Table ronde

Les femmes et les sciences

21 novembre 2005

La mission égalité des chances du rectorat et la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité ont organisé vendredi une table ronde sur le thème : “Sciences et techniques au lycée : pourquoi les filles n’en veulent pas et les garçons en redemandent ?”. Dans le même temps, le prix de la vocation scientifique et technique a été remis à 3 jeunes filles.

Émilie Anama, Aurélie Galbois et Olivia Hoarau ont reçu chacune un chèque de 800 euros. Cette somme les aidera à réaliser leur projet. Elles veulent respectivement créer une entreprise d’ébénisterie, devenir astrophysicienne et technicienne en aéronautique.
Ce prix, créé par la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité, a vocation à encourager les jeunes filles à s’investir dans des carrières scientifiques occupées à 60% par des hommes. Il est attribué sur la base des résultats scolaires des candidates, de leur motivation. Les critères sociaux entrent également en ligne de compte.

Sortir des préjugés

Par ailleurs, au cours de la table ronde, il a été rappelé que le sociologue français Pierre Bourdieu souligne dans son ouvrage, “La domination masculine”, combien les jeux de classifications sociales associent le féminin à "l’univers de l’intérieur, du domestique, du privé, de la famille et de l’intuition alors que le masculin est associé aux valeurs de l’espace public, de l’action, de la politique et du pouvoir". Et c’est là tout le drame. La société construit dès l’enfance l’image de ce que doit être un homme, et une femme. Sortir de ces stéréotypes est difficile. Difficile mais pas impossible, comme l’ont témoigné des femmes ce vendredi.
Claire Basty, jeune ingénieur au département “risques accidentels” à la DRIRE, a parlé de son métier de femme, dans un univers dit d’hommes. Elle est amenée dans le cadre de son métier à effectuer des visites sur des sites présentant des risques d’incendie, d’explosion ou d’émissions toxiques. Son message aux jeunes filles venues l’écouter : "si vous avez choisi la filière scientifique et que votre entourage désapprouve, n’en tenez pas compte. Faites des études qui vous intéressent". Pour la jeune ingénieur, il n’y a pas de métier qui soit réservé aux hommes ou aux femmes, les 2 ayant selon elle des compétences égales.
Les autres intervenantes, dont Frédérique Lebon, présidente de la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité, et Émilie Anama, détentrice d’un CAP en ébénisterie, ont également invité les jeunes à dépasser les préjugés ayant trait à leur condition de femmes. Et c’était bien là tout l’objectif de cette manifestation qui s’inscrivait dans le cadre de la Fête de la Science : encourager les filles à se diriger vers les études scientifiques et technologiques.


Future chef d’entreprise

"En LEP, les garçons se comportent un peu comme des animaux"

À 21 ans, Émilie Anama, récompensée pour ses travaux d’arts appliqués en design de production ébénisterie, sait parfaitement où elle veut aller. Après le collège, on lui a conseillé les Arts plastiques qui n’ont pas su la convaincre. Émilie préfère travailler sur du concret. Elle a trouvé sa voie dans l’ébénisterie où l’esthétisme et la recherche ont su contenter son appétit créatif.
Elle envisage aujourd’hui d’ouvrir, avec son frère et un ami, sa propre entreprise d’ébénisterie. Une entreprise polyvalente où tous les services de la marqueterie et du bois seront possibles.
Son solide caractère et le soutien de ses parents l’ont assurément aidé à se faire respecter dans une filière majoritairement composée de garçons. "Cela n’a peut-être pas l’air, mais en LEP, les garçons se comportent un peu comme des animaux", souligne Émilie avec un large sourire. "Au départ, j’étais victime de remarques, de quolibets, mais après une purge naturelle, ceux qui restaient encore savaient qu’ils étaient là pour travailler".
L’on souhaite à cette jeune fille déterminée de mener à bien ses projets.


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Messages

  • félicitations mimi !!!! contente de savoir que çà à marcher l’ébénisterie pour toi !!!! j’espère qu’on aura l’occasion de se revoir..Moi je suis à nice en 4ème année de psycho mais je rentre à la réunion tous les ans ! gros bisous !
    Nanie


Témoignages - 82e année


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