Education-Formation

Nouvelle campagne lancée contre l’homophobie

Témoignages.re / 29 janvier 2019

Des flyers avec le slogan "tous égaux, tous alliés" seront distribués dans tous les établissements du second degré, par le ministère de l’Éducation. L’objectif sensibiliser à l’homophobie et la transphobie dans tous les collèges et lycées.

"Depuis le mois de septembre, on a observé une certaine recrudescence [des actes homophobes], c’est la raison pour laquelle nous lançons cette campagne", a indiqué le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer au micro d’Europe 1, ce matin. "Ça dit quelque chose de la violence de notre société (...). L’école doit être en première ligne pour lutter contre cela".

"Ca suffit !", peut-on lire sur les posters et "flyers" qui seront distribués dans tous les établissements du second degré. Les lettres noires et couleur arc-en-ciel barrent différentes formes de discriminations inscrites en arrière-plan. Avec un slogan : "tous égaux, tous alliés".

Des brochures permettront à qui le souhaite de savoir comment s’engager au quotidien et devenir un "allié" des jeunes LGBT. Un guide d’accompagnement pour les équipes pédagogiques sera accessible en ligne dès le début de la semaine prochaine, et un service d’écoute et d’aide à distance – ecoute.contrelhomophobie.org – accessible par téléphone (0.810.20.30.40 ou 01.41.83.42.81, tous les jours de 8h à 23h), par courrier électronique et par chat.

"Les insultes homophobes, souvent banalisées, demeurent particulièrement fortes : "18% des lycéens ou étudiants LGBT déclarent avoir été insultés au cours des 12 derniers mois", souligne le ministère, citant une étude de l’IFOP réalisée en 2018.

"Une enquête récente sur la santé des mineurs LGBT scolarisés révèle, en particulier chez les jeunes se définissant comme trans, un fort niveau d’appréhension face à l’école : l’expérience scolaire est perçue comme ’mauvaise’ ou ’très mauvaise’ par 72% d’entre eux", ajoute-t-il.

SOS Homophobie, qui fait de la sensibilisation en milieu scolaire, a constaté en 2017 une hausse de 38% des signalements "d’actes LGBTphobes en milieu scolaire". Les conséquences sur les enfants sont généralement le repli sur soi, l’échec scolaire, le décrochage, pouvant aller parfois jusqu’à des comportements suicidaires.

Le risque de tentative de suicide reste quatre fois plus élevé chez les jeunes LGBT que dans le reste de la population, d’après SOS Homophobie.

"’PD’ demeure la première insulte prononcée dans les cours de récréation", a indiqué à l’Agence France Presse, le président de l’association, Joël Deumier, qui évoque aussi "harcèlement, brimades et moqueries". Il se félicite que, pour la première fois, le mot "transphobie" apparaisse dans une campagne à l’école.