sommes pas dupes", rappelle Bernard Pitou, qui parle de "verni démocratique".
"La réforme est déjà engagée, les accords signés en amont, c’est donc un faux débat que propose ce gouvernement intransigeant, sourd aux revendications syndicales. Il s’agit pour lui, non pas d’écouter syndicats et parents, mais bien de faire adhérer, collaborer à ses réformes. Nous sommes là pour défendre l’intérêt des personnels, des parents et des élèves, pas celui du gouvernement", soutient Carine Albert.
Et "même si nous étions assurés des moyens financiers de la réforme, nous serions toujours contre, car elle souhaite détruire l’école publique par le biais de nos statuts", maintient Jean-Jacques Perrot qui appelle à l’unité syndicale, seule à même de faire encore barrage au projet Fillon. "C’est l’unité syndicale qui peut nous faire gagner, portée par des mots d’ordre clairs".
Estéfany
Fillon et Raffarin ne feront pas le poids !
En 2003, suite au rassemblement massif et prolongé des personnels de l’Éducation contre le transfert des TOS, nombre d’enseignants ont été sanctionnés par les chefs d’établissements, ont perdu des jours de salaires. "Nous ne voulons pas nous précipiter dans un mouvement de revendication pouvant porter atteinte aux personnels", précise Carine Albert. FO souhaite d’abord les informer sur les dangers et perversités de cette réforme, puis unir les syndicats pour un mouvement de masse, solide et déterminé qui sera à même de porter haut et fort leurs mots d’ordre. Et malgré le libéralisme et l’obstination du gouvernement à mener à terme ses réformes destructrices pour le service public, FO croit en un changement.
"Nous ne sommes pas victimes de l’intoxication médiatique qui veut nous faire croire que ce gouvernement, élu pour faire barrage à l’extrême droite, est populaire. Ses réformes ne le sont pas non plus", resitue Carine Albert.
FO appelle ainsi tous les personnels à se rassembler pour exprimer leurs revendications, pour signer une pétition destinée au ministre. Depuis 15 jours qu’elle circule dans l’Académie, 400 signatures ont déjà été récoltées. Le syndicat compte sur une adhésion massive des personnels, des syndicats pour freiner ensemble ce projet dangereux pour l’avenir de l’école et celui de nos enfants.
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Le 1er juin, le Sénat a adopté le Projet de Loi de Régulation de l’enseignement supérieur privé lucratif. Ce débat aurait pu être l’occasion de (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture