Education-Formation

Plus de 35 Réunionnais obligés de postuler en France pour être étudiant en STAPS

Le drame des étudiants réunionnais bloqués en France doit mettre fin à ce genre de pratique

Témoignages.re / 19 mai 2020

Le SNEP-FSU met l’accent sur un problème que l’épidémie de coronavirus a rendu ingérable : l’obligation faite à de jeunes Réunionnais de continuer leurs études en France faute de place à La Réunion. Le syndicat indique que pour 65 candidats à un master STAPS, seulement 25 places existent à La Réunion alors que l’an passé 30 places étaient disponibles. Cela signifie que 45 Réunionnais n’ont qu’un seul choix s’ils veulent continuer leur formation en STAPS et tenter de devenir professeur d’EPS. Mais avec l’épidémie de coronavirus, de nombreuses choses changent. Et chacun a pu constater la galère dans laquelle ont été mis les étudiants réunionnais en France, obligés de demander une nouvelle aide à la Région Réunion pour se payer un billet d’avion valant au moins 460 euros pour être rapatriés avec Air Austral.

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La filière STAPS (Science et Techniques des Activités Physique et Sportives), parcours de formation proposé à l’Université de la Réunion, créée dans le milieu des années 1990, a toujours été plébiscitée par un très grand nombre de jeunes réunionnais.

En plus des divers débouchés offerts dans les métiers liés aux sports, elle a permis à plusieurs centaines d’entre eux, intégrant l’IUFM, de devenir professeur d’EPS à la Réunion via le concours national (CAPEPS). Pendant longtemps, l’IUFM de la Réunion a d’ailleurs été reconnu nationalement pour la qualité de sa formation de professeurs d’EPS.

Malheureusement, depuis quelques années et la transformation des IUFM en ESPE puis aujourd’hui INSPé, cette formation n’a cessé de se fragiliser. Alors que la quatrième année de ces études supérieures était entièrement consacrée à la préparation du concours de recrutement de professeur d’EPS (CAPEPS), d’autres choix humains et techniques ont été fait dans le cadre de la Masterisation des études. La mise en concurrence des différents Masters a entrainé une réduction de l’équipe pédagogique et, par conséquent, une baisse des résultats.

En moins de 8 ans (2012-2020), la formation a ainsi connu de nombreux soubresauts et l’on ne compte plus les démissions de formateurs responsables, épuisés face à cette baisse constante des moyens. Cette année 2020 ne semble malheureusement pas porteuse d’espoir. L’Inspé a encore réduit de manière silencieuse et unilatérale la capacité d’accueil dans cette formation en n’ouvrant que 25 places, redoublants compris contre 30 l’année dernière.

A ce jour, plus de soixante étudiants issus de la filière STAPS veulent intégrer le Master sans compter la vingtaine de dossiers venant d’autres formations !
En clair, si l’INSPé ne revoit pas sa position, ils seront une quarantaine à ne plus pouvoir continuer leurs études, à moins d’un voyage aussi périlleux qu’incertain vers les Inspé de métropole (qu’ils ont d’ailleurs très peu de chance d’intégrer).
Pour le SNEP FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants d’EPS, les choix de l’Université et de l’INspé peuvent encore être revus afin de ne pas laisser « sur le carreau » cette partie de la jeunesse réunionnaise. C’est pourquoi, nous demandons au Président de l’Université et au directeur de l’INSpé de revoir avant la commission de recrutement du 25 mai les moyens alloués pour la formation des futurs enseignants d’EPS.

SNEP-FSU