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4 juin, parNos peines
Étude de l’Observatoire du développement de la Réunion
10 septembre 2004

Il y a une vraie fracture numérique à l’université. Non seulement les différences sociales des familles influent sur l’accès aux équipements informatiques, mais l’inégalité entre filles et garçons est flagrante.
La fracture numérique frappe aussi les étudiants réunionnais. Cette constatation, pas forcément étonnante mais toujours importante, est publiée par l’Observatoire du développement de la Réunion (1). Non seulement tous les étudiants ne sont pas égaux face à l’ordinateur, en raison des inégalités sociales des familles ; mais en plus les filles sont traditionnellement moins à l’aise que les garçons.
L’étude de l’ODR classe les étudiants en cinq catégories, en fonction de leur équipement et de leur usage des TIC (technologies de l’information et de la communication).
o Les familiers (37%), très largement équipés, se distinguent par des usages variés et fréquents des outils TIC. Ils appartiennent à des familles plutôt aisées qui sont également bien équipées en informatique et plus souvent que les autres utilisatrices de ces technologies.
oLes nouveaux adeptes (25%), équipés récemment en ordinateur, ont des usages assez variés, qui prendront sans doute de l’importance avec l’expérience de la pratique informatique. Ils sont issus d’un milieu social plutôt peu favorisé et peu sensible aux TIC.
o Les non-initiés (16%), les moins équipés de tous ont des usages modestes, tant en fréquence qu’en variété. L’équipement est freiné par les ressources financières limitées des familles.
o Les utilisateurs contraints (12%), assidus des nouvelles technologies sont contraints du fait d’un faible équipement personnel d’utiliser le matériel mis à disposition par l’université. Ils sont d’un jugement sévère sur cet équipement.
o Les utilitaristes (11%) ont des usages précis, en lien avec leurs besoins scolaires et professionnels. Ils sont plus âgés que la moyenne et nombreux à s’être inscrits dans un parcours professionnel.
Les progrès sont réels et récents. Près de 77% des familles des étudiants sont équipées d’au moins un ordinateur et 55% d’une connexion internet. Parallèlement, près de 65% des étudiants disposent, pour leur usage personnel, d’un ordinateur et 39% d’une connexion internet. Les taux d’équipement sont en forte progression, aussi bien dans les familles que chez les étudiants ; en 2000 par exemple, 58% des familles étaient équipées d’un ordinateur et 38% des étudiants.
Plus d’un étudiant sur deux estime que disposer d’un ordinateur est un atout pour ses études. Les motivations d’achat d’un ordinateur sont avant tout d’ordre universitaire (57%) ; le divertissement est évoqué en second point, mais ne représente que 20% des réponses : les étudiants sont finalement des gens très sages !
Et économes : les étudiants boursiers par exemple sont moins souvent équipés que les étudiants non-boursiers (67% contre 83%). Quant aux filles, elles sont moins grandes consommatrices de ces technologies coûteuses : seulement 59% des étudiantes disposent d’un ordinateur (classique ou portable), alors que les garçons sont 73%.
La filière dans laquelle les étudiants sont inscrits joue un rôle important et parfaitement logique : près de 50% des étudiants en sciences et en IAE et IUP (matières administratives, exigeant l’usage d’outils de gestion) utilisent quotidiennement un ordinateur. Alors que les littéraires ne sont que 38,7%.
“Les cyber-étudiants”, dossier Études et synthèses n)71 (juillet 2004) de l’Observatoire du développement de la Réunion, publié en partenariat avec l’université. Par Marie-Laure Hoarau, Sylvie Torit et Thierry de la Grange.
Une solution : le C2I
L’étude de l’ODR (lire ci-contre) présente les résultats d’une enquête réalisée auprès de 4 085 étudiants à l’université de La Réunion au cours de la période d’inscription universitaire d’août à octobre 2003. Les auteurs ne se bornent pas aux constatations : ils préconisent quelques améliorations. Comme le C2I, certificat permettant aux étudiants de justifier d’une bonne maîtrise de ces outils et comprenant des heures de formation. Selon les auteurs de l’étude, il “peut contribuer, parce qu’il est obligatoire pour la poursuite de certaines études, à éviter que s’installe une fracture numérique entre ceux qui auront appris et les autres.”
De mesures d’ordre financier doivent également contribuer à l’égalité des chances, suggèrent les auteurs. Une rationalisation de la mise à disposition des équipements collectifs est souvent demandée par les étudiants, avec une amélioration des performances et des plages horaires.
Nos peines
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