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9 mai, par

L’Université d’Antananarivo et Huawei ont signé un accord pour créer un centre de formation TIC de haut niveau à Madagascar. Ce projet pourrait offrir aux jeunes Réunionnais, sous réserve d’accords universitaires, une alternative régionale aux études en France. Plus besoin d’aller dans un lointain pays d’outre-mer pour devenir technicien ou ingénieur télécom : des formations d’excellence pourraient désormais être accessibles près de La Réunion, au cœur de la dynamique Afrique-Chine. Madagascar pourrait redevenir une destination universitaire naturelle pour les Réunionnais.
Ce futur centre ambitionne de doter l’université d’équipements modernes et d’infrastructures adaptées afin de former les étudiants aux technologies utilisées dans les réseaux et systèmes numériques de nouvelle génération. La cérémonie officielle s’est déroulée en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Ndaohialy Manda Vy Ravonimanantsoa, du ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, Mahefa Andriamampiadana, ainsi que de l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Ji Ping.
À travers ce partenariat, Madagascar affirme sa volonté de devenir un acteur majeur du développement numérique dans notre région et de renforcer la formation de jeunes dans les domaines des télécommunications, des réseaux et des technologies numériques.
L’Université d’Antananarivo, sous la direction de son président, le professeur Rivoarison Randrianasolo, mettra à disposition un espace dédié sur le campus et garantira les ressources nécessaires au fonctionnement du centre. Huawei Madagascar, dirigée par Wu Yulin, assurera pour sa part l’installation des équipements technologiques ainsi que l’encadrement des formations techniques.
Le « Huawei Training Center » sera ouvert aux différentes académies Huawei, notamment celles de la Faculté des Sciences (MISA) et de l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo (ESPA). L’objectif est de développer des compétences pratiques de haut niveau et de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans les TIC.
Cette initiative pourrait également représenter une opportunité majeure pour les jeunes Réunionnais souhaitant accéder à des formations de haut niveau dans les secteurs du numérique et des télécommunications. Si un accord venait à être conclu entre l’Université d’Antananarivo et les autorités ou établissements d’enseignement de La Réunion, des étudiants réunionnais pourraient intégrer ce centre de formation Huawei, à condition d’avoir le niveau académique requis.
Une telle perspective changerait profondément la vision de l’enseignement supérieur dans la région. Pour de nombreux jeunes Réunionnais, il ne serait plus forcément nécessaire de partir en France, lointain pays d’outre-mer au-delà de la côte Nord de l’Afrique, pour bénéficier d’une formation technologique avancée. Désormais, des cursus de haut niveau pourraient être accessibles à Madagascar, à proximité immédiate de La Réunion, dans un environnement régional en pleine mutation numérique.
Depuis plusieurs années, la diplomatie française exclut La Réunion de la dynamique croissante de coopération entre l’Afrique et la Chine, notamment dans les domaines des infrastructures, du numérique et des nouvelles technologies. Pourtant, Madagascar pourrait redevenir, comme autrefois, une destination universitaire naturelle pour les Réunionnais, en particulier pour des formations inexistantes sur l’île. Beaucoup de cursus spécialisés ne sont aujourd’hui accessibles qu’en France, dans des universités situées à des milliers de kilomètres, dans un territoire européen éloigné de l’océan Indien.
Le développement de partenariats régionaux autour de centres d’excellence comme le « Huawei Training Center » pourrait ainsi ouvrir une nouvelle voie : celle d’un enseignement supérieur plus proche, plus adapté aux réalités de l’océan Indien et davantage connecté aux dynamiques économiques émergentes entre l’Afrique, l’Asie et les îles africaine de l’océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice et La Réunion).
M.M.
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