Où ça, un service minimum ?

28 janvier 2008

La FCPE dénonce la focalisation du ministre de l’Education nationale sur la mise en place d’un service minimum dans les écoles en cas de grève des enseignants. Le véritable problème est bien celui des remplacements non assurés tout au long de l’année qui font perdre beaucoup plus d’heures aux élèves que quelques journées de grève.
Le ministre trompe les parents en appelant cette mesure un « service minimum », alors qu’il ne s’agit pas d’école, mais bien de garderie.
C’est une mesure poudre aux yeux, démagogique, destinée à exonérer l’Education nationale de ses responsabilités : l’Etat se décharge sur les communes de la gestion des conséquences de la grève de ses propres personnels. Quant aux sommes prélevées sur le traitement des enseignants grévistes, elles seraient mieux mises à profit en étant dépensées au bénéfice du service public d’éducation.
La FCPE s’interroge sur les responsabilités que le ministre fait ainsi porter aux communes.
Dans bien des endroits où le service minimum doit être expérimenté, la FCPE constate l’improvisation des conditions d’accueil des enfants qui vont servir de cobayes. Il existe des normes en matière d’accueil des jeunes enfants, elles doivent être respectées : il faut des personnels qualifiés et en nombre suffisant.

Service minimum : chronique d’un échec annoncé

La FCPE demande au ministre de renoncer à un dispositif qui transfère la responsabilité de l’Education nationale sur les municipalités, qui n’est pas en mesure d’assurer l’égalité entre les enfants et qui renonce au principe de gratuité, alors que les enfants sont sous régime scolaire. Cette mesure complique davantage la vie des parents au lieu de la simplifier.
La FCPE constate que la mise en place du service minimum dans les écoles ne s’est pas traduite par un engouement ni des mairies, ni des parents d’élèves.
Il apparaît que le nombre d’enfants accueillis est ridiculement faible au regard de la population concernée.
Un certain nombre de dysfonctionnements dans la mise en œuvre est d’ailleurs apparu :

- des communes ont assuré un service payant pour les familles (le coût pour les municipalités étant supérieur à la subvention allouée par l’Etat),

- d’autres, arguant le manque de places dans les centres de loisirs ou le manque d’animateurs, ont sélectionné les enfants accueillis,

- la restauration n’était pas toujours assurée et les parents ont dû fournir - à la dernière minute - le repas à leurs enfants,

- parfois, le centre d’accueil était fermé entre midi et 14 heures,

- certains enfants ont été confiés à des personnels municipaux ou associatifs non habilités pour garder des enfants, et cela, au mépris de la législation.
Au final, ce sont bien les enfants qui trinquent !
Pour la FCPE, cette expérimentation est la preuve que les parents d’élèves ne confondent en aucun cas garderie et école.
Les difficultés de gestion du ministère ne sont-elles pas la conséquence des 10.000 postes supprimés en 2 ans et des 11.000 prévus pour septembre 2008 ?
Monsieur le ministre,
Les parents vous ont écouté et répondu.
Ecoutez-les !
Rétablissez-les postes, remplacez-les enseignants absents, pas les grévistes !
Errare humanum est, perseverare diabolicum !


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