Réforme du baccalauréat

Les lycéens s’opposent au contrôle continu

12 février 2005

Dans plusieurs lycées de l’île, des jeunes se sont mobilisés hier pour dire “non” au projet de loi Fillon.

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Même si dans la soirée du jeudi 10 février, le ministre de l’Éducation a pris la décision de suspendre sa réforme du bac le temps que les craintes soient dissipées et que des accords soient trouvés, à La Réunion, les lycéens du Butor et du Moufia se sont mobilisés pour protester contre ce projet de loi. Ils sont totalement opposés à l’introduction du contrôle continu au bac car selon eux, celle-ci favoriserait "l’inégalité des chances" dans la mesure où "les enseignants ne sont pas toujours neutres dans les évaluations". Autre inquiétude commune de ces jeunes, "le Bac n’aura aucune valeur sur le plan national".
Ils protestent également contre la suppression des TPE (Travaux personnels encadrés) et de certaines matières à option. Alice Hardy et Stéphane Marsat, respectivement porte-parole des lycéens du Lycée Georges-Brassens et du Lycée du Butor, ont à cet effet rencontré les adjoints du recteur, Christian Merlin. "Nous leur avons exposé nos griefs. Ils ont pris note et nous ont assuré que cette loi ne sera pas votée tant qu’il y aura des lycéens dans la rue. Il paraît que c’est le ministre lui-même qui aurait dit cela", déclare Alice Hardy.
Ce mouvement de protestation a aussi gagné les lycéens du Sud et de l’Est. Ils ont été nombreux à faire grève et trois lycées ont fermé leurs portes.
Un appel de manifestation générale devant le Rectorat le mercredi 16 février a été lancé à tous les lycéens. Rappelons qu’en Métropole, ils ont été plus de 100.000 à se mobiliser dans les rues.


Réaction des syndicats

o SN-FO-LC et SNETAA-EIL
" Maintien des diplômes nationaux : les lycéens ont raison ! "
"Les lycéens ont décidé de se mobiliser pour défendre leur diplôme national anonyme, “le même pour tous”.
Ils ont raison. Le SN-FO-LC et le SNETAA-EIL leur apportent leur soutien et s’opposent à l’obtention des diplômes par Contrôle en cours de formation (CCF) ou contrôle continu.
Nous exigeons le maintien d’épreuves anonymes et terminales pour l’obtention des diplômes.
Du point de vue des élèves, c’est la garantie de l’égalité et de l’objectivité.
Du point de vue des enseignants, c’est la garantie de l’indépendance et du respect des programmes nationaux.
Pour les uns et les autres, c’est la garantie des diplômes dont la valeur restera reconnue sur l’ensemble du territoire de la République.
Mais la loi Fillon c’est aussi :

- la mise en place du “socle commun des connaissances”, véritable SMIC culturel, interdisant à un grand nombre d’élèves l’accès aux disciplines jugées secondaires (éducation physique, enseignements artistiques, philosophie, histoire, sciences physiques ...) ;

- l’externalisation/privatisation de l’enseignement professionnel initial public signifiant la disparition des lycées professionnels ;

- la remise en cause du statut de fonctionnaire d’État des personnels de l’Éducation nationale.
C’est parce qu’ils défendent l’école publique laïque et républicaine que le SNETAA-EIL et le SN-FO-LC de La Réunion exigent le retrait du projet de loi Fillon."

o SGPEN - CGTR
" Les lycées se mobilisent "

"Acculé par la mobilisation exemplaire et exceptionnelle des lycéens, par la grogne répétée des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale, le ministre Fillon fait mine de reculer et de lâcher du lest sur un des volets de sa réforme, pour désamorcer un mouvement qui va crescendo tant dans son ampleur que dans sa maturité revendicative.
Indiscutablement, Fillon cherche à gagner du temps pour faire passer son projet en pleine période d’examen et couper court ainsi à toute mobilisation.
Les lycéens et toute la communauté éducative ne sont pas dupes de cette grossière manœuvre dilatoire.
Le SGPEN-CGTR soutient la mobilisation lycéenne qui s’élève contre une vision rétrograde et élitiste de l’école et qui laisse se creuser les inégalités.
Nous saluons l’idée avancée par de nombreux lycéens d’organiser une manifestation massive sur le chef lieu à l’occasion de l’ouverture du débat parlementaire.
Moins de profs, moins de personnels sociaux et de santé scolaire, moins de postes d’ATOS : la logique financière et comptable l’emporte sur la logique de la réussite scolaire.
Une école à deux vitesses, ouverte à la marchandisation et à la concurrence, qui résulte de l’application des directives européennes, cette école-là, nous n’en voulons pas.
Alors, tous ensemble, battons-nous jusqu’au retrait total et définitif de la loi Fillon !"

o Le Comité national de l’Union syndicale Solidaires
" Soutien aux mouvements lycéens "
"Depuis maintenant trois semaines, à l’annonce du projet de loi Fillon et de la carte scolaire 2005-2006, les lycéen(ne)s se mobilisent contre les attaques à répétition contre le service public d’éducation.
De nombreuses manifestations et actions ont eu lieu dans toute la France et la mobilisation se développe progressivement pour faire reculer le gouvernement sur ses projets.
En effet, le projet de loi Fillon dépasse le simple cadre de l’école et c’est véritablement un projet de société libéral qui nous est proposé. C’est une école au rabais et une éducation à deux vitesses que nous ne pouvons accepter et qui engagent la société de demain.
Dans le même temps, le dévoilement de la carte scolaire de l’année 2005-2006 prévoit la suppression de nombreux postes, classes, filières, et porte un nouveau coup au système d’enseignement public.
En conséquence, le Comité national de l’Union syndicale Solidaires apporte son soutien aux mouvements des lycéen(ne)s et demande le retrait immédiat du projet de loi Fillon ainsi que le recrutement massif de personnels titulaires dans l’Éducation nationale.

o SUD éducation
" Que les maîtres suivent les élèves "

"Le syndicat SUD éducation Réunion se réjouit de la réaction des lycéens qui protestent contre la loi Fillon à La Réunion et dans toute la France.
Cette loi de régression n’est ni négociable ni amendable. SUD éducation agira dans le sens de la jonction des élèves, des parents et de toute la communauté éducative dans un grand mouvement pour obtenir le retrait de cette loi.
Les élèves ont montré la voie, que les maîtres suivent..."


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