Rentrée scolaire sous cyclone : rompre avec l’aliénation

Pour un calendrier scolaire favorisant la réussite des élèves réunionnais

20 janvier, par Manuel Marchal

Imposer une rentrée scolaire en pleine saison cyclonique relève d’une aliénation institutionnelle qui nie la réalité réunionnaise. En exposant élèves et personnels à des risques majeurs pour satisfaire des logiques administratives exogènes, l’État perpétue un système déconnecté du territoire. Rompre avec cette aliénation est une nécessité vitale, éducative et politique.

Ce 21 janvier, 217 000 élèves de La Réunion, accompagnés de leurs enseignants, personnels administratifs et techniques, sont appelés à reprendre le chemin de l’école. Une rentrée qui intervient moins de 48 heures après le passage au plus près de l’île du cyclone Dudzai, premier phénomène de cette ampleur à menacer directement La Réunion en 2026. Une situation qui rappelle une évidence : les vacances d’été se terminent en plein cœur de la saison cyclonique.
Pluies diluviennes, houle cyclonique, vents violents : il ne faut pas nécessairement un impact direct pour désorganiser la vie quotidienne. Routes coupées, quartiers isolés, réseaux fragilisés, familles exposées. Les risques d’inondations et de glissements de terrain sont bien réels, connus, documentés. Pourtant, plus de 200 000 personnes sont contraintes de reprendre une activité scolaire comme si le danger n’existait pas. Comment accepter une telle mise en danger collective ?

Conséquences négatives multiples

Cette situation n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité climatique. Elle résulte de choix politiques clairs. Le 14 janvier 2025, le Parti communiste réunionnais alertait déjà :

« les autorités françaises ont choisi d’aligner le plus possible le calendrier scolaire de La Réunion sur celui de la France pour des convenances administratives »

. Cette décision, prise loin du terrain, illustre une aliénation persistante : celle qui consiste à plaquer des modèles exogènes sur une réalité géographique, climatique et sociale radicalement différente.
Les conséquences sont multiples. Températures caniculaires dans des salles de classe mal adaptées, journées d’enseignement perdues en cas d’alerte cyclonique, stress permanent pour les familles et les personnels. Tout cela nuit gravement à la qualité des apprentissages et aggrave les inégalités scolaires. En clair, ce système favorise l’échec scolaire au lieu de le combattre.

Des solutions existent

Pourtant, des solutions existent. Le PCR le rappelle avec constance : il est indispensable d’adopter un calendrier scolaire conforme à la réalité de notre pays. Faire coïncider les vacances avec la période la plus chaude et la plus à risque, débuter l’année scolaire fin février-début mars pour la terminer fin décembre, voilà un rythme cohérent, protecteur et favorable à la réussite des élèves réunionnais.
Ce calendrier n’a rien d’utopique. Il est déjà en vigueur en Kanaky–Nouvelle-Calédonie, autre territoire intégré à la République française. La preuve est faite que la raison peut l’emporter sur l’aveuglement administratif. Refuser cette adaptation, c’est maintenir La Réunion dans une logique d’aliénation qui nie son environnement et met sa population en danger.
Rompre avec cette aliénation est une urgence. Une question de dignité, de sécurité et d’avenir pour notre jeunesse.

M.M.

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