Education-Formation

Lettre des parlementaires de La Réunion : stop aux suppressions de poste dans l’Education nationale

Paris veut supprimer 55 postes à la prochaine rentrée

Témoignages.re / 29 avril 2020

Dans une lettre adressée le 24 avril au ministre de l’Education nationale, les 4 sénateurs et 7 députés de La Réunion demandent au gouvernement un moratoire sur les suppressions de postes dans les établissements scolaires de La Réunion.

JPEG - 91.5 ko
Dans le système actuel, plus d’un jeune sur deux sorti de l’école est au chômage.

« Votre intervention, lors de la séance des questions au Gouvernement du 21 avril dernier à l’Assemblée nationale, a confirmé que La Réunion est la seule académie d’Outre-mer où les suppressions de postes pour la rentrée 2020 sont maintenues.
Pour le 1er degré, nous avions noté, pour notre académie, la création de 9 postes dans le cadre de la dotation nationale exceptionnelle liée à la crise sanitaire (+1248 postes), alors qu’aucun poste supplémentaire n’avait été prévu dans la dotation initiale (+ 440 postes). Ces 9 postes sont destinés à améliorer le taux d’encadrement des écoles des écarts. En revanche, rien n’a changé pour le second degré.

Contrairement aux académies des Antilles, la suppression de 55 postes est toujours à l’ordre du jour à La Réunion en dépit de la crise épidémique, en dépit aussi des caractéristiques de notre système éducatif où le décrochage scolaire demeure important et où la proportion de jeunes quittant le système scolaire sans aucun diplôme qualifiant s’élève à 34 % contre 19 % au niveau national.

Par son ampleur et ses multiples conséquences, la crise sanitaire que nous subissons a jeté une lumière crue sur les disparités sociales et les inégalités scolaires à La Réunion. Pire, elle les a aggravées. La fracture numérique, un taux d’illettrisme toujours très élevé, des logements trop souvent surpeuplés n’ont pas permis à un grand nombre d’élèves de bénéficier, dans de bonnes conditions, du dispositif de continuité pédagogique. Il est urgent de prendre en compte les conditions réelles de leurs apprentissages si l’on veut éviter de véritables désastres scolaires et sociaux.

Aussi nous vous demandons de décider un moratoire sur les suppressions de postes à La Réunion. Une mission pourrait être confiée à l’Inspection générale de l’éducation nationale en sorte que les décisions puissent être prises en fonction de critères objectifs comme l’Indice de position sociale établi à partir de la profession des parents et, plus largement, à partir d’une analyse sociologique fine. Vous pouvez compter sur notre entière contribution pour que ce travail puisse être rapidement mené à bien en ces circonstances actuelles.

À La Réunion aussi, l’agenda éducatif est plus que jamais prioritaire. Quand on sait qu’un jeune Réunionnais de moins de 18 ans sur deux vit dans une famille dont les revenus sont en-dessous du seuil de pauvreté, on mesure le défi et la responsabilité de l’école dans notre société. »

Huguette Bello, Députée ; Ericka Bareigts, Députée ; Nathalie Bassire, Députée Michel Dennemont, Sénateur ; Nassimah Dindar, Sénatrice ; Jean-Louis Lagourgue, Sénateur ; David Lorion Député ; Viviane Malet, Sénatrice ; Jean-Luc Poudroux, Député ; Nadia Ramassamy, Députée ; Jean-Hugues Ratenon, Député